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Violences conjugales en Essonne : les numéros d’urgence s’affichent… dans les boulangeries

Des messages de prévention ont été imprimés sur 150 000 sachets destinés aux clients des boulangeries et pharmacies de l’Essonne. Une initiative de la gendarmerie et du conseil départemental.

 Egly (Essonne), vendredi 11 septembre 2020. Pour lutter contre les violences conjugales, la gendarmerie a fait éditer les numéros d’urgence sur les sacs que les boulangeries et les pharmacies distribuent aux clients.
Egly (Essonne), vendredi 11 septembre 2020. Pour lutter contre les violences conjugales, la gendarmerie a fait éditer les numéros d’urgence sur les sacs que les boulangeries et les pharmacies distribuent aux clients. LP/Florian Garcia

Par Florian GarciaLe 13 septembre 2020 à 14h59, modifié le 13 septembre 2020 à 17h24

« Les violences conjugales, c’est un véritable enfer… On est complètement sous l’emprise du conjoint, c’est très dur de partir.» Après 52 plaintes et une mâchoire fracturée, Aurélie, 36 ans, a fini par quitter son conjoint violent. Ce passé douloureux a refait surface, le temps du lancement vendredi soir, à Egly, d’une opération de sensibilisation menée par les gendarmes de l’Essonne et les élus du conseil départemental. Le principe? Se servir des commerces de proximité comme les boulangeries et les pharmacies pour diffuser au maximum les numéros d’urgence sur les sachets fournis aux clients.

«L’idée a été lancée l’an dernier par les gendarmes des Vosges, détaille la colonelle Karine Lejeune, à la tête des gendarmes de l’Essonne. Nous l’avons repris à notre compte mais il nous fallait un partenaire pour le financement. C’est là que le conseil départemental est intervenu. Au total, nous allons distribuer 150 000 sachets dans 124 boulangeries et 89 pharmacies de la zone gendarmerie du département. Nous voulons atteindre toutes ces personnes qui ne viennent pas dans les brigades et qui n’ont pas accès à ces informations.» En Ile-de-France, les gendarmes des Yvelines et ceux de Seine-et-Marne ont également repris cette initiative.

Un «violentomètre» pour évaluer le degré de violence

Sur ces sachets, un «violentomètre» a été imprimé. Il s’agit d’un test très simple pour évaluer le degré de violence. Contrôle des sorties, des vêtements, fouille du téléphone portable et accès de colère sont autant d’indices avant de donner l’alerte. Bien sûr les numéros d’urgence comme le 12, le 112 et 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes figurent sur les sachets. «Ces derniers sont complétés par des liens vers les permanences d’aide aux victimes mises en place par l’Etat et le Département», précise Alexandre Touzet, vice-président (sans étiquette) du conseil départemental chargé de l’égalité femmes-hommes.

Baguette sous le bras, Aurélie salue l’initiative. «C’est une excellente idée, valide la jeune femme. Ce sachet, on peut le glisser dans un sac ou dans une poche pour appeler une fois en lieu sûr.» Lorsqu’elle était victime des coups de son compagnon, Aurélie s’est sentie seule. «Je déposais des plaintes mais rien ne bougeait, regrette-t-elle. Si j’ai réussi à partir, c’est grâce à l’aide de mes parents.»

Premiers à recevoir les sachets, la boulangère et le pharmacien de la Grande Rue à Egly acceptent leur nouvelle mission avec plaisir : «Je suis complètement pour, j’adhère à 100%, lâche Valérie, derrière ses viennoiseries. Tout ce qui peut améliorer la situation est bon à prendre.»

Même sentiment chez son voisin professionnel de santé : «Je suis convaincu que c’est la bonne méthode, explique-t-il. Ils ont ciblé les bons endroits. On connaît nos clients, certains ont besoin de parler. Je pense aussi que ces sachets sont un bon support pour toucher le plus grand nombre.»

«Pendant le confinement, les violences conjugales ont explosé»

Du côté des clients, l’initiative est tout autant appréciée : «C’est très bien, applaudit Roselyne, 58 ans. Pendant le confinement, les violences conjugales ont explosé. A force de voir les messages sur les sachets, les victimes vont décrocher leur téléphone.»

Frédéric, 46 ans est lui aussi satisfait. «C’est un plus, note-t-il. On n’a pas toujours ces numéros sous la main. L’initiative est très bonne.»Newsletter EssonneChaque matin, l’actualité de votre département vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

Pour cette opération, le conseil départemental a déboursé 10 000 euros. Une somme qui comprend également l’impression prochaine de sets de table à destination des collégiens. Cette fois, les messages de prévention porteront sur la prostitution des mineurs.

Témoin ou victime de violences conjugales : composez le 17, le 112 ou 114. Signalement anonyme sur www.arretonslesviolences.gouv.fr et permanences d’aide aux victimes sur www.violences.essonne.fr. 

Egly

Source : www.leparisien.fr

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