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À bord avec le peloton de gendarmerie maritime

Nous avons embarqué avec le peloton de choc de la gendarmerie maritime, chargé de surveiller les zones portuaires du Dunkerquois.

Par Florent Caffery | Publié le23/08/2019 

35 gendarmes composent le peloton de sûreté maritime et portuaire de Dunkerque, basé à Loon-Plage.

35 gendarmes composent le peloton de sûreté maritime et portuaire de Dunkerque, basé à Loon-Plage.

Gendarmerie maritime, veuillez stopper votre embarcation immédiatement ! »

Le haut-parleur, depuis la vedette des gendarmes maritimes dunkerquois, est clairement perceptible par ce Zodiac qui file en trombe près du terminal méthanier de la cité de Jean Bart.

En ce début de mois de juillet, la tension est facilement perceptible dans l’embarcation des forces de l’ordre.

En face, les malfrats des mers font la sourde oreille.

Deuxième approche de la Rondache, la vedette des gendarmes, avec ses 12 mètres de long. «Stoppez votre embarcation immédiatement ! » « On voit clairement que les individus ne veulent pas s’arrêter, on va donc procéder à des manœuvres d’intimidation », décrypte l’un des représentants des forces de l’ordre.

Aux commandes de la vedette, Noëlline Severin, 26 ans, unique représentante féminine du peloton, enchaîne les coups de semonceenvers le semi-rigide.

Après plusieurs passages et de brusques virements de bord, le Zodiac calme ses ardeurs.

Les gendarmes basculent immédiatement d’une embarcation à l’autre pour procéder à un contrôle renforcé.« Dans les pires situations, embraye le lieutenant Decovemacker, nous avons la possibilité d’utiliser une mitraillette 7-62 mm sur le pont principal. »

D’après l’officier, cette arme n’a été employée qu’à une seule reprise dans l’histoire de la gendarmerie maritime.

À Dunkerque, ce jour-là, nul besoin de recourir à un tel arsenal.

Le Zodiac des brigands est en réalité le semi-rigide du peloton opérant en mer du Nord.

Ces exercices, les gendarmes rattachés au PSMP les répètent « une à deux fois par semaine, dixit le lieutenant, pour que tout le monde soit formé et puisse intervenir en mer ».

L’entité dunkerquoise, c’est 35 gendarmes placés sous l’autorité du préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord.

Parce que si la majeure partie des interventions se déroule sur l’eau, les navires et installations à quai sont également de leur ressort.

17 sites Seveso et une centrale nucléaire

Chaque année, à Dunkerque, le peloton lancé en 2017 contrôle environ 120 navires, du cargo au pêcheur professionnel en passant par le navire de croisière.

À terre, ce sont 17 sites Seveso sur lesquels ils peuvent être appelés à intervenir, ainsi que la centrale nucléaire de Gravelines.

Sur le pont 24 heures sur 24, le PSMP sécurise les navires, veille au trafic et peut se déployer sur les grands rassemblements (ce qui a notamment été le cas à Calais avec l’Escale en juin).

Depuis le 1er août, 24 gendarmes sont également déployés à Calais.

Mais pourquoi en créer un deuxième à seulement une cinquantaine de kilomètres de Dunkerque ? « Parce que les problématiques ne sont pas les mêmes, justifie-t-on à la préfecture maritime. À Dunkerque, le port est clairement industrialisé, tandis qu’à Calais, on bascule sur du trafic de passagers. C’est tout de même le plus grand port pour ce flux en France. »Noëlline, une femme pilote parmi 35 hommes

Le volant bien serré, Noëlline Severin ne lâche pas du regard son vis-à-vis.

Un coup d’œil derrière lors des manœuvres d’intimidation et c’est reparti pour une ligne droite avec une vedette pouvant filer à 32 nœuds (environ 60 km/h).

D’un coup, elle vire de bord, un virage à 90º qui a de quoi secouer novices ou baroudeurs du monde marin. « Il faut bien s’accrocher, c’est sûr », admet-elle.

Du haut de ses 26 ans, la Strasbourgeoise d’origine s’est rapidement fondue dans le peloton de sûreté maritime et portuaire de Dunkerque.

La jeune femme préfère « évoluer avec des hommes au quotidien » et elle est plutôt servie.

Au PSMP, c’est 34 hommes pour une seule représentante de la gent féminine.

Autant dire qu’avoir les épaules solides et un sacré caractère pour se faire respecter est primordial.

Le monde de la mer l’a toujours attirée, dès ses premiers pas en gendarme adjoint volontaire à Toulon, dans le Var.

À l’école des sous-officiers de la gendarmerie maritime, la vocation se confirme et en 2017, au lancement du peloton dunkerquois, elle est envoyée dans le Nord.

Et si « s’approcher des cargos est toujours impressionnant », elle ne regrette pas ses choix, tout en ayant de l’ambition. « J’aimerais un jour rejoindre l’un de nos patrouilleurs (l’Aramis ou l’Athos). »

 F. C.

Source : www.lepharedunkerquois.fr

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