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Le - La Gendarmerie juge vétustes 70 % de ses casernes domaniales et chiffre l’effort à 400 millions d’euros par an

La Gendarmerie juge vétustes 70 % de ses casernes domaniales et chiffre l’effort à 400 millions d’euros par an

11 octobre 2026

Virgile Ahissou, responsable éditorial

La Gendarmerie juge vétustes 70 % de ses casernes domaniales et chiffre l’effort à 400 millions d’euros par an

Le général d’armée Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale, a exposé le 7 octobre 2026 devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale un diagnostic immobilier sévère : 70 % du parc domanial suivi par la direction des soutiens et des finances est classé vétuste ou très vétuste. Il estime qu’environ 400 millions d’euros par an seraient nécessaires pour engager une remise à niveau progressive et durable. Le périmètre vise les bâtiments de service et les logements concédés aux militaires, pas l’ensemble des implantations locatives et domaniales du pays.

Une caserne réunit souvent, sur le même site, les locaux opérationnels et le logement des familles. L’état des toitures, des réseaux et des parties communes pèse donc directement sur la disponibilité des unités, la mobilité des personnels et la fidélisation. Le directeur général a rappelé que le logement concédé fait partie des conditions d’affectation. Les conséquences se voient déjà sur le terrain : ActuFDO a documenté les pannes durables à la caserne de Maisons-Alfort, avec des ascenseurs immobilisés plusieurs mois et des périodes sans eau chaude ni chauffage pour des gendarmes et leurs familles.

Un besoin annuel de 400 millions d’euros face à un projet 2027 encore soumis au vote

Les 400 millions d’euros évoqués par Hubert Bonneau constituent une estimation du besoin annuel de remise à niveau. Ils ne se comparent pas mécaniquement aux lignes du projet annuel de performances du programme 152 pour 2027. Sur le périmètre acquisitions, constructions, maintenance et réhabilitations, ce projet prévoit 340 millions d’euros d’autorisations d’engagement et 242,5 millions d’euros de crédits de paiement. Les deux agrégats n’ont pas la même fonction budgétaire et ne doivent ni être additionnés ni être présentés comme un budget définitivement adopté : le Parlement n’a pas encore voté.

Plusieurs opérations lourdes ont été citées lors de l’audition : environ 50 millions d’euros pour Toulouse-Balma, 80 millions pour Dijon, ainsi que des chantiers à Belfort, au Blanc, à Valence, dans des écoles de gendarmerie et outre-mer. Le programme CapSatory, destiné notamment aux infrastructures du GIGN et du Groupement blindé de gendarmerie mobile, représente un investissement pluriannuel évalué à 600 millions d’euros. Ce montant n’est pas un crédit annuel unique. Il illustre toutefois une tension classique : quelques grands projets concentrent des masses importantes, alors que des centaines d’emprises exigent aussi des travaux ordinaires de maintenance.

Des loyers passés de 300 à plus de 600 millions d’euros, et un raisonnement sur la propriété

La charge annuelle des loyers de la Gendarmerie serait passée d’un peu plus de 300 millions d’euros en 2009 à plus de 600 millions en 2024. Si la trajectoire se poursuivait, cette facture pourrait approcher un milliard d’euros dans une dizaine d’années. Hubert Bonneau a soutenu qu’une brigade construite et détenue par l’État revenait, sur la durée, environ deux fois moins cher qu’une implantation locative. L’argument relie l’immobilier à la soutenabilité budgétaire autant qu’aux conditions de vie des militaires.

Le ratio de 70 % ne signifie pas que la majorité des casernes françaises sont inhabitables. Il décrit un parc domanial suivi par la direction des soutiens et des finances, jugé vétuste ou très vétuste. Aucun calendrier national de rénovation, aucune fermeture d’unité et aucun nombre de logements touchés n’ont été établis lors de cette audition. Le diagnostic pose néanmoins un enjeu de premier rang pour l’immobilier opérationnel de la Gendarmerie, entre entretien courant, grands chantiers et capacité à loger les personnels sans faire exploser la facture locative.

Source : actuforcesdelordre.fr