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« Bâtir un projet » : en Seine-et-Marne, ces jeunes sont parrainés par des élèves-gendarmes pour mieux s’orienter

Le 9 octobre, vingt jeunes du département, venus de Coulommiers, Melun, et Nangis, se sont engagés dans les Cordées de la réussite, avec des élèves-officiers de l’AMGN de Melun.

Les participants aux Cordées de la réussite, cette année, ont signé leur engagement le 9 octobre.
Les participants aux Cordées de la réussite ont signé leur engagement le 9 octobre. ©PV/RSM77

Par Paul Varenguin

Publié le 25 oct. 2026 à 7h28

« Vous êtes ici dans un lieu emblématique de l’Académie militaire de la gendarmerie nationale. C’est ici qu’est exposé le drapeau de l’École, c’est un honneur d’être ici ». Le général de division Constant Caylus, commandant de ce qui était il y a quelques années l’EOGN de Melun (Seine-et-Marne), a tout de suite plongé les adolescents venus signer leur engagement dans les Cordées de la réussite dans le bain.

Vendredi 9 octobre 2026, vingt élèves venus des lycées Jacques-Amyot et Léonard-de-Vinci de Melun, mais également d’Henri-Becquerel à Nangis et du campus de Coulommiers étaient en effet réunis ici pour signer leur engagement dans les Cordées de la réussite. On vous en dit plus.

Le principe

Les Cordées de la réussite sont un dispositif national créé en 2008 pour faciliter l’égalité des chances. « Elles ont pour objectif de permettre aux élèves de bâtir et de concrétiser un projet d’orientation, de lutter contre l’autocensure et de susciter l’ambition scolaire des élèves », décrit d’ailleurs le gouvernement.

L’Académie militaire de la gendarmerie nationale est engagée dans ce processus depuis, déjà, de nombreuses années. « L’idée est que nous puissions créer un lien entre les élèves issus de l’enseignement supérieur et des lycéens scolarisés en quartiers prioritaires des politiques de la ville ou en zones rurales. Ce lien privilégié permet aux jeunes d’ouvrir leurs horizons et de se créer un capital confiance en vue d’études supérieures », analyse le capitaine Olivier Aubert, officier-référent sur le dispositif à l’AMGN.

Concrètement, le lien entre l’officier-élève de l’AMGN et le lycéen, devenus ici le parrain et le filleul, va se créer à travers différentes actions. Ainsi, un week-end de campagne, en bivouac, sera organisé, pour découvrir la rusticité, l’initiation à l’orientation dans la nature, et la marche. « Mais il y a aussi un parcours du combattant, des sorties culturelles, le ravivage de la flamme du Soldat inconnu, la découverte d’un parc à thème… », énumère-t-il, indiquant également que les filleuls seront invités à chaque cérémonie d’ampleur à l’Académie.

Au-delà de ça, un travail en autonomie sera réalisé entre chaque binôme, « et cela pourra s’accompagner, si besoin, de soutien scolaire, par exemple », précise-t-il. « On veut faire en sorte de développer une appétence pour l’apprentissage chez le jeune, mais cela permet aussi à nos officiers-élèves, qui seront amenés à prendre le commandement d’une unité, de connaître les nouvelles générations. Cela crée un lien entre l’armée et la nation, et permet de déconstruire les a priori », justifie-t-il. Mais, attention, il n’est pas nécessaire de vouloir s’engager sous les drapeaux pour rejoindre les Cordées de la réussite, et tous les profils sont les bienvenus.

« De bons retours »

Clément Kraft, étudiant en première année de BTS Services informatiques aux organisations (SIO) au lycée Léonard-de-Vinci de Melun, en est à sa deuxième Cordée. « J’avais eu de bons retours de mon parrain. Il avait su répondre à mes questionnements quand je lui avais dit que je souhaitais entrer en gendarmerie. Cela apporte une relation, et beaucoup d’échanges », se remémore-t-il, quand on lui demande d’évoquer sa première expérience.

Pour lui, cette relation était d’autant plus pertinente que son parrain « ne lui a pas vendu du rêve et a été franc ». « J’ai donc choisi de participer pour une deuxième année car je suis intéressé par la gendarmerie. Et mon regard a changé grâce au dispositif : je n’avais par exemple pas la notion de hiérarchie, et je l’ai apprise. C’est un peu comme un grand frère », avoue-t-il.

Désormais, c’est avec le lieutenant Mathis Gourc, officier-élève, qu’il devra composer. Et ce dernier compte aussi beaucoup sur le lien qui va se créer. « J’ai mon Bafa, j’ai travaillé en colonies de vacances, et j’aime transmettre. Quand on m’a parlé du dispositif, ça m’a parlé », avoue celui qui a navigué dans le domaine de l’informatique avant de se lancer en gendarmerie.

Son objectif ? L’encourager sur la voie qu’il compte prendre, et le suivre. Mais ils vont aussi grandir ensemble. « Les stages vont s’enchaîner, et ce sera intéressant à partager. Et je vais encore mieux connaître l’institution grâce à ses questions », s’enthousiasme-t-il.

Comme eux, 152 800 jeunes français, accompagnés par 20 500 étudiants tuteurs, ont bénéficié en 2025 d’une Cordée de la réussite.

Source : actu.fr