Articles

Le - Marion Wagon, Sylvie Aubert… 37 enquêtes en cours au pôle «cold cases» de Nanterre

Marion Wagon, Sylvie Aubert… 37 enquêtes en cours au pôle «cold cases» de Nanterre

Le pôle national dédié aux « cold cases » pourrait hériter de plus de 200 autres dossiers dans les prochains mois.

Des personnes participent à une marche silencieuse en hommage à Marion Wagon, le 14 novembre 2016 à Agen, à l’occasion du 20e anniversaire de sa disparition. (AFP/Archives)

Par Actu17 avec AFP
Le mardi 13 septembre 2022 à 20:08

Le dossier « Le Grêlé », l’affaire de la disparition de Marion Wagon… et bientôt la tuerie de Chevaline ? Le pôle national dédié aux « cold cases » progresse : 37 enquêtes ont été ouvertes depuis sa création en mars à Nanterre, dont 35 confiées à des juges d’instruction. Les deux autres enquêtes sont, elles, suivies en préliminaire par le parquet, ont précisé mardi les chefs de juridiction lors d’une conférence de presse.

Des affaires très médiatiques sont arrivées entre les mains des trois juges d’instruction dédiées : Sabine Khéris, installée en mars dernier, Nathalie Turquey et Emmanuelle Ducos, en fonctions depuis septembre. Parmi ces affaires phares, celle concernant François Vérove, surnommé « Le Grêlé », un ancien gendarme retrouvé mort en septembre 2021 et identifié comme un tueur en série recherché depuis 35 ans.

Mais aussi la disparition en 1996 à Agen de Marion Wagon, une fillette de 10 ans. Celle en 1991 à Nice d’une représentante en pharmacie, Marie-Hélène Audoye. Ou encore le drame de Sylvie Aubert, l’une des « disparues de l’A6 », nom donné à une série de meurtres autour de cette autoroute dans les années 1980-90.

Des discussions sont aussi en cours entre les autorités judiciaires locales et le pôle « cold cases » pour le dossier de la tuerie de Chevaline, un quadruple meurtre en 2012 en Haute-Savoie au retentissement mondial, ou encore pour celui des disparus du Fort du Tamié en Savoie, deux hommes disparus, en 2011 puis en 2012, alors qu’ils se rendaient à un festival de musique.

Parmi ces « cold cases », la plus vieille affaire remonte à 1972, avec la disparition de la famille Ménichaud le soir de Noël 1972, en Charente. Les plus récentes datent de 2020. Plus des trois quarts des informations judiciaires portent sur des homicides, le reste sur des enlèvements.

Réouverture d’enquêtes

Fait notable : 13 enquêtes qui ont été rouvertes à Nanterre s’étaient pourtant d’abord soldées par un non-lieu, deux par un classement sans suite.

Les services enquêteurs sont choisis, au cas par cas, par les juges. Outre les services locaux, trois semblent particulièrement sollicités : l’office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris et le service de gendarmerie de Division des affaires non élucidées (DiANE).

Par ailleurs, trois dossiers s’intéressent à des « parcours criminels », ce qui signifie des investigations qui portent sur « le parcours d’un individu » pour potentiellement le rattacher à des affaires non élucidées, précise le procureur Pascal Prache.

Si l’on exclut ces parcours criminels, 22 enquêtes concernent exclusivement des victimes femmes et un dossier sur cinq, des mineurs. Ce chiffre pourrait bientôt augmenter: les dossiers des viols et meurtres de quatre fillettes, en Ile-de-France en 1987, à quelques semaines d’intervalle, sont arrivés ou en cours de transmission.

«Plus-value»

Au total, plus de 150 dossiers sont encore en cours d’analyse, identifiés comme potentiellement transmissibles au pôle: sérialité, mode opératoire, âge de la victime avec une attention particulière aux mineurs, dimension internationale de l’affaire… « Mais cela ne veut pas dire que tous ces dossiers vont arriver demain » à Nanterre, a prévenu Pascal Prache, ajoutant qu’il n’y a intérêt à transmettre que si Nanterre peut apporter « une plus-value ».

L’idée n’est « pas de prendre un dossier à un magistrat instructeur », qui le suivrait « de près », a-t-il insisté. L’identification, grâce aux remontées d’autres tribunaux, de familles ou d’enquêteurs, est loin d’être terminée, estime M. Prache.

Et, à ce rythme, le nombre de dossiers identifiés pourrait même dépasser les 240 affaires non élucidées pointés par la Chancellerie il y a plusieurs mois. D’ici la fin de l’année, le pôle envisage « une quarantaine de transmissions supplémentaires », dont l’ouverture de 25 autres informations, indique Pascal Prache.

Dépasser « trente dossiers » par cabinet d’instruction serait « déraisonnable et mettrait en péril ce qu’on attend de (ce) pôle : des élucidations », a estimé le président du tribunal de Nanterre, Benjamin Deparis.

Le tribunal a réalisé d’importants travaux pour accueillir ce nouveau pôle qui occupera « 520 mètres carrés », dont « 45 pour le stockage » des dossiers et « 75 » pour les scellés, selon M. Deparis. Ce département des scellés doit être opérationnel en janvier.

Source : actu17.fr

Be Sociable, Share!