Cette brigade de gendarmerie des Yvelines « contrôle » dans les trains et « rassure » les usagers
La nouvelle brigade de contrôle des flux de la gendarmerie des Yvelines œuvre sur la ligne N du Transilien. Nous avons pu la suivre le jeudi 12 février 2026.

Par Fabien Dezé
Publié le 13 févr. 2026 à 19h16
Présentée au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en octobre 2025, la brigade de gendarmerie de contrôle des flux, basée à Versailles (Yvelines), sera officiellement créée dans les semaines à venir, au plus tard en mars 2026. Sur le terrain, elle est déjà opérationnelle et prendra le relais de la brigade territoriale autonome de Versailles, qui officiait déjà dans les trains.
« L’idée, c’est de spécialiser cette brigade dans le contrôle des flux ferroviaires. Aujourd’hui, elle travaille principalement sur la ligne N mais la zone de compétences pourra peut-être s’élargir plus tard. Il n’y a pas d’objectifs chiffrés. On contrôle les personnes dans les trains, on rassure les usagers, on prévient les incivilités. »
Colonel Emmanuel La Combe, commandant du Groupement de gendarmerie départementale des Yvelines
La lutte contre les stupéfiants, le principal objectif
Basée à Versailles, « un nœud très central pour irriguer dans toutes les Yvelines », elle se doit de répondre aux objectifs prioritaires du ministère de l’Intérieur.
« Le premier, c’est la lutte contre les produits stupéfiants, assure le colonel Emmanuel La Combe. On va déceler les trafiquants qui font transiter des produits par les trains et qui vont revendre dans des points de deal situés dans les gares, en zone rurale. On va aussi travailler sur les étrangers en situation irrégulière. On en trouve un certain nombre dans les transports. »
Le renfort d’un chien stup
Le jeudi 12 février 2026, la rédaction de 78 actu a pu suivre cette équipe de huit militaires, sur le terrain tous les jours (à chaque fois deux équipes de trois), renforcée ponctuellement par des réservistes, lors d’une opération de contrôles réalisée en fin de journée sur la ligne N, entre la gare de Versailles-Chantiers et celle de Houdan.
Ce jour-là, les gendarmes ont pu compter sur l’assistance d’une équipe cynophile et la présence de Rumba, un Malinois âgé de cinq ans (qui intervient sur réquisition du procureur de la République).
« C’est un chien stup’ qui va détecter cocaïne, cannabis, héroïne…, explique l’adjudante Guilbaud, du groupe d’investigation cynophile de Beynes. Selon la hauteur à laquelle le chien va détecter la drogue, il va s’asseoir ou se coucher. Le chien peut repérer quelqu’un à plusieurs dizaines de mètres. Soit il y a un marquage où on trouve de la drogue, soit on n’en trouve pas mais cela signifie qu’on a affaire à quelqu’un qui a consommé récemment. »

« Veiller à la tranquillité publique dans les transports »
Au bout de cinq minutes de trajet, le chien repère un passager ayant dissimulé un joint de cannabis dans un paquet de cigarettes. Il devra s’acquitter d’une amende forfaitaire délictuelle (AFD) de 200 € (minorée à 150 € en cas de paiement dans les 15 jours).
En l’espace d’1 h 30 (le temps d’un aller-retour entre Versailles-Chantiers et Houdan), les gendarmes auront délivré six AFD sur plusieurs centaines de contrôles effectués.
« Notre objectif principal, c’est de veiller à la tranquillité publique dans les transports et de lutter contre la délinquance. Dans le train, on recense beaucoup d’incivilités entre les gens qui crachent par terre, les souillures, ceux qui détiennent des produits stupéfiants. On peut aussi verbaliser tout ce qui relève de l’infraction au code de transport même si ce n’est pas notre mission principale. Cela dépend du comportement de la personne. »
Major Girard, chef de la brigade territoriale autonome de Versailles depuis février 2019
En concentrant à elle seule, en 2025, 28 % des interpellations d’étrangers en situation irrégulière et 23 % des affaires de stupéfiants du groupement de gendarmerie des Yvelines, la brigade a déjà fait ses preuves.
« Un endroit où on peut attraper des délinquants et protéger des victimes »
Présent lors du trajet vers Houdan, Frédéric Rose, le préfet des Yvelines, rappelle que l’évolution de la délinquance dans les transports a été freinée mais qu’elle reste élevée.
« On ne peut pas s’en satisfaire. On est là pour qu’il n’y ait plus de délinquance du tout. C’est important d’avoir une présence dans les trains car c’est un endroit où on peut attraper des délinquants et protéger des victimes. On varie les horaires, on essaye de s’adapter au mode de fonctionnement des gens, au type de délinquance qu’on recherche. »
Frédéric Rose, préfet des Yvelines
Le mot de la fin revient au Colonel Emmanuel La Combe : « Clairement, le travail de l’unité porte ses fruits. C’est en continuant ainsi qu’on va réussir à réduire les trafics. »
Source : actu.fr