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« Garder le lien avec l’institution » : En Normandie, une journée pour prendre soin des malades de la gendarmerie

Saint-Ouen-le-Pin a accueilli, mardi, une journée dédiée aux gendarmes en arrêt longue durée, leur permettant de renouer avec l’institution et préparer leur avenir.

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Venu pour cette journée dédiée aux malades et aux blessés de la gendarmerie, le général de division de Normandie Éric Delain souhaite « accompagner » ceux qui « ont donné et ont souffert ». ©Anthony DERESTIAT

Par Anthony Derestiat

Publié le 16 sept. 2026 à 8h00

Une agitation inhabituelle dans le paisible village de Saint-Ouen-le-Pin, entre Cambremer et Lisieux (Calvados) dans la matinée ce mardi 15 septembre 2026. De nombreux gendarmes, la plupart sans uniforme, se sont retrouvés dans la salle des fêtes de la commune. Nulle intervention, mais une journée conviviale dédiée aux gendarmes en congé maladie de longue durée, en profitant de l’implantation dans la commune de l’association Lyne-Gueroult, qui prend soin d’autres gendarmes : les chevaux de la Garde républicaine à la retraite.

« L’objectif de cette journée, c’est de leur permettre de garder le lien avec l’institution », explique Magalie Declèves, cheffe du bureau de l’accompagnement du personnel de la gendarmerie à l’échelle régionale. Divers intervenants sont présents, pour faire connaître des services d’aide psychologique, médicale ou professionnelle. « On invite les malades pour leur apprendre leurs droits et les aider à reprendre une activité », résume Laura Ravasco, cheffe de la section médico-statutaire et districto-sociale.

Huit gendarmes présents, le général de division aussi

Pour cette édition, huit gendarmes sont venus – sur la base du volontariat – sur une cinquantaine actuellement en arrêt longue durée. Signe de l’importance donnée à cette journée, le général de division à la tête de la gendarmerie en Normandie est de la partie. « Nos militaires s’engagent, et ce n’est pas un mot galvaudé, justifie Éric Delain. La gendarmerie, ce sont ceux qui sont encore sur le terrain, mais aussi ceux qui ont donné et qui ont souffert. Nous devons accompagner ceux qui, peut-être, iront jusqu’à une réforme. C’est ce qu’on appelle l’esprit de corps, qui fait la cohésion de la gendarmerie. »

Plus que d’autres métiers, être gendarme, c’est en effet voir sa vie professionnelle et sa vie sociale interconnectées, en raison du logement en caserne. Mais après plus de six mois d’arrêt maladie, les militaires sont « placés », et perdent leur affectation en attendant de reprendre du service, et doivent se trouver un autre « chez eux ». Un double isolement, donc, qui n’aide pas à reprendre le fil de sa vie professionnelle, qu’il soit dans la gendarmerie ou ailleurs.

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Sandrine Salerno, 51 ans dont 27 à la gendarmerie, est en arrêt depuis janvier 2026 et s’interroge sur la suite de sa carrière. ©Anthony DERESTIAT

« Quand on n’est plus à la caserne, on peut ne plus se sentir gendarme »

« Je suis venue car je ne veux pas perdre ce lien avec la gendarmerie, témoigne Sandrine Salerno, gendarme à Caen en arrêt depuis la mi-janvier en raison de problèmes de santé à répétition, rentrée chez elle à Rouen. Quand on ne vit plus à la caserne, on peut ne plus se sentir gendarme. Ça me permet de me dire que je le suis encore. » La militaire de 51 ans, dont 27 de service, s’interroge sur la suite. « Rencontrer les intervenants me permettra d’avoir des informations. Par exemple, j’aimerais savoir si changer de métier changera quelque chose pour mon âge de départ en retraite… »

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Âgée de 28 ans, Élodie Hébert est atteinte d’une maladie cérébrale incurable. En arrêt depuis un an, elle va quitter la Garde républicaine et cherche des pistes pour son avenir professionnel. ©Anthony DERESTIAT

Changer de métier, Élodie Hébert n’en aura, elle, pas le choix. À 28 ans, cette Ornaise était dans la cellule administration de la Garde républicaine, à Paris. « J’ai une maladie cérébrale dont je ne guérirai pas, raconte-t-elle. J’ai été arrêtée trois mois, puis je suis revenue et je n’ai pas tenu. » Depuis septembre 2025, elle est en congé maladie longue durée. « Au début, le moral a été très bas. J’avais l’impression d’être nulle et mise de côté, puis j’ai réussi à me détacher. »

Outre le contact avec l’institution, elle est venue pour « réfléchir à ma reconversion. En tant que militaire, on n’a pas de mi-temps thérapeutique, or j’ai besoin de beaucoup de temps de repos. Je veux donc voir quelles portes on peut m’ouvrir, et me faire un bagage pour trouver un travail qui me plaît ». Une chose est sûre, malgré son jeune âge, Élodie Hébert restera toujours une gendarme dans l’âme : « C’est dix ans de ma vie. J’ai encore des réflexes et des manières de parler de gendarme. »

Source : actu.fr