« Une arme fatale entre les mains » : la Charente-Maritime teste la suspension de permis en cas de téléphone au volant
Diffusé le mercredi 1 avril 2026 à 7:47
Publié le mercredi 1 avril 2026 à 7:47 Mis à jour le mercredi 1 avril 2026 à 9:25
À partir du 1er mai, l’usage du téléphone au volant pourra être sanctionné d’une suspension du permis de conduire en Charente-Maritime. Une phase de test d’un mois commence ce mercredi. Le préfet déplore, sur ICI La Rochelle, que les chiffres de l’accidentologie ne baissent plus dans le département.
C’est « l’équivalent du drame de Crans-Montana tous les ans sur les routes de Charente-Maritime : 45 morts en 2025, un chiffre qui ne baisse pas ». Pour réagir à l’insécurité routière qui frappe la Charente-Maritime, le préfet du département, Brice Blondel, a décidé de frapper fort : à partir du 1er mai 2026, l’usage du téléphone au volant pourra être sanctionné d’un retrait du permis de conduire. En attendant, une première phase de pédagogie, d’un mois, est lancée ce mercredi 1er avril.
En Charente-Maritime, les chiffres de l’accidentologie ne baissent plus, constate le préfet du département, invité de votre radio locale ICI La Rochelle ce mercredi. 45 morts, 500 blessés par an, « tous évitables », estime-t-il. Brice Blondel rappelle qu’« une partie de ces morts et de ces blessés sont dus à des comportements et à de la distraction. Le téléphone en est un élément. » Les autorités estiment que 15% des accidents sont liés à l’usage du téléphone. « Cela veut dire sept morts liés au téléphone au volant sur les routes de Charente-Maritime l’an dernier. D’où la nécessité d’agir », lance le préfet.
« Ces comportements, qui peuvent nous sembler banals et pas graves, sont à l’origine de morts »
« On a fait tout ce qu’on pouvait faire jusqu’à présent en matière de prévention et de répression, constate-t-il. On a poussé tous les barèmes à leur maximum pour que les comportements inappropriés soient sanctionnés. Mais il reste un outil qu’on n’a pas encore utilisé, c’est la suspension du permis pour usage simple du téléphone au volant. » La base de la sanction restera la même : trois points en moins sur le permis de conduire et 135 euros d’amende. Mais s’y ajoutera le risque d’une suspension du permis de conduire, jusqu’à six mois. Ce ne sera pas automatique, la gravité de l’infraction sera prise en compte.
La menace vise surtout à une prise de conscience, comme ça a été le cas dans le département des Landes qui a déjà lancé la même opération. « On a tous eu cette tentation de lire un message au volant ou au feu rouge. Mais quand on redémarre, il peut y avoir quelqu’un devant. Ces comportements qui peuvent nous sembler banals et pas graves, en réalité, sont à l’origine de morts sur la route. Il est important que rien ne soit banalisé et que tous ces comportements soient ciblés. » Le préfet de la Charente-Maritime insiste pour que « les gens comprennent que lorsqu’ils prennent le volant, ils ont un outil qui leur permet d’aller d’un endroit à un autre. Mais ils ont aussi potentiellement une arme fatale entre les mains. »
Source : www.francebleu.fr