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Le - Dans les Hautes-Alpes, la gendarmerie de Serres porte désormais le nom de Marius Meyère

Dans les Hautes-Alpes, la gendarmerie de Serres porte désormais le nom de Marius Meyère

Par Jean-Marie Delmaëre

Publié le 18/08/26 à 09:25

Le nom de Marius Meyère a été donné à la gendarmerie de Serres en hommage à ce résistant du Maquis Morvan tué par les Allemands.

Le nom de Marius Meyère a été donné à la gendarmerie de Serres en hommage à ce résistant du Maquis Morvan tué par les Allemands.

/ PHOTO J.-M.D.

Tué par les Allemands en transportant le chef des Forces françaises de l’intérieur des Hautes-Alpes pendant la Seconde Guerre mondiale, un gendarme né à Peipin a désormais son nom associé à la gendarmerie de Serres.

Une émouvante cérémonie s’est tenue à l’entrée de la gendarmerie de Serres, dans les Hautes-Alpes, dimanche 9 août. La Gendarmerie nationale a décidé de donner le nom de Marius Meyère à la brigade de Serres, rendant hommage à l’un des siens dont le destin s’est tragiquement mêlé à celui de la Résistance, quelques jours avant la Libération des Hautes-Alpes.

Les responsables de la gendarmerie, le maire de Serres Daniel Rouit et d’autres personnalités étaient réunis autour des enfants et petits-enfants de Marius Meyère, ainsi que de nombreux représentants de la Résistance, dont Norbert Illy, président de l’association du Maquis Morvan auquel appartenait le gendarme Meyère.

Des documents confidentiels

Né à Peipin en avril 1910, Marius Meyère, gendarme à Savournon, est, en ce 8 août 1944, membre de la résistance au sein du Maquis Morvan. Le 8 août 1944 au matin, il répond à la demande de Paul Héraud, alias le commandant Dumont, chef adjoint des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) des Hautes-Alpes de l’amener à Gap sur sa moto.

Il transporte des documents confidentiels sur le futur débarquement de Provence. Ils prennent la route de Neffes, du côté de Tallard, mais se retrouvent face à un barrage de huit camions allemands. Meyère présente ses papiers alors qu’un soldat allemand exige de fouiller Paul Héraud, au motif qu’il est anormal qu’un gendarme transporte un civil. Paul Héraud bouscule l’Allemand et s’enfuit à travers les arbres tandis qu’une vingtaine de coups de feu sont tirés dans sa direction. Les Allemands abattent Marius Meyère et jettent son corps dans le fossé.

La traque des Allemands

Les mitrailleuses allemandes vont tirer pendant près d’une heure et demie, les soldats allemands croyant à une attaque des résistants. Grièvement atteint, Paul Héraud, traqué, tente de rejoindre une maison abandonnée, emportant avec lui les fameux documents secrets qu’il a déchirés en minuscules morceaux pour éviter qu’ils ne tombent aux mains de l’ennemi. Alors qu’il traverse un champ, trois soldats allemands ouvrent le feu.

Mortellement atteint au flanc, Paul Héraud parvient dans un dernier geste à jeter au loin les fragments de documents qu’il tenait encore. Il meurt à quelques centaines de mètres de l’endroit où Marius Meyère a été tué. Quatre-vingt-deux ans ans plus tard, en donnant le nom de Marius Meyère à la gendarmerie de Serres, la Gendarmerie nationale perpétue le souvenir d’un homme qui, au péril de sa vie, a accompli sa mission jusqu’au bout.

Source : www.laprovence.com