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Le - Déconfinement: soutenir et non punir, le défi que relèvent les gendarmes

/Éric Delbecque

Déconfinement: soutenir et non punir, le défi que relèvent les gendarmes

La crise sanitaire du coronavirus nécessite d’installer une puissance de bienveillance, pas uniquement coercitive: c’est le rôle de l’opération « #RépondrePrésent » de la gendarmerie nationale.

Un gendarme photographié à Montmartre déployé pour accompagner le dispositif...
Un gendarme photographié à Montmartre déployé pour accompagner le dispositif de confinement contre le coronavirus, Paris, le 14 avril 2020.

Les temps sont difficiles pour le lien entre les forces de l’ordre et les citoyens. Le confinement, en plaçant sous étroite surveillance la plus fondamentale des libertés démocratiques, celle de se déplacer à sa guise, installe les gendarmes et les policiers dans un rôle inconfortable, mais hélas nécessaire. Cette mission temporaire impose de donner des perspectives plus enthousiasmantes, de soutenir les Français chaque jour, en incarnant une puissance de bienveillance, fraternelle, et pas uniquement coercitive, surtout lorsqu’il s’agit de contrôler l’application de mesures liées à l’état d’urgence sanitaire, c’est-à-dire qui ne traduisent pas des malveillances au sens strict. Inédite, la crise sanitaire du Covid-19 fait par ailleurs peser sur la population et les territoires des contraintes dont on mesure encore imparfaitement toute la portée. Le confinement des populations et le coup d’arrêt à l’activité économique créent au sein de la nation une puissante angoisse collective qui combine les incertitudes du présent aux inquiétudes générées par l’avenir. Il paraît évident que tous ceux que l’on a pris l’habitude d’appeler la “France des ronds-points” pourraient avoir envie d’organiser la résurgence des Gilets jaunes si l’on ne perçoit pas dans la sphère régalienne un maximum de bienveillance, d’écoute, de transparence et de discernement. 

Écouter, anticiper et accompagner sont donc les trois maîtres mots que la Gendarmerie nationale veut installer au centre de son opération ”#RépondrePrésent”. Les objectifs, en liaison avec les préfets, l’autorité judiciaire et un ensemble de partenaires publics et associatifs, consistent à gérer et faire comprendre le confinement, y compris partiel (respect des règles, attestations dérogatoires/déplacements), à prévenir les risques (fraudes, vols, arnaques à la solidarité…) liés à la situation actuelle, à lutter contre la diffusion de fausses informations, tout spécialement à l’échelon local, à anticiper les évolutions et les menaces et à contribuer temporairement (pour la durée de la crise) à la réalisation de missions plus éloignées du cœur de métier de la gendarmerie (en appui de la Poste ou de l’aide à domicile en milieu rural, vacations funéraires, etc.). 

Tous ceux que l’on a pris l’habitude d’appeler la “France des ronds-points” pourraient avoir envie d’organiser la résurgence des Gilets jaunes si l’on ne perçoit pas dans la sphère régalienne un maximum de bienveillance, d’écoute et de discernement.

Les actions de solidarité consolidant la confiance dans les forces de sécurité s’affirment essentielles. Elles constituent de surcroît la meilleure manière de désamorcer les dynamiques d’éruption contestataire que les “professionnels” de l’activisme violent ne manquent d’imaginer pour le “jour d’après”. Dans ce contexte, la proximité avec les élus se révèle décisive, dans le cadre de vastes opérations de “solidarité territoriale”. Plus que jamais, on ressent la nécessité d’une Police de sécurité du quotidien (PSQ) de crise, attachée à démontrer chaque jour l’implication des forces de l’ordre dans le soutien aux populations. Dans l’ensemble de cette manœuvre, pour renforcer les effectifs de la Gendarmerie nationale, les réservistes opérationnels en citoyens de l’institution, sont fortement sollicités. 

Il s’agit d’abord et avant tout d’accompagner les plus fragiles, de venir au secours des victimes de violences intrafamiliales en approfondissant la démarche des postes avancés de contact et de signalement chez les pharmaciens et dans les centres commerciaux. Se développent aussi des contacts renforcés avec des associations de protection des femmes et des enfants, ou des groupes et opérations de télé-contact à destination des victimes de violences antérieures, réunissant des intervenants sociaux et des gendarmes. 

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La gendarmerie veut offrir dans des lieux de vie fixes ou à partir de postes provisoires ou de brigades mobiles, une présence rassurante aux abords de sites particuliers liés à la crise (Poste, DAB, marchés, zones commerciales, commerces alimentaires, point de distribution d’aides alimentaires, pharmacies, etc.) Un effort spécifique concerne le soutien aux soignants et aux missions sanitaires à travers le lancement de l’opération HY-Gie visant à prévenir et traiter les atteintes aux personnels du système de santé (des hôpitaux mais aussi des pharmacies). L’OCLAESP, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique de la Gendarmerie, est particulièrement mobilisé. Il existe même dorénavant un COVID Truck, laboratoire mobile de l’unité nationale d’investigations criminelles (du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale) qui a été transformé en moyen de dépistage COVID en renfort de l’AP-HP. Les gendarmes sécurisent parallèlement des points de dépistage ponctuels, tout autant que des lieux de distribution de masques et de moyens de protection. Les plaintes de soignants peuvent être enregistrées à domicile ou à l’hôpital. Ce sont aussi des gendarmes formés au secours en équipe (venu notamment des Pelotons de gendarmerie de haute-montagne) qui appuient des soignants en cas de besoin. Enfin, la protection des logements de soignants fait l’objet d’une attention particulière.   

Les seniors occupent une place forte dans le dispositif #RépondrePrésent. À la préoccupation de prendre soin d’eux s’ajoute la nécessité de les protéger d’agressions éventuelles, à motif crapuleux. Les enfants méritent pareillement une attention tout autant précise que pédagogique, afin de prévenir les risques sur Internet, comme les “challenges” ou défis dangereux. 

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La gendarmerie se préoccupe dans le même temps des entreprises, des TPE et PME, vulnérables au plus haut point dans la période que nous traversons. Dans sa note de conjoncture de début avril (faite auprès de 8500 entreprises et établissements), la Banque de France indiquait que le PIB national a plongé de 6% au premier trimestre 2020. C’est le pire recul depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dire que la plupart des entreprises vont connaître des difficultés relève de l’euphémisme. De surcroît, l’entreprise évolue dans un écosystème complexe, de l’amont à l’aval de sa chaîne de production, de création de valeur: elle dépend donc d’une galaxie de parties prenantes. Au-delà des différences significatives de baisse d’activité d’un secteur à l’autre, le mouvement de baisse est général, l’activité se repliant dans tous les secteurs. La construction et les services marchands enregistrent des baisses de plus de moitié de leur activité. Dans l’industrie, les secteurs les plus affectés par la baisse d’activité sont l’industrie automobile, la métallurgie et les fabrications de machines et équipements. Dans les services marchands, les chutes d’activité les plus importantes sont enregistrées dans l’hébergement et la restauration. Travail temporaire et réparation automobile sont très impactés. L’activité du bâtiment s’est fortement dégradée avec la mise à l’arrêt, sur le début de la période de confinement, de nombreux chantiers. 

La protection des logements de soignants fait l’objet d’une attention particulière.

De fait, la situation actuelle est propice à une augmentation importante des attaques virtuelles et physiques. Désertion des entreprises, systèmes ouverts et moins protégés avec le télétravail et la visioconférence, sites peu occupés… Le champ est libre! Tentatives d’arnaques et de cyberattaques pullulent. Le Covid-19 est une aubaine pour les cybercriminels. Il est plus facile de s’introduire dans les ordinateurs: la pandémie et le télétravail affaiblissent les systèmes de sécurité exposant aux risques de vol de données personnelles, bancaires et de rançonnage. Les attaques par “phishing” (vol des identifiants, mots de passe, numéro de carte bancaire…) se sont multipliées. On note une augmentation de plus de 600% des attaques de courriers électroniques liées au Covid-19 entre fin février et fin mars 2020. 

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Les référents sécurité économique et protection des entreprises (SECOPE), les référents sûreté et les sections opérationnelles de lutte contre les cybermenaces départementales (SOLC) de la Gendarmerie forment des pôles d’expertise à disposition des producteurs de biens et de services, afin de faire face aux dangers spécifiques de la période Covid. Ils s’inscrivent dans la logique de l’opération Tranquillité Entreprise et Commerce visant à éviter les vols, les violences et les escroqueries. Dans le domaine des cyberattaques, la vigilance est maximale. La palette des cybermenaces est large, des faux sites liés au Covid-19 aux fausses commandes et faux ordres de virement. Dans ce cadre, la gendarmerie met en place une démarche proactive d’identification des failles de sécurité latentes, qui s’adresse au priorité au secteur de la santé mais pouvant aussi bénéficier à d’autres personnes et organisations. 

Au final, l’espace du danger est impressionnant : #RépondrePrésent propose d’y répondre d’une intelligente manière, en revenant aux fondamentaux de l’État et à l’exigence qui le fonde: secourir et défendre, offrir aux citoyens un recours et un rempart.

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Source : www.huffingtonpost.fr

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