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Malgré une opération de sauvetage hors du commun, le béluga égaré dans la Seine est décédé

Auteur : le commandant Céline Morin – reportage photo : GGD 27 – publié le 10 août 2022

© GGD 27

Repéré dans la Seine il y a une semaine, le béluga égaré avait été sorti de l’eau dans la nuit du 9 au 10 août, au terme d’une opération complexe, qui aura mobilisé près de 80 personnes issues des services de l’État, parmi lesquels la gendarmerie de l’Eure et de la Seine-Maritime, et du monde associatif. Durant son transport ce matin vers Ouistreham, le cétacé a dû être euthanasié au regard de la détérioration de son état de santé.

En mai dernier, une orque était déjà venue se perdre dans l’estuaire de la Seine. Malgré les importants moyens mis en œuvre, l’imposant mammifère marin n’avait pu être sauvé. Trois mois plus tard, c’est un béluga, également appelé baleine blanche, dauphin blanc ou marsouin blanc, égaré plus en amont du fleuve, qui a cette fois fait l’objet de toutes les attentions pendant près d’une semaine, sans connaître toutefois une fin plus heureuse, puisque le cétacé a dû être euthanasié pendant son transport vers Ouistreham, au regard de la détérioration de son état de santé. Pour autant, il faut souligner la remarquable mobilisation que son sort a suscitée.

Un béluga perdu dans la Seine

La présence du cétacé est signalée au Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie de l’Eure le 2 août dernier. « Le signalement faisait état de la présence de deux dauphins en amont d’une écluse, relate le chef d’escadron Sylvain Vigneux, officier adjoint renseignement du Groupement de gendarmerie départementale de l’Eure (GGD 27). C’est en se rendant sur place le jour-même pour vérifier l’information que l’officier repère le béluga et en informe immédiatement la préfecture de l’Eure.

Coordonnée par le préfet, une importante mobilisation se met dès lors en œuvre pour observer et accompagner l’animal, associant les services de l’État et des établissements ou organismes publics, parmi lesquels le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), la Gendarmerie nationale, l’Office français de la biodiversité (OFB), les Voies navigables de France (VNF), le laboratoire Pelagis, des organismes privés, dont une équipe du Marineland d’Antibes, ainsi que des acteurs associatifs et des organisations non gouvernementales, à l’instar de la SNSM, de la Croix Rouge, du Groupe étude des cétacés du Cotentin (GEEC), de l’Apex et de Sea Shepherd. Les moyens humains et matériels des uns s’associent ainsi à l’expertise technique et scientifique des autres.

© GGD 27

Dès les premiers jours, la gendarmerie engage notamment les moyens de sa brigade fluviale aux côtés de ceux du SDIS et assure la sécurisation des différentes interventions.

La mobilisation se poursuit pendant plusieurs jours auprès de l’animal ; l’ensemble des acteurs concernés se réunissant quotidiennement pour faire le point sur l’évolution de la situation.

En dépit de son état de santé préoccupant, le cétacé reste difficile à approcher, fuyant les embarcations et ne se laissant pas guider dans la direction de l’embouchure de la Seine, souligne la préfecture dans un communiqué, précisant qu’il est « capable de réaliser de longues apnées et de se déplacer sur de longues distances. »

En concertation avec l’ensemble des acteurs, Sea Shepherd tente de le nourrir afin de lui permettre de reprendre des forces. « Toutefois, les services engagés seront désormais le moins intrusif possible dans son quotidien d’animal sauvage, pour lui éviter un stress qui pourrait aggraver son état de santé », indique la préfecture.

Deux options : le laisser retrouver son chemin ou l’extraire

S’appuyant sur l’issue de précédentes incursions de ces mammifères marins dans la Seine, il est décidé, en concertation, de laisser dans un premier temps l’animal retrouver seul son chemin vers la mer. Une option qui présente, comme le souligne la préfecture, « les meilleures chances de réussite et de survie » par rapport aux risques que représente alors son transport. L’association Sea Shepherd, accompagnée de l’OFB, maintient donc une surveillance accrue de l’animal, tandis que les services du SDIS et de la gendarmerie restent en alerte pour intervenir si un besoin.

Le 5 août au soir, le béluga, très amaigri et présentant des altérations cutanées consécutives à sa présence en eau douce, entre de lui-même dans l’un des bassins de l’écluse de la Garenne, dans l’Eure. Il y est momentanément maintenu afin de tenter, en vain, de le nourrir et de le soigner. Le lendemain, au vu de son état, les vétérinaires décident de lui administrer des vitamines et des produits susceptibles de lui ouvrir l’appétit.

Mais l’évolution négative de son état physiologique conduit finalement à opter, toujours en concertation, pour son extraction du bassin où il s’est réfugié, afin de le conduire dans une écluse mise à disposition par les Ports de Normandie et la Région Normandie, à Ouistreham, pour une phase d’observation avant de le relâcher en pleine mer.

Opération nocturne

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Mardi 9 août au soir, plus de 80 personnes sont ainsi réunies autour de l’écluse de Saint-Pierre-la-Garenne pour procéder à cette opération des plus complexes, puisqu’il s’agit tout de même de déplacer un animal de près de 4 mètres de long et plus de 800 kg, qui reste sauvage en dépit de son affaiblissement. L’opération débute vers 22 heures, après un briefing de tous les acteurs et une nouvelle concertation sur la manière d’opérer.

La gendarmerie est particulièrement mobilisée pour assurer la sécurisation de l’opération, tant sur les berges que sur l’eau. Sur la rive gauche, côté Saint-Pierre-la-Garenne, la compagnie de Louviers déploie ainsi quatorze personnels, dont quatre réservistes, pour interdire l’accès à la zone et gérer l’afflux de curieux et de journalistes. Sur l’autre berge, plus calme, une patrouille de la compagnie de Les Andelys assure la surveillance.

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Deux plongeurs de la brigade fluviale de gendarmerie de Rouen (76) et leur semi-rigide sont parallèlement engagés pour apporter leur concours aux plongeurs et interdire la navigation des curieux à proximité de la zone de manœuvre ; le flux sur la Seine n’ayant pas été totalement arrêté.

Au regard de la technicité et de la précision requises pour mener à bien l’opération, celle-ci se prolonge dans la nuit, pour ne s’achever que vers 4 heures du matin. Déposé sur une barge, le béluga est alors examiné par les vétérinaires. Malgré un mauvais pronostic vital, il est tout de même décidé de le convoyer vers Ouistreham.

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Le convoi prend la route vers 6 h 30 ce mercredi 10 août, sous escorte de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), une relève étant prévue sur l’A13, à Beuzeville, avec les militaires de l’EDSR du Calvados.

Malheureusement, et en dépit de tous les moyens mis en œuvre et de toutes les précautions prises pour assurer sa survie, la détérioration de l’état de santé de cette baleine blanche égarée a conduit les vétérinaires à l’euthanasier avant son arrivée à Ouistreham.

© GGD 27

Source : www.gendinfo.fr

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