Incendie à Crans-Montana : la gendarmerie nationale prête à « déployer une équipe » en Suisse pour aider à l’identification des corps
Les experts vont « focaliser bien davantage sur la partie dentaire et la partie génétique », car « il est rare de pouvoir trouver des empreintes digitales exploitables », explique le directeur adjoint de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, interrogé par franceinfo.
Publié le 02/01/2026 14:04
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L’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) se dit prêt à envoyer une équipe en Suisse pour aider à l’identification des victimes de l’incendie qui a fait au moins une quarantaine de morts et 115 blessés dans un bar de la station de Crans-Montana. « La proposition qui a été faite, c’est de pouvoir déployer une équipe qui sera constituée d’un médecin légiste, d’un dentiste et d’experts en empreintes digitales et génétiques, qui vont pouvoir faire ce travail de prélèvements sur les corps », détaille au micro de franceinfo vendredi 2 janvier Laurent Chartier, directeur adjoint de l’IRCGN. « L’identification des victimes va prendre plusieurs jours », ont prévenu les autorités suisses.
Selon Laurent Chartier, étant donné les circonstances de l’incendie, les experts vont « focaliser bien davantage sur la partie dentaire et la partie génétique », car « il est rare de pouvoir trouver des empreintes digitales exploitables » dans ce cas précis. « On parle d’un incendie qui a été extrêmement dense et violent, dans un espace confiné », explique le directeur adjoint de l’IRCGN.
« Le travail se fait en deux temps. Il y a d’abord le travail de relevage des corps qui se fait de façon très minutieuse sur le site en lui-même. Le second travail se fait dans une structure médico-légale, dans une salle de médecine légale, pour faire un travail minutieux d’examen autour de chaque corps, l’un après l’autre », raconte Laurent Chartier. Les experts vont rechercher « tout élément qui peut être identifiant » comme « une partie de peau qui ne serait pas abîmée sur laquelle il pourrait y avoir un tatouage » ou alors « un examen interne du corps, des prothèses ou un élément qui nous permettrait d’identifier formellement la victime. »
« Le nombre de victimes n’est peut-être pas tout à fait arrêté »
Il compare la catastrophe de Crans-Montana avec celle de l’incendie du tunnel du Mont-Blanc en 1999 qui avait alors fait 39 morts. « On a des corps qui risquent d’être extrêmement dégradés donc avec quasiment aucune chance de retrouver des empreintes digitales » et même selon lui « peu de chance de trouver une partie d’ADN exploitable, explique Laurent Chartier. Ce nombre de victimes imposera un certain nombre de jours pour procéder à ces identifications. On a besoin d’avoir des éléments totalement confirmés. Il y a donc aussi le temps du prélèvement qui doit être réalisé auprès des proches, puis celui du rapprochement des données ante mortem et post mortem ». « Pour la comparaison génétique, il faut absolument trouver un proche qui est soit un parent direct soit un frère ou une sœur », précise le directeur adjoint de l’IRCGN. Selon lui, « le nombre de victimes n’est peut-être pas tout à fait arrêté » tant que « la liste précise des victimes » n’est pas connue.
D’après Laurent Chartier, il est possible qu’une ou plusieurs victimes ne puissent pas être formellement identifiées. « Si on n’a aucun proche ou aucune famille qui se manifeste, on peut imaginer avoir parmi le nombre de victimes décédées un corps qui ne sera pas identifié. On peut recueillir son ADN, ses données dentaires, mais si on n’a pas d’identité à mettre en face, on peut rester avec un corps non identifié à la fin d’une catastrophe ».
Source : www.franceinfo.fr