« L’intention est louable, mais il faut que ça soit encadré », la gendarmerie de Loire-Atlantique appelle les citoyens à ne pas organiser de battue pour retrouver Manon Relandeau

Affaire Manon Relandeau. La ferme à Saint-Etienne-de-Montluc • © France Télévisions Olivier Quentin
Publié le 08/05/2026 à 17h10
« Une battue civile organisée pour aider aux recherches », sur les réseaux sociaux, une affiche lançant un appel aux bénévoles a circulé pendant plusieurs heures. Depuis le 3 avril dernier, les recherches autour de la disparition de Manon Relandeau se poursuivent autour de Saint-Etienne-de-Montluc. Mais la gendarmerie appelle à ne pas faire n’importe quoi.
« On n’a pas été mis dans la boucle donc on n’était vraiment pas contents de découvrir ces affiches ». Au téléphone, le commandant Jean-Marc Gagé est en colère. « Le risque de ce genre d’initiative, c’est de polluer des zones, de piétiner des endroits alors qu’on ne les a pas encore inspectés. En plus, ce sont des marais, donc des zones à risque. Rajouter du risque à des phases de recherches…ce n’est pas possible ».
Depuis que la disparition de la jeune femme de 31 ans a été signalée le 3 avril dernier, les recherches se poursuivent aux abords de la ferme de Manon Relandeau. Drones, plongeurs, d’importants moyens sont mobilisés. « La semaine prochaine, on fait revenir les drones qui cartographient le secteur, poursuit Jean-Marc Gagé. On a tellement d’hectares à vérifier. Ils analysent toutes les anomalies végétales. Si cinquante bonnes âmes passent au mauvais endroit et piétinent la végétation, ça risque d’anéantir tout le travail qu’on fait au quotidien. »
Le gendarme n’exclut pas d’avoir recours à des bénévoles mais dans un temps donné. « On aura sûrement des besoins, l’intention est très louable mais il faut que ça soit encadré ».
La ville appelle à faire preuve de responsabilité
Dans un communiqué, la mairie de Saint-Étienne-de-Montluc appelle les citoyens à la vigilance. « Nous appelons chacun à faire preuve de responsabilité et à ne pas répondre à ces appels non officiels. » Elle précise que seule la gendarmerie est habilitée à initier ce type d’opération.
Où en est l’enquête ?
Du côté de l’enquête, on a appris le 6 mai dernier que le conjoint de Manon Relandeau avait été placé en détention provisoire en Algérie où il avait pris la fuite avec la fille du couple âgée de 15 mois.
Côté français, le chauffeur de taxi de 42 ans qui avait été placé en détention provisoire le 24 avril dernier a été libéré jeudi 7 mai. Mis en examen pour « association de malfaiteurs et modification ou destruction de l’état des lieux d’un crime », il avait été en contact avec le conjoint de Manon Relandeau, principal suspect dans l’affaire. Le quadragénaire a été placé sous contrôle judiciaire. Selon son avocat Me Théo Barrière, il s’est dit « attristé de la situation de la famille Relandeau ». Les contacts entre le chauffeur de taxi et le suspect ont été strictement « professionnels », a déclaré l’avocat à des journalistes, assurant que son client entendait « collaborer autant que faire se peut » avec la justice.
La femme de ménage de 27 ans, mise en examen pour « association de malfaiteurs », a elle aussi fait appel de son ordonnance de placement en détention provisoire. Sa demande sera examinée par la chambre de l’instruction à Rennes le 13 mai.
Source : france3-regions.franceinfo.fr