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Tempête Alex : le long travail de recherche et d’identification des victimes

Mercredi 14 octobre 2020 à 18:34 – Par Justine LeclercqFrance Bleu AzurFrance Bleu Alpes-Maritimes

Une enquête judiciaire hors-norme est en cours dans les Alpes-Maritimes pour tenter d’identifier les victimes de la tempête du 2 octobre. Le travail est compliqué car deux cimetières ont été emportés.

Un laboratoire mobile pour prélever l'ADN est déployé pour identifier les victimes de la tempête Alex.
Un laboratoire mobile pour prélever l’ADN est déployé pour identifier les victimes de la tempête Alex. © Maxppp – Dylan Meiffret

Deux semaines après le passage de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes, 400 gendarmes sont toujours mobilisés pour tenter de localiser les personnes disparues le 2 octobre dernier. D’après le dernier bilan provisoire donné ce jeudi par le procureur de la République de Nice, cinq personnes sont mortes (deux sont en cours d’identification). Sept corps ont également été retrouvés en Italie, qui pourraient être des victimes françaises de la tempête Alex et 13 personnes sont portées disparues. 

Le travail d’identification des victimes est complexe, explique le procureur de Nice, Xavier Bonhomme, car deux cimetières ont été dévastés par la tempête à Saint-Martin-Vésubie et Saint-Dalmas-de-Tende, et 400 tombes ont été emportées. Les défunts peuvent ainsi être confondus avec les disparus de la tempête. 

Une situation inédite pour l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie

Pour identifier les disparus de la tempête Alex, l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a été déployé dans les Alpes-Maritimes. Un laboratoire mobile pour les prélèvements d’ADN a été mis en place. La quinzaine de gendarmes de l’IRCGN recueille aussi des informations auprès des familles de disparus et réalise des prélèvements ADN sur les proches. Les gendarmes spécialisés contactent aussi les médecins traitants et les dentistes des personnes portées disparues. Tous les indices récoltés permettent de faire des comparaisons et d’identifier les corps retrouvés.

« Nous n’avons jamais été confrontés à faire un choix technique entre un défunt et un corps perimortem. »

Le colonel Nicolas Thiburce de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie n’a jamais été confronté à une situation où les corps des défunts des cimetières emportés se mélangent aux éventuelles victimes de la tempête Alex. 

Des médecins légistes et des anthropologues travaillent en binôme

Pour éviter de confondre un disparu de la tempête d’un défunt, des médecins légistes du service de santé des Armées travaillent aux côtés d’anthropologues. Chaque jour, plus de 400 gendarmes sont déployés dans les Alpes-Maritimes pour rechercher et identifier les personnes portées disparues depuis le passage de la tempête Alex. Entre 130 et 140 gendarmes sont déployés chaque jour sur le terrain dans chacune des vallées de la Vésubie et de la Roya pour tenter de trouver des victimes. Les gendarmes utilisent les hélicoptères, mais ils recherchent aussi les téléphones mobiles des disparus et vérifient leurs comptes bancaires, détaille le lieutenant-colonel Philippe Cauchois de la cellule judiciaire de la gendarmerie des Alpes-Maritimes.

« La priorité absolue est d’apporter des réponses aux familles et aux proches. »

Ratissage pédestre, en hélicoptère, équipes nautiques et cynophiles, les gendarmes multiplient les recherches pour sonder les 1.000 km de berges frappés par la tempête Alex. Depuis ce jeudi, un sonar prêté par la gendarmerie fluviale de Strasbourg permet aussi de sonder l’embouchure du fleuve Var pour tenter de localiser des corps. 

Justine Leclercq

Justine Leclercq

France Bleu Azur

Source : www.francebleu.fr

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