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Gendarmerie : rencontre avec Émilienne Jean, veuve de l’arme et centenaire

Femme et mère de gendarme, Émilienne Jean, qui aura 101 ans le 2 mai 2023, a reçu les honneurs de la compagnie de gendarmerie des Andelys (Eure). 

Chauvincourt veuve de gendarme centenaire
Émilienne Jean aux côtés du chef d’escadron Morin, de l’adjudante-cheffe Guiraud et de son fils Philippe. ©L’Impartial

Par Guillaume Voisenet

Publié le 19 Fév 23 à 7:46 

Lorsque l’on fait partie de la famille de la gendarmerie, c’est pour la vie. Ce n’est pas Émilienne Jean, veuve de l’arme, qui dira le contraire.

Depuis 1961 et le décès brutal de son mari Raymond, passé par la gendarmerie maritime, la gendarmerie de l’air et la gendarmerie nationale, celle qui a fêté ses 100 ans le 2 mai 2022 a été récemment mise à l’honneur.

Jeudi 26 janvier 2023, Émilienne Jean a reçu la visite de l’adjudante-cheffe Guiraud qui dirige la brigade de gendarmerie d’Étrépagny et du chef d’escadron Adrien Morin, commandant de la compagnie de gendarmerie des Andelys au domicile de son fils Philippe, lui-même ancien gendarme.

Avant de remettre un cadeau à Émilienne Jean, le commandant Morin a expliqué les raisons de leur présence à ses côtés.

« Il est important pour nous d’honorer nos anciens et leurs familles. Ce n’est pas parce que le gendarme est disparu que le lien est coupé. Nous sommes là pour représenter le général Gauffeny, le commandant de région, qui vous remercie d’avoir été l’épouse et la mère d’un gendarme ».

Aide-soignante puis ouvrière qualifiée

À bientôt 101 ans, Émilienne Jean, toujours très coquette, est encore très alerte et a encore toute sa tête. Son fils souligne : 

« Elle vit avec nous pendant les quatre mois d’hiver et elle passe le reste de l’année du côté de Dieppe, où nous avons une maison. Jusqu’à présent, elle n’avait aucune aide, elle prépare ses repas elle-même. Elle a arrêté de conduire d’elle-même à 92 ans. Ma mère au volant c’était Fangio ».

La centenaire a élevé seule ses deux enfants, ce qui l’a conduit à occuper différents emplois. Native d’Étampes (Essonne), très jeune elle a été envoyée dans une maison bourgeoise à Paris.

En 1940, elle est revenue dans sa ville natale comme aide-soignante à l’hôpital. C’est là qu’elle a rencontré celui qui deviendra en 1947 son mari.

Après la guerre, Émilienne est remontée à Paris pour faire de la couture à Levallois-Perret. Puis il y a eu l’usine Gringoire qui fabriquait des biscottes, des biscuits et des confiseries.

À son arrivée à Osny, elle a travaillé chez Gervais Danone. Après un passage dans un laboratoire pharmaceutique, Émilienne a terminé sa carrière comme contrôleuse au sein de l’entreprise AMP de France avec laquelle elle a participé à la fabrication du Concorde. Clin d’œil de l’histoire, en 2000 son fils était dépêché sur le crash du Concorde à Gonesse.

Une retraite active

Elle a profité d’un départ à la retraite anticipé pour partir à 60 ans. Émilienne a fréquenté les associations d’Osny, elle est montée sur les planches pour faire des soirées cabaret.

Avec un groupe d’anciens, ils ont fait la reconstitution de la Révolution de 1789 au château de Grouchy, elle a interprété Nana Mouskouri. Sans oublier les voyages.

Qui ne rêverait pas d’être comme la pétillante Émilienne Jean à 100 ans ? 

Source : actu.fr

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