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Le - Nouveau schéma de maintien de l’ordre : « Il s’agit de réguler certains comportements »

Nouveau schéma de maintien de l’ordre : « Il s’agit de réguler certains comportements »

 07h59, le 13 septembre 2020 , modifié à 08h45, le 13 septembre 2020

Policier manifestation gendarmes
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a présenté vendredi le nouveau schéma national de maintien de l’Ordre. © AFP

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a présenté vendredi le nouveau schéma national de maintien de l’Ordre. Usage du LBD, nouvelle grenade de désencerclement… Bertrand Cavallier, général de gendarmerie se réjouit sur Europe 1 que les « enseignements des deux années précédentes » aient été tirés. INTERVIEW

Après plusieurs mois de débats et d’attente, Gérald Darmanin a présenté vendredi les grandes lignes du nouveau schéma national de maintien de l’Ordre (SNMO). 

Tirs de LBD, nouvelles grenades de désencerclement, précision sur la technique de la nasse : le ministre de l’Intérieur donne un nouveau cap pour les policiers et gendarmes, dans la gestion des manifestations. Sur Europe 1, Bertrand Cavallier, général de gendarmerie spécialiste du maintien de l’ordre, analyse ce nouveau schéma. « Je pense qu’il était nécessaire de tirer les enseignements des deux années précédentes », souligne-t-il.

« Professionnaliser certains usages »

Deux années, marquées selon lui, par la crise des « gilets jaunes » et « par dysfonctionnement qui ont compliqué la tâche du gouvernement puisqu’à une crise sociale s’est ajoutée une crise politique », poursuit le général de gendarmerie. Il pointe notamment les critiques sur l’usage excessif du LBD durant les manifestations, dénoncé par ailleurs par l’ex-Défenseur des droits, Jacques Toubon. « Il ne s’agit pas d’une nouvelle doctrine, mais de réguler certains comportements, de professionnaliser certains usages », explique-t-il. 

L’encadrement des tirs de lanceur de balles de défense est évoqué dans ce nouveau schéma. Désormais chaque tir sera soumis à l’accord d’un « superviseur ». « La gendarmerie mobile, les CRS, appliquent déjà ce principe du superviseur », indique Bertrand Cavallier. Selon lui, l’usage excessif du LBD est plutôt dû à des unités non-professionnelles, comme des membres de la brigade anti-criminalité (BAC). 

Une nouvelle grenade à main

L’équipement des forces de l’ordre chargé d’encadrer les manifestations se modifie également. Une nouvelle grenade à main de désencerclement censée être moins dangereuse, vient remplacer le modèle actuel, dont le « bouchon allumeur » pouvait blesser décrypte Bertrand Cavallier. Utilisée en France depuis 2004, la GMD produit un énorme bruit (plus de 155 db, l’équivalent d’un avion au décollage) et projette par ailleurs 18 petits projectiles de caoutchouc à grande vitesse (126 km/h sur un rayon de 30 m selon l’ONG Acat). 

Ce nouveau dispositif a été testé samedi lors de la mobilisation des « gilets jaunes ». Si le nombre de manifestants était faible (6.000 à s’être rassemblés samedi dans toute la France, dont 2.500 à Paris), quelques heurts ont éclaté et les forces de l’ordre ont procédé à 287 interpellations. 

« Revenir aux grands principes du maintien de l’ordre »

Au cours des précédentes mobilisations en France, les forces de l’ordre ont également été critiquées sur le recours à la technique de la nasse, soit l’encerclement pour contenir des manifestants. « Il est vrai qu’on avait pu constater des situations curieuses où une foule entière était contenue sur un espace, ce qui c’était traduit par une exaspération et des heurts », analyse Bertrand Cavallier. « Il faut revenir aux grands principes du maintien de l’ordre : éviter de bloquer trop longtemps des manifestants et toujours laisser une échappatoire. »

Dans ce ce nouveau schéma du maintien de l’ordre, Gérald Darmanin indique que l’utilisation de cette technique doit être « strictement encadrée » et « circonscrite dans le temps ». 

Europe 1

Par Mathilde Durand

Source : www.europe1.fr

LBD, grenade de désencerclement : Darmanin présente la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre

 16h26, le 11 septembre 2020 , modifié à 19h35, le 11 septembre 2020

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Gérald Darmanin a présenté vendredi les grandes lignes du nouveau schéma national de maintien de l'ordre.
Gérald Darmanin a présenté vendredi les grandes lignes du nouveau schéma national de maintien de l’ordre. © Thomas SAMSON / POOL / AFP

Gérald Darmanin a présenté vendredi le nouveau schéma de maintien de l’ordre. Parmi les mesures : chaque tir de LBD lors de manifestations serait désormais soumis à l’accord d’un « superviseur », et une nouvelle grenade à main de désencerclement (GMD), censée être moins dangereuse, serait utilisée dès samedi.

Après plusieurs mois de débats et d’attente, Gérald Darmanin a présenté vendredi les grandes lignes du nouveau schéma national de maintien de l’Ordre (SNMO). Le ministre de l’Intérieur a notamment évoqué l’encadrement des tirs de LBD (lanceur de balle de défense), cette arme utilisée lors de manifestations et accusée d’être à l’origine de nombreuses blessures parmi les manifestants, ou encore de nouvelles grenades de désencerclement. 

Gérald Darmanin a ainsi annoncé que chaque tir de LBD lors de manifestations serait désormais soumis à l’accord d’un « superviseur ». Une nouvelle grenade à main de désencerclement (GMD), censée être moins dangereuse, serait utilisée dès samedi, date de nouvelles mobilisations de « gilets jaunes ». Ce nouveau schéma national de maintien de l’ordre comprendra également un cadre législatif afin que les images réalisées par des drones puissent être exploitées par les forces de l’ordre. Cette doctrine sera mise en place progressivement. 

Une réflexion initiée par Christophe Castaner 

Cette réflexion avait été initiée par son prédécesseur Christophe Castaner après des polémiques à répétition sur la gestion controversée par les forces de l’ordre des mobilisations de « gilets jaunes ». Plusieurs manifestants avaient été gravement blessés par des tirs de lanceurs de balle de défense et de grenade. « L’usage du LBD sera désormais encadré et obligatoirement assorti d’un superviseur pour mieux évaluer la situation d’ensemble et désigner l’objectif », a déclaré Gérald Darmanin.

Cette annonce ne concerne toutefois que les effectifs de sécurité publique et les brigades de répression de l’action violente (BRAV), composées notamment des brigades anticriminalité (BAC) car les CRS et les gendarmes mobiles porteurs de LBD étaient déjà soumis à la présence d’un superviseur, selon une source policière.

Un nouveau modèle de grenade 

Le nouveau modèle de grenade qui remplacera à partir de samedi la GMD, accusée de provoquer des lésions auditives et des blessures au visage, est censé occasionner « moins de projections en hauteur », a indiqué Gérald Darmanin. Utilisée en France depuis 2004, la GMD produit un énorme bruit (plus de 155 db, l’équivalent d’un avion au décollage) et projette par ailleurs 18 petits projectiles de caoutchouc à grande vitesse (126 km/h sur un rayon de 30 m selon l’ONG Acat). 

Elle est censée être utilisée en cas de danger imminent, notamment pour disperser (avec sommations) un attroupement ou réprimer (sans sommations) des violences contre les forces de l’ordre.

Des panneaux lumineux et des haut-parleurs pour mieux communiquer avec les manifestants

Sur la tactique des forces de l’ordre, la priorité va être donnée à l’intervention en cas de troubles. Les consignes seront d’intervenir vite, pour mieux laisser les « vrais » manifestants défiler. Le ministère a aussi insisté sur la liberté de manifester et la nécessité de mieux communiquer avec les participants. D’ici quelques mois, les autorités déploieront des panneaux lumineux et des haut-parleurs puissants pour que les messages et les sommations soient bien entendus. A terme il est même prévu d’envoyer automatiquement des SMS à tous les téléphones qui captent sur les lieux de la manifestation, et cela pour mieux faire passer les consignes.

Gérald Darmanin a aussi annoncé que la technique de « l’encadrement », également appelée « nasse » et décriée par les manifestants, pourra toujours être utilisée mais de façon « strictement encadrée » et « circonscrite dans le temps ».

Par Europe 1 avec AFP

Source : www.europe1.fr

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