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Le - Pourquoi la Gendarmerie nationale réduit ses heures de vol en hélicoptère

Pourquoi la Gendarmerie nationale réduit ses heures de vol en hélicoptère

La direction générale a décidé de limiter à 18.000 le nombre d’heures de vol disponibles cette année, contre 19.300 prévues initialement.

Par ALEXANDRA SEGOND

Publié hier à 22:43, mis à jour hier à 22:43

A French gendarmerie’s ecureuil AS350 helicopter flies with a rainbow in background on November 7, 2019 in Pont-Scorff, western France. (Photo by Damien MEYER / AFP)

Réduire ses heures de vol pour réduire ses coûts: c’est la tactique qu’aurait choisi d’employer la Gendarmerie nationale, selon L’Essor, le journal officiel du secteur. Partant du constat que ses 56 hélicoptères pèsent trop lourd sur son budget, la direction générale a opté en 2020 pour l’abaissement à 18.000 du nombre d’heures de vol disponibles, contre 19.300 prévues initialement. Soit 1 300 heures de vol en moins, «une saignée franche dans l’activité de toute la Gendarmerie», aux yeux de L’Essor.À lire aussi : Le budget de la défense en hausse pour la deuxième année consécutive

Ces économies concernent les appareils Écureuil, des hélicoptères légers et polyvalents particulièrement appréciés des militaires. Un choix «paradoxal», souligne pourtant le journal, car ce modèle compte parmi les moins onéreux en termes d’heure de vol. Son coût d’entretien reste également tout à fait «raisonnable», selon le général Richard Lizurey, ancien directeur général de la Gendarmerie nationale.

Ainsi, rappelait-il en octobre dernier devant des députés de la commission de la défense, les 34 appareils de la société civile, principalement utilisés lors des opérations de sauvetage, coûtent 25 millions d’euros pour 16.000 heures de vols annuels. En comparaison, le maintien en condition opérationnelle des Écureuils de la Gendarmerie revient à 21 millions d’euros par an, «le moins élevé de l’ensemble des flottes», explique Richard Lizurey dans l’Essor.

Cependant, note un officier de la Gendarmerie, réduire le temps de vol ne signifie paspour autant réduire l’utilisation de ces appareils. «Cette décision doit être remise en perspective. La Gendarmerie calibre sa dépense par rapport à ses objectifs opérationnels. Or, ces dernières années, avec des événements comme l’Euro 2016 ou les ‘‘gilets jaunes’’, elle a été beaucoup mobilisée, parfois chaque week-end. Elle avait donc dû réévaluer à la hausse son budget pour les hélicoptères», explique le gendarme. Le budget 2020 consacré aux heures de vol des hélicoptères rejoint alors sensiblement celui de 2016, précise-t-il.

Autre aspect, les économies faites avec les hélicoptères permettent à la Gendarmerie de les réinjecter ailleurs et de développer d’autres domaines d’actions, comme celui des drones. «Ça nous permet aussi de libérer les hélicoptères de certaines missions», notamment celles concernant la partie secours, et «de les garder pour les missions de sécurité publique», poursuit l’officier. Le reste des initiatives de la Gendarmerie nationale pour 2020 doit être dévoilé prochainement avec son Livre blanc de la sécurité intérieure, dont la publication pourrait survenir fin février.

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Source : www.lefigaro.fr

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