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Le - Incendies : les gendarmes de Biscarrosse ont fait front

Incendies : les gendarmes de Biscarrosse ont fait front

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 31 juillet 2026
© Gendarmerie nationale / GGD 40

Alors que le feu survenu à Biscarrosse, le 23 juillet 2026, est désormais maîtrisé, retour sur l’engagement exemplaire des gendarmes de la Communauté de brigades (CoB) aux côtés des autres services de l’État.

C’est un soulagement après une semaine de forte tension. Jeudi 30 juillet 2026, le préfet des Landes, Gilles Clavreul, a annoncé que le feu qui s’était déclaré près de Biscarrosse était désormais « maîtrisé » et que tous les quartiers allaient « rouvrir » à la circulation. Cet incendie de grande ampleur a brûlé 3 600 hectares et conduit à évacuer environ 30 000 personnes à titre préventif.

Il était un peu plus de 16 heures, ce jeudi 23 juillet. Les deux gendarmes de la patrouille PAM (premiers à marcher) de la Brigade de proximité (B.P.) de Biscarrosse informent leur commandante, l’adjudante-cheffe Séverine Luis, qu’une camionnette a pris feu et que l’incendie menace de se propager à la forêt. La cheffe de l’unité rend aussitôt compte au lieutenant Emmanuel Blaise qui commande depuis deux ans la Communauté de brigades (CoB) qui comprend, outre celle de Biscarrosse, celle de Parentis-en-Born. « Le sujet des incendies est très important dans les Landes, témoigne ce dernier. Nous étions sensibilisés aux risques importants liés à la sécheresse. La veille du départ de feu, nous étions à la mairie en Conseil local de sécurité (CLS), et c’était évidemment le sujet principal de la réunion. Les sapeurs-pompiers parlaient d’ailleurs d’une situation critique. »

«  Une équipe vraiment au top »

Le feu atteint la forêt, menaçant très vite les premières habitations. Le lieutenant Blaise se rend sur place au moment où commencent les évacuations. La décision est prise immédiatement d’engager tous les effectifs disponibles. « Nous avons la chance d’avoir en ce moment des renforts dans le cadre du Dispositif estival de protection des populations (DEPP), poursuit le commandant de la CoB. Les militaires des postes provisoires de Sanguinet et Biscarrosse plage, ainsi que le Poste à cheval de Biscarrosse, le Peton de surveillance et d’intervention gendarmerie (PSIG) de Parentis et la Brigade motorisée (B.Mo), nous ont rejoints. La génération de forces nous permet de monter très vite à une quarantaine de personnels. » Un Poste de commandement déporté est monté, au sein duquel le lieutenant Blaise est rapidement rejoint par le commandant en second de la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Parentis-en-Born, le capitaine Grégory Pattin, qui engage différentes unités de la compagnie. Le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) des Landes décide également d’apporter un appui humain important.

© SIRPA-G / GND Romain CULPIN

Les habitants sont évacués dans des salles administratives en centre-ville, puis celles-ci étant à leur tour menacées par les flammes, dans un centre d’accueil mis en place dans une école de Biscarrosse plage, à une quinzaine de minutes de voiture, où le risque était moindre. « Cette évacuation concernait aussi la caserne et les logements, poursuit le commandant de la CoB. La première nuit, avec le chef de la Police municipale, nous avons fait le tour des tous ces logements de service pour s’assurer qu’ils étaient vides. » L’évacuation des campings au nord de Biscarrosse est également mise en oeuvre. Problème : le réseau routier est totalement saturé. La décision est prise de passer les deux voies en sens unique afin de fluidifier le trafic.

© SIRPA-G / GND Romain CULPIN

À l’heure où le feu est enfin maîtrisé, après une semaine de lutte, le lieutenant revient sur cet engagement intense des militaires de la gendarmerie aux côtés des sapeurs-pompiers : « Je ne m’attendais pas à une crise d’une telle ampleur. Il fallait rester focus sur nos missions tout en mettant nos proches en sécurité. Sur un premier temps de commandement, on ne s’imagine pas devoir évacuer sa caserne, sa famille. Au plan professionnel, c’est une expérience très forte de gestion de crise, aux côtés des sapeurs-pompiers, de la préfecture, au sein d’un même P.C. où les échanges étaient fluides et permanents. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur une équipe vraiment au top. Tous ont accompli des actions méritantes de manière collective et individuelle. Nous ne déplorons à ce jour aucune victime physique. Cela est dû, en premier lieu, au travail extraordinaire des sapeurs pompiers ainsi qu’à l’efficacité des évacuations réalisées, notamment de personnes âgées et, pour certaines, alitées. Bien sûr, l’ensemble des militaires de la CoB a une pensée sincère envers tous les sinistrés. J’ai demandé la présence du psychologue de la Région de gendarmerie Nouvelle-Aquitaine lors du debriefing, et c’était nécessaire parce que tout le monde a eu peur. Peur pour soi, pour ses camarades, pour sa famille. »

Adjudante-cheffe Séverine Luis, commandante de la B.P. de Biscarrosse

« Tous les personnels de la CoB, y compris ceux qui étaient en repos, se sont rendus sur place et se sont mis à la disposition du lieutenant Blaise. Après les évacuations, nous avons mené nos missions de sauvegarde des biens, pour éviter les pillages des maisons partiellement brûlées, qui se poursuivent encore aujourd’hui. Nous avons très peu dormi pendant une semaine, trois ou quatre heures par jour. La fatigue s’accumule dans ces cas-là, mais personne n’a failli. Je tiens à souligner le courage, le sang-froid et la détermination remarquables de l’ensemble des personnels. Si n’importe quel événement venait à toucher notre pays, je partirais sans hésiter au front avec ces sous-officiers, ces Gendarmes adjoints volontaires et ces réservistes. »

Retrouvez le témoignage de la gendarme Léna, affectée à la B.P. de Biscarrosse en suivant ce lien.

Source : www.gendarmerie.interieur.gouv.fr