« On doit vraiment se mettre en accord pour réaliser la mission en toute sécurité », les gendarmes s’entraînent au sauvetage aquatique par hélitreuillage

Victime et plongeur-sauveteur sont hélitreuillés • © Marleen Beisheim / France Télévisions
Écrit par Sabine Pfeiffer
Publié le14/11/2025 à 16h55
Un entraînement de sauvetage aquatique par hélitreuillage a été réalisé dans les gravières Huckert de Biesheim (Haut-Rhin). Une collaboration entre gendarmerie fluviale et gendarmerie aérienne, pour apprendre à mieux coopérer en cas d’interventions urgentes ou de catastrophes naturelles.
C’est la rencontre entre deux mondes, celui de l’air et celui de l’eau. Deux mondes avec leurs tenues, leurs accessoires et leurs codes gestuels. Pourtant, les professionnels qui réalisent ces exercices d’hélitreuillage ce jeudi 13 novembre sont tous des gendarmes.
Mais les uns, membres de la gendarmerie fluviale de Gambsheim (Bas-Rhin), sont des plongeurs, spécialistes des milieux aquatiques. Et les autres, de la section aérienne de gendarmerie de Meyenheim (Haut-Rhin), sont des pilotes d’hélicoptère, plus à l’aise à des dizaines de mètres au-dessus du sol.
Ces deux univers sont complémentaires. Ils ont besoin de coopérer pour des interventions urgentes ou des sauvetages lors de crues ou d’inondations, ou dans le cadre d’enquêtes judiciaires qui nécessitent des recherches sous l’eau. Mais pour qu’une telle coopération soit efficace le moment venu, il faut apprendre et réapprendre à se mettre au diapason, et à parler le même langage.
« Forcément, comme on est appelés à travailler ensemble, on s’entraîne ensemble, explique l’adjudant-chef Frédéric Brunet de la gendarmerie fluviale de Gambsheim. Le but de ce genre d’exercice est de pouvoir se coordonner. » – « On est là pour aider au maintien en compétence des plongeurs de la brigade fluviale, mais c’est aussi à notre profit, reconnaît l’adjudant Clément Tresse, mécanicien machiniste de la section aérienne de la gendarmerie de Colmar. Personnellement, ça me permet d’acquérir des connaissances que je n’acquiers pas tous les jours. »
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Au début de l’entraînement, la douzaine de participants prend donc le temps d’écouter les consignes respectives. Des explications détaillées sur le déroulement de l’opération, mais aussi sur la manière de grimper dans l’hélicoptère, de positionner le mousqueton à accrocher à la ceinture, de sangler la victime. Ou encore, pour le plongeur, sur le signe précis à faire avec la main pour signifier à l’équipage en vol qu’il s’est bien décroché du câble du treuil après avoir atteint l’eau ou la terre ferme.
Un « sauvetage » répété cinq fois
Ensuite, l’exercice proprement dit, une simulation de sauvetage aquatique, débute. Le plongeur qui joue la victime nage jusqu’au milieu de la gravière pour y attendre les secours. L’hélicoptère décolle avec, à son bord, le plongeur-sauveteur qui, attaché à un câble, est ensuite descendu jusqu’à l’eau. Il est déposé à une bonne dizaine de mètres de la victime. Car si l’hélicoptère s’approchait trop de celle-ci, le souffle du rotor risquerait de l’éloigner, ou bien de créer des remous et d’aggraver sa situation déjà périlleuse.
L’hélicoptère s’éloigne tandis que le plongeur nage vers la victime puis lui passe une large sangle. Ensuite, sur un signe, l’hélicoptère revient et leur redescend le câble. « C’est une partie relativement technique, il faut vraiment être en accord avec l’équipage de l’hélicoptère qui donne ses consignes, précise l’adjudant Pascal Gluckert, de la gendarmerie fluviale de Gambsheim. On doit vraiment se mettre en accord, pour réaliser la mission en toute sécurité. »
Bien arrimés, victime et sauveteur sont ensuite soulevés dans les airs, puis déposés sur un ponton aménagé sur la berge. Ponton d’où une nouvelle « victime » va rapidement plonger dans l’eau, pour qu’un autre sauveteur puisse s’entraîner à son tour. Durant l’après-midi, l’hélicoptère fait ainsi cinq rotations, afin que chacun des cinq plongeurs puisse bénéficier de l’exercice.
Des entraînements nécessaires
Avec l’hélicoptère, « on est aussi amenés à travailler avec le peloton de gendarmerie de haute montagne, ajoute l’adjudant Clément Tresse. On peut s’occuper de recherches de malfaiteurs, avec mise en œuvre de caméras ou de phares. Ou bien rechercher une personne disparue dans le massif des Vosges, ou près du Rhin. On est vraiment multi-casquettes, on s’adapte à l’unité qui nous appelle. »
Ce genre d’exercice comme ici, avec la brigade fluviale, a lieu deux fois par an, car il est important de ne pas perdre la main. « Fatalement, avec l’évolution climatique, on constate qu’il y a de plus en plus d’inondations, et on doit s’y préparer », déplore l’adjudant-chef Frédéric Brunet.
Quand il était en Outre-mer, l’adjudant Pascal Gluckert, lui, a « fait pas mal de secours en mer » avec des hélicoptères de la sécurité civile ou de l’armée de l’air. « C’est l’une de nos missions de plongeur de gendarmerie », précise-t-il. Et lui aussi prévoit ce type d’intervention en Alsace. « En cas de grosse catastrophe naturelle, ou lors de grandes crues, nous devons pouvoir récupérer des gens dans les endroits où ils se sont réfugiés pour se protéger de l’eau qui monte » assure-t-il.
Des endroits inaccessibles aux secours à pied. Et qui nécessitent donc les efforts conjugués de ces hommes de l’air et de l’eau.
Source : france3-regions.franceinfo.fr