Seine-et-Marne : cette brigade de gendarmerie choisie pour tester une borne de recharge à induction
La technologie est novatrice. Il s’agit de recharger un véhicule… sans câble. Le ministère de l’Intérieur y croit et la brigade de gendarmerie d’Esbly est la première à la tester

Par Julia Gualtieri
Publié le 19 juil. 2025 à 14h46
La brigade de gendarmerie d’Esbly (Seine-et-Marne) est la première à tester un dispositif qui pourrait être déployé dans toutes les unités en France. Depuis un mois, elle dispose d’une borne de recharge électrique… à induction ! Jeudi 17 juillet 2025, cette toute première installation a été inaugurée en grande pompe.
Anticiper la transition
Pour les créateurs de la société Up&Charge, ce type de borne incarne, bien sûr, l’avenir. Et visiblement, ils ont séduit le lieutenant Paul Brandenburger, chef de section en charge de la gestion des véhicules du ministère de l’Intérieur et le colonel Laurent Langelier, adjoint du sous-directeur de l’innovation et de la prescription et chef du bureau de l’innovation et de la prescription. Le Fond Innov’achat de la DEPAFI (Direction de l’évaluation de la performance, de l’achat, des finances et de l’immobilier) a suivi, en allouant une enveloppe, et voilà la toute première borne mise à l’essai à Esbly.

« Nous avons sollicité les gendarmeries d’Île-de-France et on a eu une réponse ici », explique Paul Brandenburger. Au sein de la brigade, le lieutenant Joly enchaîne : « Il va falloir opérer une transition vers l’électrique d’ici 2035. Autant être proactifs et se mettre à la pointe », sourit-il en précisant que les véhicules hybrides et électriques ont l’avantage très apprécié d’être… silencieux. « On gagne en discrétion. »
Des bornes sans câble
L’installation de cette borne n’est pas une lubie, défendent les acteurs. Elle répond à un constat :Vidéos : en ce moment sur Actu
Au sein de la gendarmerie, il y a 1 500 véhicules hybrides. Or, la plupart du temps, ils ne sont pas rechargés et ils surconsomment. On perd tout l’intérêt.
Lieutenant Paul Brandenburger
Missionné pour trouver une solution, il a découvert lors d’un salon la jeune start-up française Up&Charge qui propose des bornes sans fil. « On enlève toute la complexité de la recharge », salue le lieutenant.
« Il n’y a pas de câble, pas de branchement, on simplifie les usages », résume Anthony Plais, directeur des opérations de l’entreprise.
Aux côtés du directeur général Martin Champenois et du directeur technique Guy Flaquière, il lance la démonstration. La 3008 qui a été équipée d’un kit s’avance et se gare juste au-dessus de la borne, une plaque épaisse de quelques centimètres, fixée au sol. Ensuite, il suffit d’appuyer sur un bouton, et le chargement démarre dans les 30 secondes. « Là, on recharge en 1 h 30 et d’ici à 2026 on espère passer de 24 à 50 kW DC », poursuivent les fondateurs. « C’est beaucoup plus rapide », confirme le lieutenant Joly. Jusque-là, la charge était à 3,7 kW DC.

« On est dans le ministère de l’urgence »
Mais est-ce si contraignant de devoir simplement brancher la voiture ? « Ce n’est pas anodin, assure le lieutenant Paul Brandenburger. Les équipages sont dans la réaction, on est dans le ministère de l’urgence. »
L’absence de câble n’est par ailleurs pas le seul avantage de ces bornes, souligne l’équipe de la start-up.
C’est un dispositif robuste, facile à installer et facile à enlever. Il n’y a pas de câble, donc moins de déchets, moins de cuivre et ça charge mieux. On est autour de 11 à 30 de pertes en moins.
Anthony Plais
Autre point mis en avant : le prix. S’il faut compter entre 500 et 600 € pour équiper la voiture et 4 500 € pour la borne, Anthony Plais commente : « Pour vous donner une idée, une borne classique coûte 15 000 €»
S’il est testé avec les véhicules hybrides de la gendarmerie, le système par induction de Up&Charge est encore plus performant avec les voitures 100 % électriques. « On va y passer, mais en attendant, cette solution nous permet d’accompagner notre transition », explique le colonnel Laurent Langelier qui rappelle que la gendarmerie opérant dans des territoires souvent ruraux, l’enjeu de l’autonomie est capital.
Mais même en territoire périurbain comme à Esbly, les trajets sont conséquents. Un véhicule tourne en moyenne 18 h par jour.
Les distances sont réduites, mais on fait beaucoup de petits déplacements. Justement, on est souvent amené à rentrer, puis repartir, à brancher, débrancher… Lieutenant Joly
Tous ces trajets sont autant de fois où il fallait brancher le véhicule. Appuyer sur un bouton est-il plus simple ? « En réalité, on aimerait un système de détection qui déclenche une charge automatique », glisse le lieutenant. « C’est tout le but de l’essai, faire des retours et améliorer le dispositif. » Si ce dernier est concluant, les bornes pourraient être déployées à grande échelle. Le déploiement n’est pas prévu pour le moment, mais tous les acteurs sont confiants. À suivre !
Source : actu.fr