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Après les gendarmes, il insulte les magistrats

Justice – Tribunal correctionnel

Me Andrieu a convaincu le tribunal qu'une obligation de soins était «indispensable» pour Nicolas. Ce dernier a été reconnu coupable d'insultes, d'outrages et de menaces de mort sur quatre gendarmes./ Photo DDM, archives.

Me Andrieu a convaincu le tribunal qu’une obligation de soins était «indispensable» pour Nicolas. Ce dernier a été reconnu coupable d’insultes, d’outrages et de menaces de mort sur quatre gendarmes./ Photo DDM, archives. 

Un homme de 36 ans a été condamné, ce mardi, à 18 mois de prison, dont 6 assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve. Le 13 mai, il s’en est violemment pris à quatre gendarmes de La Bastide-de-Sérou. Hier, à l’énoncé du jugement, il a insulté les magistrats.

«Avez-vous un problème avec l’autorité ?», demande le président du tribunal correctionnel. «Certainement, mais je ne peux pas l’expliquer», répond Nicolas. Âgé de 36 ans, il est jugé en comparution immédiate pour avoir, dimanche, à La Bastide-de-Sérou, copieusement insulté et outragé quatre gendarmes, contre lesquels il a également proféré des menaces de mort.

Tout commence par une banale sortie de route, sur les coups de 11 heures. Nicolas vient de perdre le contrôle de sa Peugeot 306 alors qu’il circule sur la RD 117 en direction de la commune du Séronnais. Plusieurs témoins de l’accident viennent en aide au conducteur pour sortir l’automobile du fossé. Les gendarmes arrivent et, une fois la voiture dégagée, ils veulent procéder à un dépistage d’alcoolémie et de stupéfiants. Ils demandent donc à Nicolas de se garer un peu plus loin.

Ce dernier se glisse au volant et roule en direction du centre du village avant de stationner sur le Champ-de-Mars. «Je n’ai roulé que six cents mètres parce que je ne pouvais me garer avant. Pour moi, ce n’était pas un délit de fuite», assure-t-il au président de la juridiction. «Les militaires ont pourtant fait usage du deux-tons pour que vous vous arrêtiez», reprend Hervé Barrié. «Je n’ai pas entendu», assure le prévenu.

Insultes, crachats et menaces de mort

Il est interpellé, et c’est là que les choses dérapent. «Vous commencez par porter des coups aux gendarmes. Ces derniers parviennent à vous maîtriser et vous conduisent à la brigade. Là, vous les insultez et refusez de vous soumettre aux vérifications stups et alcool. Ensuite, vous leur crachez dessus et vous les menacez de mort. Et vous recommencez lorsqu’ils veulent vous placer en dégrisement. Vous ne vous calmez qu’au moment de la visite du médecin, au début de la garde à vue», raconte le magistrat.

«J’étais sous l’emprise de l’alcool. Je m’excuse pour ce que j’ai fait mais je ne me souviens plus de tout. J’étais dans un état second», assure Nicolas. L’air contrit, il plaide que «la prison n’est pas la solution parce que ça m’esquinte un peu plus à chaque fois».

Mais son calme ne dure pas. Il explose lorsqu’il entend les demandes de dommages et intérêts (1 000 € chacun) des quatre gendarmes qui se sont constitués partie civile : «Ouais, c’est bien ! Je fais comment pour payer ? Je suis au RSA», s’exclame-t-il.

«Haine de l’uniforme et de l’autorité», «comportement asocial et agressif», «attitude inacceptable»… Le vice-procureur Jean-Paul Lescat, rappelant que les gendarmes ont été «choqués» par ce qu’ils ont subi, requiert 2 ans de prison, avec mandat de dépôt, ainsi qu’une amende de 100 € pour le défaut de maîtrise.

«Pourquoi le laisser conduire s’il a bu ?»

Pour l’avocate de la défense, le refus d’obtempérer aux sommations de s’arrêter ne tient pas. «Comment les gendarmes ont-ils pu laisser mon client conduire alors qu’ils pensent qu’il est alcoolisé ? Et il ne pouvait pas se garer ailleurs», plaide Me Andrieu en ajoutant que la personnalité du prévenu n’a pas été évoquée. Or, selon elle, elle mérite qu’on s’y attarde. «Il a été battu par ses parents toute son enfance et, ni la justice, ni les gendarmes, ne lui sont venus en aide. On peut donc comprendre d’où vient son problème avec l’autorité», explique-t-elle en plaidant pour une «indispensable» obligation de soins avant de qualifier de «particulièrement excessives» les demandes des parties civiles.

Nicolas est condamné à 18 mois de prison, dont 6 assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve sur 24 mois comprenant les obligations de se soigner, de travailler et d’indemniser les victimes. A qui il devra verser 500 € à chacune d’entre elles. Mais l’amende de 100 € pour la contravention, et le mandat de dépôt, sont presque inaudibles car le prévenu a déjà commencé à insulter le tribunal. Le président, lui, a entendu et fait acter le terme, peu amène, par le greffier. «Au parquet de décider ce qu’il veut faire maintenant», conclut Hervé Barrié.


Alcool au volant : 8 mois de prison

Didier, 39 ans, a été condamné à huit mois de prison, avec mandat de dépôt sur l’audience, pour conduite en état d’ivresse en récidive. Son permis a également été annulé et il ne peut le repasser avant une durée de six mois.

À Mazères, il a été contrôlé positif par les gendarmes à deux reprises, en février et en mai. «Oui, j’ai des problèmes avec l’alcool», reconnaît l’homme qui «regrette fortement».

Le parquet requiert 10 mois de prison, avec annulation du permis et interdiction de le repasser pendant six mois. «Il se présente comme un gentil monsieur mais il n’a pas tenu compte des avertissements précédents que la justice lui a envoyés», tance le vice-procureur Jean-Paul Lescat.

«L’alcool, chez lui, est une vraie maladie», rétorque l’avocate de la défense pour qui la sanction requise par le ministère public «n’est pas la solution». «La prison ne va pas aider Didier s’il n’y a rien après pour l’aider», ajoute-t-elle en demandant au tribunal «d’être clément et de se rendre compte que l’incarcération n’est pas la plus adaptée».

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