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Le - Comment la gendarmerie contrôle les ostréiculteurs pour éviter les vols d’huîtres avant Noël

« On va prendre vos identités s’il vous plaît » : comment la gendarmerie contrôle les ostréiculteurs pour éviter les vols d’huîtres avant Noël

Une brigade de la gendarmerie maritime de Sète en patrouille sur l'étang de Thau pour contrôler les ostréiculteurs, vendredi 19 décembre 2025.

Une brigade de la gendarmerie maritime de Sète en patrouille sur l’étang de Thau pour contrôler les ostréiculteurs, vendredi 19 décembre 2025. • © FTV / Nicolas Chatail

Écrit par Agnès Raimbault

Publié le 20/12/2025 à 18h05

Avant les fêtes de fin d’année, les ostréiculteurs subissent souvent des vols d’huîtres, venant parfois d’autres professionnels du métier. Pour les éviter, la gendarmerie opère des contrôles quotidiens pour vérifier que chacun respecte son périmètre d’activité. Reportage à bord d’un Zodiac de la gendarmerie maritime de Sète, lors d’une patrouille.

« Bonjour, gendarmerie maritime de Sète ! », lance l’adjudant-chef Bruno. « On est là pour la surveillance, on va prendre vos identités s’il vous plaît. »

À bord de leur Zodiac, sur l’étang de Thau, ces gendarmes vont à la rencontre des ostréiculteurs quasiment tous les jours. En cette période de fin d’année, ils s’assurent que chaque professionnel travaille bien sur le parc qui lui appartient.

Des vols fréquents avant Noël

S’ils contrôlent autant, c’est parce qu’à la période des fêtes, les vols peuvent être plus fréquents.

Début décembre, Frédéric et Giovanni Jean, père et fils ostréiculteurs, en ont fait les frais. Il se sont fait voler 500 kilos d’huîtres sur leur parc.

« C’est beaucoup de travail, on met pas mal de temps à le faire et c’est un peu compliqué à cette période », soupire Giovanni dans un demi-sourire. « Surtout que c’est 500 kilos, c’est pas petit, donc ça vous ennuie un peu. »

Giovanni Jean et son père Frédéric se sont fait voler 500 kilos d'huîtres, soit environ 2000 euros de production.

Un préjudice estimé à environ 2000 euros, « pas négligeable » pour cette entreprise familiale. D’autant que la période est cruciale : « l’argent de Noël permet de ré-ensemencer pour toute l’année d’après », précise Frédéric Jean.

Des contrôles efficaces

Les gendarmes sont en général bien reçus par les producteurs d’huîtres.

« Merci pour votre présence », salue l’un d’eux. « C’est très bien, ça dissuade », souligne une ostréicultrice. « Je pense que c’est pour ça qu’on a de moins en moins de vols c’est très dissuasif. »

Les contrôles de la gendarmerie maritime de Sète sont quasi quotidiens.

Les vols ont en effet diminué, passant de 5 en 2022 à seulement 2 en 2024 sur l’archipel de Thau, qui assure 10 % de la production d’huîtres françaises.

Vols entre professionnels

« Il y a quelques ostréiculteurs qui sont moins coopératifs », nuance toutefois l’adjudant Sébastien, de la brigade de gendarmerie maritime de Sète.

Souvent, les vols arrivent en réalité entre professionnels, explique-t-il. « Un qui a eu une mauvaise récolte peut se servir sur la table de ses concurrents pour compléter la production. »

Une fois les contrôles effectués, les gendarmes rallument le moteur de leur Zodiac, demi-tour vers la terre ferme. « On risque de se re-croiser encore jusqu’à Noël ! », préviennent-ils toutefois.

La surveillance sur terre comme en mer est renforcée jusqu’au 31 décembre.

Écrit avec Camille Thomaso.

Source : france3-regions.franceinfo.fr