Nathalie Hébert est la nouvelle lieutenante de la gendarmerie de Pont-Audemer
Après plusieurs années passées dans le Calvados en tant que sous-officier, Nathalie Hébert a pris ses fonctions de lieutenante il y a peine un mois à Pont-Audemer (Eure).
Nathalie Hébert occupe depuis le 1er août, le poste de Commandant de Communauté de Brigades de Pont-Audemer (Eure). C’est la première affectation pour cette femme en tant qu’officier. Et de mémoire, elle assure que c’est la première fois qu’une femme est à ce poste à la gendarmerie de Pont-Audemer.
Âgée de 33 ans
Cette femme vigoureuse de 33 ans, née à Coutances en Basse-Normandie, fille d’un surveillant pénitentiaire, a derrière elle un parcours complet. D’abord factrice et guichetière après l’obtention de son baccalauréat général, elle se tourne vers les métiers de la gendarmerie. Elle révèle, sourire en coin :
J’avais envie de devenir criminologue profiler au départ.
Une fois le concours de sous-officier obtenu en 2007, elle est affectée dans le Calvados dans deux unités différentes entre 2008 et 2016, à Falaise et à Caen. L’expérience de sous-officier au corps, elle passe en interne le concours d’École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) basée à Melun. De 2016 à 2018, la jeune promue apprend le métier d’officier. Dans sa promotion (la 123e), il n’y a que 17 femmes sur les 130 élèves.
La première année de formation « où on découvre ses limites », très militaire, ne l’a pour autant pas incitée à relâcher ses efforts malgré les heures de sport, d’entraînement, de techniques de maîtrise de combat et des marches en pleine nuit… Désormais à la gendarmerie de Pont-Audemer, elle est en charge de l’organisation du service, du commandement de dispositifs sur le terrain ou encore de l’exécution d’arbitrages…
Intransigeante mais accessible
La nouvelle lieutenante de la compagnie de gendarmerie de Pont-Audemer a l’habitude de nommer ses collègues « mes gars. » Cet esprit, très fraternel, elle le cultive au quotidien, affirmant même :
Je nous vois comme une troupe.
Ce qui ne l’empêche pas d’être rigoureuse dans ses fonctions :
Je suis intransigeante mais aussi accessible.
Les femmes en gendarmerie
Le regard franc, Nathalie Hébert précise préférer l’appellation de lieutenant, et non de lieutenante. Elle considère qu’hommes et femmes sont au même niveau, ce qui lui fait dire :
Les femmes [de la gendarmerie] ont toutes un caractère assez fort dans ce milieu masculin. Il ne faut pas attendre qu’on s’élève.
Elle cite d’ailleurs une référence : Isabelle Guion de Méritens, première femme à accéder au grade de général de la Gendarmerie.
Même si l’égalité parfaite n’est pas encore d’actualité, elle affirme que le processus de démocratisation est déjà enclenché : « On est sur la bonne voie. » Elle prend des cas multiples. Jusqu’à 2016, les femmes ne pouvaient faire partie des escadrons de gendarmerie mobile (spécialisée dans le maintien de l’ordre public). Et seulement depuis peu, les femmes peuvent porter des pantalons lors des cérémonies. La jupe était auparavant de rigueur.
Reste que depuis son arrivée, Nathalie Hébert se plaît à Pont-Audemer. Les espaces boisés sont parfaitement adaptés à sa pratique de la course à pied. Nathalie Hébert restera quatre ans au sein de la brigade avant d’être mutée dans un autre secteur, comme d’autres de ses collègues. Et elle l’espère, en Normandie.
Manon Leterq
