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Roquefort-la-Bédoule : les gendarmes en herbe mènent l’enquête cet été

Par Nathalie Cornand

Arrivés auprès de la jeune victime, les petits gendarmes s'enquièrent de son état de santé et l'interrogent.

Arrivés auprès de la jeune victime, les petits gendarmes s’enquièrent de son état de santé et l’interrogent.PHOTOS N.C.

L’adjudant-chef Martial Vadon et son adjoint Irène Lopez de la Brigade de prévention de la délinquance juvénile 13, basée à Aix-en-Provence, ont une mission un peu particulière en ce mercredi estival. Au coeur de la Maison de la gendarmerie de Roquefort-La Bédoule, un centre de vacances pour les familles de gendarmes, ils vont organiser une séance de prévention et de sensibilisation avec une vingtaine d’enfants volontaires âgés de 6 à 12 ans. « Nous allons constituer une petite brigade de gendarmes qui va être amenée à rechercher des indices suite à l’enlèvement fictif d’un jeune mineur, explique le militaire. Les enfants vont ainsi mener une enquête et être sensibilisés à certains dangers ».

Les deux encadrants rassemblent leur petite brigade de gendarmes, désignent le plus âgé, Jean-Baptiste, comme commandant, remettent un gilet jaune à chacun et voilà la petite équipe partie en patrouille sur les sentiers de la garrigue environnante.

Soudain, le téléphone portable d’Irène sonne. Elle met le haut-parleur : « Je viens de trouver un garçon d’une dizaine d’années dans les broussailles, il saigne du crâne et dit s’appeler Tom mais il est un peu désorienté…, explique un civil. Je ne peux pas rester sur place, pouvez-vous le prendre en charge ? » Irène interroge son équipe pour déterminer la marche à suivre : « On va appeler les pompiers pour le soigner et essayer de le retrouver grâce aux indications données par le témoin. »

Un témoin appelle Irène sur le téléphone portable. La patrouille découvre des indices. Et finalement retrouve la victime.

Un témoin appelle Irène sur le téléphone portable. La patrouille découvre des indices. Et finalement retrouve la victime.

Armé de gants en latex, il dépose la pièce à conviction dans le sachet contenant les indices

Arrivés auprès de la jeune victime, les petits gendarmes s’enquièrent de son état de santé et l’interrogent : « Je ne me souviens pas de grand-chose, explique Tom assis dans l’herbe, un paquet de cigarettes et une carte d’identité appartenant à son amie Manon à ses côtés. On est partis sans prévenir nos parents avec nos vélos pour fumer. J’ai entendu un vélo et j’ai perdu connaissance. Je ne trouve plus mon portable… Ne dites rien à mes parents s’il vous plaît ! » Et le gendarme Flavio de rappeler au jeune garçon qu’il est interdit de fumer en forêt car les risques d’incendie sont importants, surtout en été. Tout à coup, il voit une bouteille qui aurait pu servir à assommer la victime dans les fourrés. Armé de gants en latex, il la dépose dans le sachet contenant les indices et autres pièces à conviction.

La patrouille laisse Tom aux bons soins des pompiers et, grâce à la géolocalisation de son téléphone, remonte la piste d’un éventuel kidnappeur… En suivant ses traces, l’équipe découvre une paire de lunettes de soleil roses appartenant à Manon. Puis, un peu plus loin, un vélo et un morceau de carte d’identité déchirée appartenant à une personne mesurant 1,80 m. « C’est donc un adulte, peut-être celui qui a enlevé Manon ? », avance le gendarme Éden.

Aux alentours, la patrouille découvre l’autre moitié de la pièce d’identité : elle appartient à Antoine Paul Henri Durand. Après vérification auprès de l’état-major, Irène informe son équipe que cette personne a déclaré le vol du vélo à la gendarmerie du village.

Un témoin appelle Irène sur le téléphone portable. La patrouille découvre des indices. Et finalement retrouve la victime.

Un témoin appelle Irène sur le téléphone portable. La patrouille découvre des indices. Et finalement retrouve la victime.

Levant les yeux vers les arbustes, Manoa repère un bout de papier. Il s’agit d’une carte de fidélité au nom d’Éric Renard. Au téléphone, la gendarmerie informe Irène que l’individu n’est pas connu des services mais qu’il connaît Tom et Manon. « C’est un voisin avec lequel ils jouent parfois. Ils ont donc confiance en lui… Nous allons nous diriger vers son logement, discrètement. » 

Une fois sur les lieux, la patrouille découvre Manon qui correspond au signalement et à la photo fournie par ses parents (un joli lapin rose en peluche !). Les gendarmes en herbe ont mené à bien leur enquête et il est temps de débriefer. On évoque alors l’affaire Maëlys, la fillette enlevée par un proche de sa famille, et la nécessité de toujours prévenir ses parents avant de s’absenter.

Une journée de prévention qui s’achève avec une sensibilisation aux dangers de l’alcool et de la consommation de stupéfiants avec Pierre Cano de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie 13. Et un diplôme pour les enquêteurs qui ont résolu l’affaire de la disparition de la petite Manon. « Moi aussi je serai gendarme quand je serai grand », affirment certains. Ils ont peut-être trouvé leur vocation grâce à ce Cluedo grandeur nature…

Sourcewww.laprovence.com

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