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Le - Enquête sur le gendarme écouté par Macron lors de sa visite au 3919

Enquête sur le gendarme écouté par Macron lors de sa visite au 3919

Par Catherine Mallaval — 4 septembre 2019 à 20:46

  •   Enquête sur le gendarme écouté par Macron lors de sa visite au 3919

Pas de bol pour lui. Peut-être une chance pour elles. Mardi, avant l’ouverture du Grenelle des violences conjugales, alors que le Président s’était réservé une plage d’immersion dans les locaux parisiens du 3919, la ligne d’écoute dédiée aux femmes maltraitées, un gendarme a failli à sa mission. Il est environ 10 h 30 quand une femme appelle pour faire part de sa détresse. Elle vient, une nouvelle fois, de porter plainte pour violences et souhaite passer chez elle récupérer ses affaires, mais son mari cogneur est au domicile. Elle a peur. Elle souhaite être accompagnée. Le gendarme de service refuse. L’écoutante du 3919 demande à lui parler, tente de le convaincre. En vain. Le représentant des forces de l’ordre invoque qu’il aurait fallu, selon lui, au préalable un «ordre d’huissier». Il s’entête dans son refus. Ce que le gendarme ignore, c’est que Macron écoute la conversation. Oui, pas de bol. Même si, de l’aveu même du Président, l’homme s’est toujours montré respectueux lors de l’échange avec l’écoutante.

Dans la foulée de cette scène, à laquelle Libé a pu assister (sans pour autant entendre les propos de l’agent), la gendarmerie nationale a annoncé l’ouverture d’une enquête interne. «Même si le contexte du cas évoqué doit être précisé, la prise en compte de cette victime en difficulté apparaît totalement défaillante», a réagi la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Une enquête administrative a été ouverte et confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) «pour déterminer les circonstances de ce manquement». La hiérarchie précise que «l’absence d’écoute et l’opposition répétée du service de gendarmerie contacté apparaissent en totale opposition avec la charte d’accueil des victimes et des règles de prise en compte des femmes en difficulté». Dont acte. Cela fera peut-être avancer la question cruciale de l’accueil des victimes de violences. Si des «référents» chargés de cette mission ont normalement été désignés dans les commissariats et gendarmerie, la défaillance du gendarme est loin d’être un cas isolé. La preuve ? Dans le cadre du Grenelle des violences conjugales, le Premier ministre a annoncé mardi après-midi le lancement d’un audit dans 400 antennes des forces de l’ordre. Pas du luxe.

Catherine Mallaval

Source : www.liberation.fr

Quand Emmanuel Macron assiste impuissant au refus de prise en charge d’une femme victime de violences conjugales par un gendarme

Quand Emmanuel Macron assiste impuissant au refus de prise en charge d’une femme victime de violences conjugales par un gendarme

 04/09/2019 à 07h45

La femme, qui se trouvait à la gendarmerie au moment de son appel, était menacée de mort par son mari. Mais le gendarme refusait de l’accompagner à son domicile afin qu’elle puisse récupérer des affaires en sécurité.

Emmanuel Macron a assisté en direct a une défaillance souvent rapportée par les victimes de violences conjugales. C’était hier, avant l’ouverture officielle du Grenelle des violences conjugales. Le chef de l’Etat s’est rendu mardi au siège parisien du 3919 où il a pu suivre en direct cet appel à la plateforme d’accueil téléphonique.

Incognito, casque sur les oreilles, Emmanuel Macron suit discrètement la conversation. Une dame appelle le 3919, elle est à la gendarmerie et se dit menacé de mort par son mari. Elle souhaiterait qu’un gendarme l’accompagne chez elle pour récupérer quelques affaires, mais le militaire refuse. 

« Il y a manifestement un grave problème de perception du danger »

En entendant ça, le président lève les yeux au ciel. « Passez-moi le gendarme » dit l’écoutante de la plateforme téléphonique. Au téléphone, elle cherche à comprendre les motifs du refus: « Avez-vous un problème d’effectif », « quel article de loi vous empêche de l’accompagner », « votre rôle est de protéger les citoyens », insiste-t-elle.

Mais le gendarme campe sur ses positions, expliquant qu’il faut un ordre d’huissier pour agir. Emmanuel Macron assiste donc sans rien dire à cette défaillance de prise en charge et conclue: « Il y a manifestement un grave problème de perception du danger. Il faut réussir à avoir un impact sur les forces de l’ordre« .

Suite à ce coup de fil, une enquête administrative a été confiée à l’IGPN.  

Romain Poisot avec Guillaume Descours

Source : rmc.bfmtv.com

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