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Le - De nouvelles recrues composent les groupes d’investigation cynophile de gendarmerie

« Le chien est capable de détecter du matériel là où la technologie a ses limites » : de nouvelles recrues composent les groupes d’investigation cynophile de gendarmerie

Valkyrie, est une chienne du groupe d’investigation cynophile de Saint-Quentin, capable de détecter des composants électroniques.

Valkyrie, est une chienne du groupe d’investigation cynophile de Saint-Quentin, capable de détecter des composants électroniques. • © Franck Levasseur / France Télévisions

Guillaume Gorgeu

Publié le 04/04/2026 à 17h53

Depuis deux ans, des chiens de gendarmerie sont entraînés à repérer les composants électroniques présents par exemple dans les cartes SD, dans le cadre d’affaires de cryptomonnaie ou de pédocriminalité. Valkyrie est l’une d’entre eux arrivée dans le groupe d’investigation cynophile de la gendarmerie de Saint-Quentin.

Les chiens de gendarmerie, formés à retrouver des composés électroniques. Ce vendredi 3 avril 2026, Valkyrie, une chienne du groupe d’investigation cynophile de Saint-Quentin, commence son entraînement quotidien. Ce malinois d’un an et demi scrute les moindres recoins d’un grenier recomposé pour l’occasion.

Il ne lui faut pas longtemps pour détecter un objet dissimulé grâce à la présence d’un métal utilisé dans la plupart des objets électroniques.

Le maître de chien Anthony, avec qui elle fait équipe, explique : « nos chiens sont créancés sur le tentalium. C’est un métal rare, une terre rare qu’on va retrouver dans certains composants du support de données. C’est l’odeur cible de nos chiens. » Il a commencé à faire équipe au mois de septembre 2025, à l’occasion du début d’un stage de formation de 14 semaines.

Des chiens capables de « détecter du matériel froid »

Ces derniers viennent en complément des appareils électroniques pouvant seulement détecter des objets émettant des ondes. « Le chien est capable de détecter du matériel qu’on dit froid, type clé USB par exemple, et qui n’émet pas d’onde. Là où la technologie a ses limites.« 

Pédopornographie, criminalité organisée : le spectre d’intervention est large. « Les missions arrivent de plus en plus, parce que la communication sur ces cinq chiens arrive de plus en plus. Les services d’enquête savent que c’est un savoir-faire qui existe. Donc les sollicitations montent en flèche […] Généralement, il y a une perquisition manuelle avant le passage du chien. Et comme ça, le chien va se concentrer réellement sur ce qu’il y a de dissimulé. C’est vraiment une complémentarité avec les services d’enquête.« 

Comme Valkyrie, cinq chiens sont actuellement opérationnels sur le territoire national pour détecter les composés électriques.

La « chaîne cyno » de la gendarmerie s’est lancée dans cette technique, déjà utilisée aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe, au début de l’année 2023. Sur le territoire national, cinq chiens comme Valkyrie sont opérationnels à ce jour. Ils ont été formés dans le Lot, au Centre national d’instruction cynophile. Plusieurs mois sont nécessaires pour habituer ces chiens à la détection de supports électroniques. Et même une fois en brigade, les entraînements restent quotidiens.

L’objectif de 13 chiens formés

« On essaye de se rapprocher au maximum du réel sur les entraînements. Le but du jeu, c’est de leur faire découvrir le maximum de choses. » Quand la chienne détecte quelque chose, on peut voir « le changement d’intérêt« , fait remarquer le Anthony. C’est pourquoi l’objectif est « d’être ultra méticuleux« . Dans l’exercice effectué, Valkyrie vient de trouver une nano SIM dissimulée dans le tube.

Face à la multiplication des affaires en lien avec le numérique, la présence de ces truffes expertes dans les brigades devrait s’étendre. L’objectif est de former 13 chiens afin que chaque grande région de France en ait un dans ses équipes.

Avec Maxime Lahuppe / FTV

Source : france3-regions.franceinfo.fr