Incendies : la Gendarmerie nationale lance l’opération Nemus dans les zones les plus exposées
- Par la rédaction du site Gendinfo
- Publié le 14 août 2026
Face aux incendies d’une ampleur inédite qui ont ravagé le sud et le sud-ouest de la France depuis le début de l’été, la Gendarmerie nationale a déployé, à compter du 6 août 2026, un dispositif renforcé dans les massifs forestiers les plus à risque. Baptisée « Nemus », l’opération a pour objectif de réduire le nombre de départs de feu d’origine humaine, détecter les comportements à risque, protéger les personnes et les biens, interpeller rapidement les auteurs et appuyer les services de secours.
Depuis le début de la saison 2026, 257 départs de feu de grande ampleur ont été enregistrés en France, soit plus de 75 000 hectares parcourus par les flammes. Sécheresse structurelle, canicule, afflux touristique estival, proximité habitats/forêts, risque industriel ou comportements humains à risque sont autant de facteurs aggravants ayant favorisé les départs de feu dans les massifs du sud et du sud-ouest du pays.
La Zone de défense et de sécurité (ZDS) sud-ouest concentre à elle seule 63 % des surfaces brûlées pour seulement 20 % des incendies recensés au niveau national. Un chiffre qui s’explique par l’incendie dévastateur de Saumos (33), ayant détruit plus de 42 000 hectares.
Massivement engagés dès les premières heures aux côtés des sapeurs-pompiers et des autres services de l’État, les gendarmes ont œuvré sans relâche à la mise en sécurité des habitants, à la sécurisation des zones sinistrées et à la fluidification des axes pour permettre le passage des secours.
Depuis le début de l’été, les forces de sécurité intérieure ont procédé à l’interpellation de 474 personnes, dont 183 mineurs, en lien avec les incendies, sur l’ensemble du territoire national.
Une opération inédite
Face au risque du retour des grands feux, qui demeure très élevé, la Gendarmerie nationale a activé un dispositif renforcé. Nommé « Opération Nemus », ou « forêt sacrée » en latin, ce dispositif est opérationnel depuis le jeudi 6 août 2026. Il se compose notamment de gendarmes mobiles prépositionnés dans les massifs forestiers les plus exposés.
Ainsi répartis sur des zones ciblées, grâce à une réelle synergie avec les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), principalement dans le sud et le sud-ouest du pays, quelque 300 gendarmes sont spécialement affectés à cette manœuvre inédite. Ces derniers ont pour mission d’assurer une présence préventive et dissuasive, patrouillant à pied, en VTT ou à cheval, avec l’appui de moyens aériens (hélicoptère, drones équipés de caméras thermiques…), afin de réduire le risque de départs de feux d’origine humaine. Ils procèdent également au contrôle des accès visés par des arrêtés préfectoraux aux points d’entrée des massifs, diffusant des messages de prévention et verbalisant les comportements imprudents. Ils détectent et signalent les départs de feu, et interviennent rapidement en renfort des premiers secours. Ces gendarmes interpellent les auteurs d’incendies volontaires et involontaires. Ils garantissent l’accès des secours et fluidifient si nécessaire l’évacuation des populations, au moyen d’opérations de contrôle des flux. Ils sécurisent également les secteurs évacués en cas de sinistre avéré pour lutter contre le risque de pillage.
Susceptible d’évoluer en fonction du risque identifié, le dispositif Nemus compte au total cinq Escadrons de gendarmerie mobile (EGM), dont deux sont affectés dans le sud-ouest, dans les départements de la Gironde (33), des Landes (40) et du Lot-et-Garonne (47), et trois dans le sud, dans les départements de l’Aude (11), des Pyrénées-Orientales (66), des Bouches-du-Rhône (13) et du Var (83). Ils sont notamment appuyés dans leur action par les Escadrons départementaux de contrôle des flux (EDCF) équipés de véhicules tout terrain, ainsi que par des télépilotes de drones des unités de gendarmerie mobile qui en sont dotées. Ils bénéficient en outre du concours poste à cheval permanent de Biscarrosse, dans les Landes.
L’opération Nemus s’inscrit dans une manœuvre bien plus large de lutte contre les incendies, armée par d’autres gendarmes mobiles et départementaux, ainsi que par des réservistes.
Une mobilisation déterminante
En région de gendarmerie Nouvelle-Aquitaine, la plus touchée par les feux, un solide dispositif de prévention feux de forêt a été initié dès septembre 2022. Il s’appuie sur quatre Pelotons vigilance feux (PVF), exclusivement composés de réservistes déployés en Gironde, dans les Landes, dans le Lot-et-Garonne et en Dordogne. Lors des incendies ayant touché le sud-ouest cet été, des Compagnies de marche (CdM) ont également été déployées par les Groupements de gendarmerie départementale (GGD) de Gironde et des Landes, soit 115 personnels engagés au total.
Un peloton du GGD 40, armé par 30 personnels, est également intervenu en renfort les 25 et 26 juillet.
Au total, 560 réservistes ont été engagés durant les incendies de l’été 2026 en région Nouvelle-Aquitaine. À ce jour, 130 restent mobilisés.
Au-delà du dispositif « Nemus », quinze Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) en moyenne – soit 1 079 militaires – ont été engagés chaque jour sur les zones incendiées, entre le 27 juillet et le 5 août. Ils ont bénéficié de l’appui d’un détachement blindé composé de dix Véhicules d’intervention polyvalent de la gendarmerie (VIPG).
« L’action de la gendarmerie s’avère particulièrement pertinente dans le cadre de la reprise des feux. Nous menons un contrôle de zone offensif et permanent sur nos trois compagnies, nous permettant de détecter et d’intervenir rapidement pour circonscrire au plus vite les reprises ou départs de feux naissants, a déclaré le colonel Philippe Wingler, commandant du Groupement tactique de gendarmerie (GTG) pour la manœuvre globale. Notre action est cruciale afin d’éviter un nouvel embrasement de la zone. Jusqu’à présent, les opérations conduites par nos personnels ont permis de contenir de nombreuses reprises de feu, soit pas moins de 178. Elles évitent aussi que ces reprises ne prennent une ampleur plus importante. »
Tandis qu’un nouvel incendie s’est déclaré dans la forêt des Landes ce jeudi 13 août, ayant nécessité l’évacuation de 400 personnes, l’action des gendarmes au cœur des zones sinistrées et à haut risque demeure déterminante.







Source : www.gendarmerie.interieur.gouv.fr