« Ça s’est joué à quelques secondes » : collision évitée de justesse à Chamonix, l’hélicoptère du PGHM frôle deux parapentistes en vol de nuit

Publié le25/09/2026 à 13h09
Dans le massif du Mont-Blanc, un hélicoptère du PGHM de Chamonix a évité, de peu, une collision avec deux parapentistes dans la nuit du lundi 21 septembre. Les secouristes alertent alors que la pratique du vol de nuit est interdite et particulièrement à risques dans la vallée chamoniarde.
Le drame a été évité de justesse. Peu après 20 heures ce lundi 21 septembre, et alors que la nuit commençait à gagner la vallée de Chamonix, les secouristes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) ont évité de peu une collision avec deux parapentistes, alors que ces derniers n’étaient pas autorisés à voler. En effet, le vol libre de nuit est strictement interdit sur l’ensemble du territoire.
« Nous avions décollé pour une intervention en montagne dans le secteur du Plan de l’Aiguille (un replat situé à 2 300 mètres sous le mont Blanc, NDLR). Nous avions déposé des secouristes et un médecin sur place. Au moment de venir les récupérer et de redécoller, le pilote a vu, au dernier moment, deux parapentistes arriver par en haut. Ça s’est joué à quelques secondes », raconte Jonathan Ferré, adjoint au commandant du PGHM de Chamonix.
Selon les informations du PGHM, les deux pilotes ont atterri au Bois du Bouchet, au nord-est de Chamonix, avant de « quitter les lieux précipitamment en courant ». « Ils savaient que c’était interdit de voler de nuit. C’est la première chose que l’on apprend lorsqu’on commence le parapente », indique Jonathan Ferré.
Un délit passible d’un an de prison
Pour l’adjoint au commandant, les vols de nuit sont récurrents en été dans une région particulièrement à risques : « Les parapentistes sont très nombreux dans la vallée. Les probabilités de collision sont donc plus importantes car il y a de nombreux vols et davantage de secours en hélicoptère. La pratique est même interdite dans le massif du Mont-Blanc en juillet et en août, car nous y réalisons de nombreuses opérations. Il n’y a aucun moyen pour les pilotes d’hélicoptère de pouvoir repérer les parapentes. »
Selon lui, les conséquences peuvent être dramatiques : « En cas de collision, tout le monde va au sol. Les parapentistes, mais aussi les membres de l’équipage de l’hélicoptère… C’est mettre en danger tout le monde. Nous n’avons rien contre les parapentistes. Nous dialoguons souvent avec les clubs et les pratiquants de la région. Mais ces règles sont là pour être respectées. »
Pour le secouriste, de nombreux parapentistes décollent en fin de journée ou de nuit pour éviter une redescente à pied, qui peut s’avérer longue et risquée : « Ça rentre dans l’évolution de l’alpinisme. Mais quand on voit qu’il est trop tard pour décoller, on ne prend pas le départ. On bivouaque en haut et on attend le lendemain. » Le vol libre de nuit est interdit par le code de l’aviation civile. Il s’agit d’un délit passible d’un an de prison et de 75 000 euros d’amende.
Source : france3-regions.franceinfo.fr