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Le - Vingt-cinq gendarmes de la compagnie de Vichy étaient mobilisés pour une grande opération de contrôles routiers à Jaligny. Immersion.

Au cœur d’une vaste opération de contrôle effectuée dans la nuit du 28 au 29 octobre dernier

Dans la nuit de dimanche à lundi, le 29 octobre, les gendarmes étaient sur le qui-vive.?

Vingt-cinq gendarmes de la compagnie de Vichy étaient mobilisés pour une grande opération de contrôles routiers à Jaligny. Immersion.

3 h 30 du matin. La cafetière de la brigade de Jaligny est mise à rude épreuve. Il faut dire que les 25 militaires ont du pain sur la planche. Cette fraîche nuit, ils sont engagés dans une opération sécurité de grande envergure. Le menu nocturne concocté par le capitaine Jean-Emmanuel Sastre, commandant de la compagnie de Vichy, est des plus copieux : contrôles routiers, alcool, stups et plus si affinités. Sept postes sont déployés aux abords de Jaligny. Pas question de les esquiver, toutes les voitures passant par-là seront contrôlées.

Le capitaine répartit les tâches de ses hommes. « Ce soir, on agit sur « réquise » du proc, donc vous pouvez ouvrir et fouiller les coffres. » Un chien de la brigade cynophile est également là pour traquer la moindre trace de stupéfiants.

4 heures. Tout ce beau monde est en place. Une équipe reste à la brigade pour dresser les procès-verbaux et ainsi faire gagner du temps aux hommes sur le terrain. Cette nuit, les militaires n’auront pas le temps de s’ennuyer car il y a une grosse soirée dans la boîte de nuit du coin, avec la présence d’un DJ de renommée internationale.

Effectivement, sur les petites routes départementales bourbonnaises, il y a du monde qui circule malgré l’heure plus que tardive. Les contrôles s’enchaînent. La voiture d’un jeune est fouillée et le chien renifle à tout va. « L’autonomie » de l’animal est limitée, donc le contrôle canin se fait par discernement, « à la tête du client ». Dans le coffre du jeune noctambule, une « gazeuse ». « Je me suis fait agresser avec ma cousine, je garde ça par sécurité », explique le conducteur qui semble surpris d’un tel dispositif. « Je n’ai jamais vu autant de gendarme… » Tout est en règle, il peut repartir.

Ce n’est pas le cas d’un quinquagénaire. Lui aussi sort de la discothèque, mais n’a pas choisi « Sam » comme chauffeur. Son taux d’alcool est délictuel. Sa voiture est immobilisée d’office. Il lui faut donc appeler quelqu’un pour venir le chercher. Un peu plus loin, une famille part à peine de chez elle, direction la Côte d’Azur pour les vacances. Le contrôle se fait dans la bonne humeur. « On va à Nice, là où il fait chaud ! », sourit le papa.

5 heures. C’est le « coup de feu ». Au loin, une voiture ralentit à la vue des képis et semble hésiter à faire demi-tour. « Lui, il est cuit », affirme le capitaine. En effet, le comportement de l’automobiliste est troublant. Pourtant, après vérification, le taux est négatif. L’homme se rendait en fait sur son lieu de travail. Le commandant de la compagnie coordonne l’opération et navigue de poste en poste. « Je m’assure que ça se passe bien, que les gendarmes travaillent en sécurité. » Le Psig (Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) tourne également afin de ramener, au besoin, les « clients » à la brigade. La brigade de recherche est également mobilisée. Si du stup est découvert, il s’agira pour eux d’essayer de remonter la filière.

Le moindre recoin de la bourgade est surveillé. Quadrillée. Et visiblement cette nuit, les noceurs ont été raisonnables. « Maintenant, de plus en plus de jeunes ont un capitaine de soirée ou alors ce sont les parents qui viennent les chercher, explique un militaire de la BMO. Ça commence à bien rentrer dans les mœurs. Finalement, ce sont plutôt les personnes plus âgées qui se font attraper. »

Un groupe de fêtards est arrêté. Des jeunes Toulousains venus de loin pour pouvoir écouter le fameux DJ. Comme pour les autres véhicules, les papiers sont passés au fichier des voitures volées et ceux du conducteur à celui des personnes recherchées.

Pas de problème avec les Haut-Garonnais : « On n’a pas bu. Sans alcool la fête est plus folle », assurent-ils en rigolant. « Tout le monde ne nous dit pas ça malheureusement », répond avec le sourire le gendarme.

« On ne recherche pas forcément à sanctionner »

6 h 30. Il ne reste qu’une poignée de voitures sur le parking de la boîte de nuit. Les personnes qui sont désormais contrôlées partent débuter leur semaine de travail. Finalement, la nuit s’est effectuée sans encombre.

C’est l’heure du bilan. Une centaine de voitures contrôlées, 80 coffres ouverts pour seulement deux permis retenus. Le capitaine Sastre, satisfait, lève un peu plus tôt le dispositif. « On ne recherche pas forcément à sanctionner, on recherche surtout à ce que les jeunes ne conduisent pas alcoolisés. »

Peu à peu, les militaires libèrent les chaussées, comme s’il ne s’était rien passé à Jaligny. Ne reste plus que la voiture du quinquagénaire, garée sur le bas-côté. Gage que cette nuit-là, personne ne pouvait y couper.

Source: la Montage.fr du 12 novembre 2012.

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