Des tirs de mortiers sur l’immeuble des familles de gendarmes : le procureur dénonce une « attaque délibérée et préparée » à Delle

Ce sont ces immeubles qui ont été ciblés par les mortiers. • © Google Maps
Publié le11/08/2026 à 18h34
Dans la nuit du 9 au 10 août 2026, un immeuble des familles de gendarmes a été visé par une dizaine de tirs de mortiers à Delle (Territoire de Belfort). Le procureur dénonce une « attaque délibérée et préparée ». Une enquête a été ouverte pour retrouver les auteurs de ces faits.
C’est une affaire prise extrêmement au sérieux par les autorités locales, qui y voient une « attaque délibérée et préparée » contre les représentants de la loi. Dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 août 2026, l’immeuble des familles de la gendarmerie de Delle (Territoire de Belfort), bâtiment accolé au commissariat, a été ciblé par plusieurs tirs de mortiers, envoyés depuis la rue Eugène Claret.
« Peu après 1h du matin, ce sont 10 tirs qui ont explosé au niveau des balcons » explique Paul-Edouard Lallois, procureur de la République de Montbéliard, qui assure l’intérim à Belfort le temps de l’absence de sa consœur Jessica Vonderscher. « Heureusement, il n’y a aucun dégât physique. Personne n’a été touché. Mais la même action, le jour, dans un bâtiment qui abrite des familles, des femmes et des enfants, cela aurait pu avoir de graves conséquences« .
« Les éléments prouvent, selon moi, que c’est volontaire » assène le procureur
Le procureur en est certain, « il y a ici une volonté réelle de s’en prendre aux gendarmes« . « Il est impossible de se méprendre, on n’est pas ici sur une bande de gamins qui jouent avec des pétards et qui auraient tiré sans faire exprès » développe-t-il. « Ce bâtiment est apparenté à la gendarmerie : il y a des grillages avec des panneaux ‘terrain militaire’. On a eu une rafale de tirs au même endroit. Les éléments prouvent, selon moi, que c’est volontaire« .
Malgré l’effet de surprise et la peur qu’ils ont dû ressentir, plusieurs gendarmes sont directement sortis dehors pour savoir ce qu’il se passait. Malheureusement, ils n’ont pas pu attraper ni identifier les personnes à l’origine des tirs.
Paul-Edouard Lallois,
procureur de la république de Montbéliard
Les militaires ont malgré tout retrouvé différents objets dans la rue. « À proximité, on a relevé un mortier, un lanceur et un briquet » reprend le procureur, qui a ouvert une enquête de flagrance dans la foulée.
Au vu des premiers éléments, le parquet de Belfort a décidé d’ouvrir une information judiciaire pour « dégradation d’un bien public par moyens dangereux » et « violences volontaires contre des militaires de la gendarmerie« . Des chefs d’accusation qui, en cas de condamnation, peuvent amener à une peine maximale de 10 ans de prison.
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Les enquêteurs sur le pont
À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’enquête se poursuit. « On a un gros travail en cours sur l’analyse des traces ADN ou des empreintes papillaires sur les objets retrouvés » détaille Paul-Edouard Lallois. Dans le même temps, les images de vidéo surveillance sont également étudiées. La justice affirme que des moyens importants sont déployés pour appréhender les auteurs de ces tirs « extrêmement graves« .
Pour l’instant, l’hypothèse principale de la justice est la venue d’un groupe d’individus qui auraient volontairement tiré sur le bâtiment d’habitation des gendarmes, à un horaire tardif où ils auraient peu de chance de se faire prendre.
Si cette piste se précisait, il resterait la question du mobile. En effet, selon le procureur, « ces derniers jours, les gendarmes de Delle n’avaient mené aucune opération qui aurait pu provoquer des représailles. À nos yeux, il n’existait pas d’antécédent pouvant expliquer cet événement, ce qui est d’autant plus inquiétant« .
Source : france3-regions.franceinfo.fr