Les gendarmes du Puy-de-Dôme
font feu pour arrêter des voitures en fuite
CLERMONT-FERRAND FAITS DIVERS PUY-DE-DÔME
Publié le 22/08/2018 à 11h59
Que les forces de l’ordre se trouvent dans une situation telle qu’ils doivent user de leur arme, ça n’arrive pas souvent dans le Puy-de-Dôme.
Chose exceptionnelle : à deux reprises dans la nuit de lundi à mardi, les gendarmes de la compagnie de Clermont-Ferrand et ceux de l’EDSR (escadron départemental du Puy-de-Dôme) y ont été contraints, dans des affaires sans rapport l’une avec l’autre.
1. A Pont-du-Château
Peu après minuit, les gendarmes ont été informés du vol d’un Renault Espace à Pont-du-Château. Très rapidement, une patrouille du PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) de Clermont-Ferrand localise le véhicule. Les gendarmes perdent malheureusement le contact peu après, toujours dans les rues de Pont-du-Château.
Ils mettent en place un dispositif pour enfin interpeller les deux personnes qui ont pris place à bord de cette voiture volée.
Ils se postent notamment entre les Martres d’Artière et Pont-du-Château, au rond-point de l’Aquarius.
La voiture recherchée roule dans leur direction, non sans multiplier les infractions. Pour la stopper alors qu’elle arrive à leur hauteur, les gendarmes déploient une herse afin de crever les pneus et empêcher la fuite.
Rien n’y fait. La voiture continue à avancer et force le barrage. Elle zigzague. Elle franchit le terre-plein central. Les gendarmes sortent leurs armes et tirent, à cinq reprises, en visant le pneu avant gauche.
La voiture parvient à franchir le barrage et roule en direction de Pont-du-Château.
Les deux occupants se trouvent alors contraints d’abandonner leur véhicule. L’un des suspects a été interpellé dans la foulée et placé en garde à vue. Le second a été interpellé aujourd’hui mercredi, à Pont-du-Château. Tous deux sont mineurs.
2. Sur l’aire d’Authezat, sur l’A 75
Immédiatement, les gendarmes se déploient pour interpeller les trois occupants de cette voiture suspecte.
Mais le conducteur ne l’entend pas de cette oreille. Plein phare pour éblouir les militaires, il s’élance à vive allure sans tenir compte des signes et des sommations des gendarmes.
Il fonce délibérément sur un gendarme, qui s’écarte in extremis de la dangereuse trajectoire.
En même temps qu’il évite le bolide qui lui fonce dessus, le militaire tire à deux reprises, pour atteindre les pneus. En vain.
S’ensuit alors une course-poursuite à très grande vitesse en direction de Clermont-Ferrand sur l’autoroute.
Jusqu’à ce que les gendarmes renoncent, à hauteur du Zénith de Cournon d’Auvergne, les risques encourus étant trop grands pour eux comme pour les autres automobilistes. (*)
3. Le cadre légal
Pour Éric Maillaud, procureur de la République de Clermont-Ferrand, les militaires ont fait feu dans le cadre strictement légal tel qu’il est défini par les lois. « La fuite d’un véhicule fait partie des cas de figure pour lesquels les gendarmes peuvent faire usage de leur arme. Dans les deux cas, il n’y avait absolument personne à côté. Et en ce qui concerne le gendarme d’Authezat, il a tiré tant pour arrêter le véhicule que pour se protéger. »
(*) Dans le cadre de leur enquête, les gendarmes souhaitent entendre toute personne susceptible de leur apporter des informations sur cette affaire. Composer le 17.
Jean-Baptiste Ledys

