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Le - L’école de gendarmerie de Tulle cherche repreneur pour les petits pains que ses élèves ne consomment pas

L'école de gendarmerie de Tulle cherche repreneur pour les petits pains que ses élèves ne consomment pas

La structure a réussi à réduire le nombre de pains non consommés chaque jour à 3 kg 8. © Anne Ciluffo

C’est un défi qu’elle peine à relever. Plutôt que de les jeter, l’école de gendarmerie de Tulle aimerait valoriser les pains non consommés par ses élèves. Aucun acteur du territoire ne semble prêt à l’aider.

L’odeur est âcre. Elle est celle de plusieurs centaines de petits pains rassis stockés dans l’une des salles de l’école de gendarmerie de Tulle. Depuis le 30 juin, le réfectoire de la structure ne sait plus quoi faire de ces déchets-là. Une chose est sûre : « Nous refusons catégoriquement de les jeter avec les ordures ménagères », insiste Romain Papon, le responsable sécurité du cercle mixte, le réfectoire de l’école.

Depuis quelques semaines, le jeune homme se démène pour trouver quelqu’un capable de récupérer ces petits pains que les élèves ne consomment pas lors des repas. « Ou qu’ils jettent. On essaie de mener des actions de sensibilisation pour limiter le gaspillage. On demande aux élèves de ne prendre qu’un morceau de pain par personne. »

Jusqu’à 15 kg par jour

L’idée porte ses fruits. Accroché à l’entrée du réfectoire, un panneau annonce la performance de la veille : seuls « 3 kg 8 » de pain ont été jetés. Un ratio dont Romain Papon n’est pas peu fier. « En février dernier, il nous arrivait encore de jeter jusqu’à 15 kg de pain par jour », se souvient le responsable sécurité. « Sur 1.575 morceaux commandés, plus de 230 n’étaient pas consommés ou jetés, soit 14 % du prix total de la commande. »

De quoi inciter les responsables du cercle mixte à trouver des solutions. « Une association du Cantal venait récupérer le trop plein de pain une fois par semaine. » Sauf que depuis le 30 juin, l’association a indiqué ne plus être en mesure d’assurer ses tournées, faute d’argent.

Plus d’une centaine de sacs de pains sont stockés dans une salle.

L’école de gendarmerie peine à lui trouver un remplaçant. « On s’est dit que le pain pourrait intéresser des refuges animaliers, sans succès », désespère Romain Papon. « C’est la même chose du côté des associations qui œuvrent pour la cause animale. Avec l’été, elles ont trop de boulot. »
Pourtant, Romain Papon n’en démord pas : ces pains ne finiront pas dans la poubelle des ordures ménagères. « Depuis 2012, la loi nous oblige à valoriser une partie de nos déchets alimentaires. C’est le cas pour tous les restaurants qui produisent plus de dix tonnes de détritus par an. »

Un seuil que le cercle mixte dépasse largement. « Des repas, nous en servons matin midi et soir. En ce moment, c’est l’été, nous n’avons qu’une compagnie mais, dans l’année, on peut accueillir jusqu’à 1.200 élèves. D’où l’intérêt de réduire le poids de nos déchets : on en produit déjà suffisamment. »

Cette réducation n’induit pas seulement des bénéfices pour l’environnement. L’intérêt est aussi économique. « Moins de poubelles, ça se répércute directement sur la redevance que l’on paye à l’agglo, qui est déjà assez colossale », estime Romain Papon. « Tout le monde a à y gagner. »

Les solutions existent. Méthanisation, déshydratation, compostage… « Sauf que je ne peux pas accomplir de miracles tout seul. Qui nous dirige, nous aide vers ces conversions ? Si des entreprises sont intéressées, qu’elles nous contactent. »

Sarah Bourletias

Sourcewww.lamontagne.fr

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