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Le - Clarisse Agbegnenou : la reine des tatamis

PORTRAIT

Clarisse Agbegnenou : la reine des tatamis

En raflant son cinquième titre de championne du monde, la judokate entre au Panthéon des sportifs français. Mais il lui reste encore une médaille à décrocher…

caricature par ïoO, pour « Les Echos »
caricature par ïoO, pour « Les Echos » (ïoO)

Par Laura Berny

Publié le 10 juin 2021 à 18:17Mis à jour le 10 juin 2021 à 18:33

Il ne lui manque plus que l’or… olympique. Pour le reste, la quintuple championne du monde a tout gagné. A 28 ans, c’est la judokate française la plus titrée. Seul l’invincible Teddy Riner, à laquelle elle est souvent comparée, reste encore loin devant. Mais elle se fiche d’égaler son copain de déconnade. « Je veux les médailles qui me manquent. Pas battre des records ».

Aucune fausse modestie chez cette « préma » qui a failli mourir à la naissance : après avoir attendu plus d’un an à cause du Covid, elle se sent plus que prête pour les JO de Tokyo où elle compte bien prendre sa revanche sur ceux de Rio en 2016, d’où elle est revenue qu’avec l’argent – son pire souvenir… Une fois son palmarès complété , peut-être délaissera-t-elle alors ses judogis pour se lancer dans une carrière de coach après une formation à HEC.

Energie débordante

Pas mal pour la gamine d’Asnières qui mourrait d’ennui à l’école et pensait plus à se bagarrer à la récré qu’à travailler en classe. « C’est une vraie battante », se plaît à rappeler son père, né au Togo, véto de formation devenu ingénieur, qui l’a obligée à décrocher le bac malgré ses exploits sur les tatamis.

Pour progresser dans cet art martial qu’elle a découvert à dix ans et qui lui a permis de canaliser sa débordante énergie, « Gnougnou » a dû serrer les dents : sports-études à 14 ans à Orléans, loin de ses parents et de son frère jumeau puis l’Insep à 17 ans au côté d’athlètes beaucoup plus forts qu’elles (du moins au début).

Mais avec son 1 m 63 et ses 63 kg, ce porte-drapeau du sport féminin a mûri, faisant siennes les valeurs reines du judo : courage, modestie, rigueur et respect – même si un dérapage avec une autre élève de la fabrique à champions en 2013 lui vaut plusieurs heures de travaux d’intérêt général… Un épisode qu’elle préfère oublier. Depuis, il faut dire, elle est devenue adjudante au sein de la Gendarmerie nationale.

Laura Berny

Source : www.lesechos.fr

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