VIENNE Commune Jaunay-Marigny Jaunay-Marigny : une cellule dédiée aux violences intrafamiliales à la gendarmerie
Jaunay-Marigny : une cellule dédiée aux violences intrafamiliales à la gendarmerie
Publié le 25/01/2021 à 06:25 | Mis à jour le 25/01/2021 à 06:25
FAITS DIVERS JUSTICE
JAUNAY-MARIGNY

© Photo NR
Le Grenelle des violences conjugales, qui s’est tenu à l’automne 2019, avait débouché sur un certain nombre de mesures pour lutter notamment contre les féminicides. À la brigade territoriale autonome (BTA) de Jaunay-Marigny, commandée par le lieutenant Valenchon, ces mesures ont été classées prioritaires et, dès décembre 2019, une cellule dédiée aux violences intrafamiliales (VIF) a été créé avec deux référentes : les cheffes (1) Roques et Serre, rejointes en cours d’année par la cheffe Delaëre.
Quarante militaires formés dans la Vienne
Outre le fait d’être volontaires, les trois gendarmes ont suivi des modules de formation afin de pouvoir traiter au mieux ces dossiers délicats. « Dans la Vienne, quarante militaires sont formés aux VIF et, dans une seconde phase, tous recevront une formation spécifique », souligne la cheffe Roques. « L’accueil doit être de qualité : écouter, assister et secourir les victimes, leur rappeler les structures qui existent pour les aider, faire preuve d’empathie, de bienveillance et d’un esprit de discernement. Mais c’est aussi lister l’ensemble des droits, faire de l’accompagnement et créer un climat de confiance », ajoute la cheffe. « Pour accéder à un meilleur suivi, nous avons tissé des liens de partenariat avec les élus, les acteurs sociaux (hébergement d’urgence), nous avons rencontré les assistantes sociales, les acteurs associatifs, les services de l’état, sans oublier les relations étroites avec les intervenants sociaux en gendarmerie (ISG) », complète-t-elle. Si, en France, les violences intrafamiliales ont explosé lors du premier confinement (+ 32 %) (2), sur la zone de compétence de la BTA, les référentes n’ont pas noté d’exacerbation. « Bien évidemment, les délits classiques (cambriolages, vols, etc.) ont baissé mais, au niveau des VIF, il n’y a pas eu de phénomène exponentiel, » analyse la cheffe Delaëre. Mais les trois gendarmes se gardent bien de tout excès de confiance dans la mesure où il est compliqué de déceler ces VIF, qui ont lieu le plus souvent en milieu privé. C’est là que chacun à un rôle à jouer : voisins, amis, parents, employeurs peuvent être témoins d’un changement de comportement chez une femme ou pour les enfants et les ados, les enseignants, les infirmières scolaires, les responsables d’associations : « Nous recevons les victimes, mais les témoins peuvent également venir nous faire part de leurs inquiétudes », précisent les référentes.
(1) Maréchal des Logis Chef. (2) Première de semaine de confinement en France en zone gendarmerie (source ministère de l’intérieur).

Tony LAURENT
Correspondant NR DANS LA VIENNE