Affaire Mathieu Caizergues : une « tombe de terre » signalée par deux officiers de gendarmerie, la piste n’aurait jamais été vérifiée
Ecrit par Eric Lainé
le mercredi 9 septembre 2026 à 10H36

Nouveau rebondissement dans l’affaire Mathieu Caizergues, disparu à La Réunion en juin 2017. Deux officiers supérieurs de gendarmerie auraient signalé dès 2024 l’existence d’une « tombe de terre » sur un terrain accessible près du Maïdo, où pourrait se trouver le corps du jeune gendarme. Une piste qui n’aurait jamais été vérifiée. Après le refus du juge d’instruction d’ordonner des fouilles, les avocats de la famille annoncent faire appel.
Rebondissement dans l’affaire Mathieu Caizergues, porté disparu depuis le 23 juin 2017.
« Une disparition ne se classe pas : elle s’élucide », s’offusque Me Félix Allary. Cette petite phrase n’est pas anodine dans la bouche de l’avocat montpellierain de Delphine Caizergues dont le fils est porté disparu depuis plus de neuf ans, sachant que l’enquête judiciaire a connu plusieurs rebondissements mais aussi des errements au fil des années.
Cette fois, la mère du jeune gendarme découvre qu’une piste potentiellement sérieuse n’a pas été explorée alors qu’elle figure au dossier depuis deux longues années. « Nous avons découvert qu’en 2024, deux personnes se sont rendues de leur plein gré faire une déposition à la section de recherches de Saint-Denis« , a posté au bout de la nuit Delphine Caizergues sur le compte Facebook dédié à la disparition de son fils.
« Leur témoignage nous glace le sang« , poursuit celle qui s’est mobilisée immédiatement après ce terrible 23 juin 2017 et sans jamais lâcher prise.
« Renseignement précis »
Les témoins dont parlent Delphine Caizergues et son avocat ne sont pas les premiers venus. « Ce renseignement n’émane pas d’une simple rumeur, ni d’un médium, ni d’un réseau social« , enchaîne Me Félix Allary, lui-même ancien officier de police judiciaire en poste au SRPJ de Montpellier.
Il poursuit en indiquant qu’un « renseignement précis, situant un lieu déterminé où pourrait se trouver le corps de Mathieu a été porté à la connaissance de la procédure« . Surtout, comme le confirme le conseil de Delphine Caizergues, « ce renseignement a été formulé par deux officiers supérieurs de gendarmerie dont l’un est toujours en activité« .
Me Félix Allary avoue son incompréhension la plus totale quant au défaut de vérification de la piste avancée par ces deux témoins qui n’ont pas, a priori, le profil de farfelus.
Le renseignement en question, qui figure dans la procédure, décrit « une tombe de terre de 2 mètres sur 1 sur un terrain totalement accessible à l’extérieur du Maïdo« , précise Delphine Caizergues.
Absolument outrée par la découverte de cet élément deux ans plus tard, celle qui était arrivée 48 heures après la disparition de son fils pour participer aux recherches ne décolère pas. « Il est 4 heures du matin et je n’arrive pas à trouver le sommeil. J’en ai assez de l’injustice. J’ai décidé de ne plus me taire (..) Nos avocats, Mes Allary et Teissedre, ont adressé au juge d’instruction une demande d’acte visant à fouiller cet endroit déterminé dès réception du dossier. Cette demande vient d’être refusée par le magistrat. C’est purement scandaleux. Depuis 9 ans, on nous répète qu’il faut fermer des portes et aujourd’hui, on nous refuserait de vérifier l’élément le plus concret que l’on ait eu ?! Peut-être qu’il n’y avait rien mais peut-être qu’il y avait quelque chose !« , s’offusque-t-elle.
« Le plus difficile, c’est la colère des parents »
Un doute que partage son avocat : « Le plus difficile, c’est la colère des parents. Car même si l’on fouille demain, il restera désormais un doute : pendant ces deux années perdues, le corps a-t-il pu être déplacé ?«
« Refuser de vérifier revient à maintenir le doute. Or, la justice n’a pas vocation à préserver le doute. Elle a vocation à le lever. Nous ne demandons pas que ces déclarations soient tenues pour vraies. Nous demandons simplement que la justice accomplisse cette vérification (..) La vérité ne peut pas avoir peur d’un coup de pelle mécanique« , image Me Allary.
Raison pour laquelle, les avocats de la famille Caizergues annoncent qu’ils font appel devant la chambre de l’instruction du refus du juge de vérifier cette piste.
Source : www.zinfos974.com