Deux secondes pour barrer 4,35 mètres : la herse robotisée des gendarmes stoppe une BMW après un refus d’obtempérer
1 octobre 2026·
Damien

Une BMW E92 refuse de s’arrêter à un contrôle de gendarmerie dans les Deux-Sèvres. Sa tentative de fuite est interrompue par une herse robotisée, déclenchée à distance, qui se déploie en deux secondes sur 4,35 mètres de chaussée.
Une herse déployée en deux secondes pour stopper la BMW
Les faits se sont produits lors du dernier week-end de septembre. Selon Ouest-France, qui reprend la communication du groupement de gendarmerie des Deux-Sèvres diffusée le 30 septembre, le conducteur d’une BMW E92 a refusé de se soumettre au contrôle d’une patrouille. Il a tenté de s’éloigner. Les militaires ont alors activé une herse robotisée, aussi présentée comme électrique, pour interrompre la course du véhicule.
Le groupement a rendu l’épisode public sur ses réseaux sociaux. « Nous sommes de plus en plus confrontés à des refus d’obtempérer mais nous sommes équipés pour y faire face », a-t-il écrit. Les gendarmes des Deux-Sèvres rappellent que le refus de s’arrêter met en danger les forces de l’ordre et les autres usagers, et qu’il expose le conducteur à de lourdes conséquences. Aucune suite procédurale n’est détaillée dans les éléments rendus publics : ni interpellation, ni garde à vue, ni décision judiciaire.
Quarante kilos, 4,35 mètres et une commande jusqu’à 300 mètres
Le dispositif est logé dans un boîtier gris d’environ quarante kilos et fonctionne sur batterie. Il est commandé à distance au moyen d’une télécommande. Le militaire qui l’actionne doit se trouver dans un rayon de 300 mètres. Une fois déclenchée, la herse se déploie en deux secondes et couvre 4,35 mètres, soit toute la largeur de la chaussée selon la source. Le système est conçu pour atteindre les quatre pneus. Les comptes rendus consultés ne précisent pas, pour cet épisode, si les quatre pneus de la BMW ont effectivement été crevés.
Le contraste avec le matériel plus ancien est concret. Un stop-stick traditionnel impose souvent de s’approcher de la trajectoire pour le jeter. Ici, l’activation se fait à distance, sans que le militaire ait à se placer au plus près du véhicule en fuite.
Éloigner le gendarme de la trajectoire du véhicule en fuite
Le bénéfice opérationnel mis en avant est la réduction de l’exposition. Un gendarme de Loire-Atlantique expliquait en avril 2026 : « Quand je suis le long de la route, je peux être en danger. Avec cette herse, je n’ai pas à être trop proche, je peux rester en retrait. » Cette citation n’émane pas d’un militaire des Deux-Sèvres ; elle illustre le même argument de sécurité, déjà formulé ailleurs dans la gendarmerie.
Le risque n’est pas théorique. Un autre département a déjà montré ce que peut coûter une poursuite après un refus d’obtempérer qui avait blessé trois gendarmes à Lézigneux, dont un grièvement, à la suite d’une sortie de route. Rien n’indique que les deux affaires soient liées, ni qu’une herse télécommandée aurait nécessairement empêché cet accident. Elle vise simplement à tenir le militaire à l’écart de la chaussée au moment où le véhicule passe.
L’échelle nationale donne le contexte. Selon les données du ministère de l’Intérieur citées par Ouest-France, 36 900 délits de refus de contrôle routier ont été enregistrés en 2025, dont 28 200 refus d’obtempérer routiers. Ce total a augmenté de 9 % en un an, contre une progression annuelle moyenne de 2 % entre 2016 et 2025. Rien n’établit combien d’unités de gendarmerie disposent déjà de cette herse, ni un déploiement national intégral.
Sur l’épisode des Deux-Sèvres, le public ne sait pas davantage : ni le lieu exact dans le département, ni le motif du contrôle, ni la vitesse, ni l’identité du conducteur, ni l’issue judiciaire. Ce qui est établi, c’est l’usage d’un équipement conçu pour barrer la route en deux secondes, à distance, plutôt que de forcer un gendarme à s’avancer vers un véhicule qui refuse de s’arrêter.
Source : actuforcesdelordre.fr