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Le - Le Girondin qui avait fauché un gendarme à Pugnac condamné

« Il prend 15 ans, j’ai pris perpétuité » : le Girondin qui avait fauché un gendarme à Pugnac condamné

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L’homme a été jugé pendant deux jours devant la cour criminelle de la Gironde. © Radio France – Alice Marot

Diffusé le jeudi 25 septembre 2025 à 6:31

Publié le jeudi 25 septembre 2025 à 6:31

Un homme de 24 ans a été condamné, ce mercredi 24 septembre, à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir grièvement blessé un gendarme lors d’un refus d’obtempérer en 2022 à Pugnac.

Un Girondin de 24 ans condamné ce mercredi 24 septembre à 15 ans de réclusion par la cour criminelle de la Gironde pour avoir percuté, en octobre 2022 à Pugnac, un gendarme qui tentait de le contrôler. Le jeune homme, âgé de 21 ans à l’époque, roulait en BMW, sans permis et sous l’emprise de cannabis, et a pris la fuite après le choc. Le gendarme percuté a été grièvement blessé. Âgé aujourd’hui de 51 ans, il est désormais paraplégique, en fauteuil roulant.

« Un acte stupide »

Tout au long de l’audience et de l’instruction, Jordan, le jeune conducteur, a tenu la même version : il a voulu échapper au contrôle de gendarmerie, mais n’a jamais voulu percuter le gendarme. « C’est un acte involontaire stupide« , finit par lâcher le jeune homme, cheveux longs tirés en queue de cheval, droit dans son survêtement blanc.

Jordan n’a qu’une passion, qui frise l’obsession, c’est la mécanique automobile. Dans le village de Gauriaguet, où le garçon sans emploi vit avec ses parents, les voisins le connaissent bien. Ils le décrivent comme un « fou furieux » du volant, comme « le jeune qui sème la terreur au volant de sa BMW« .

Il a déjà été condamné trois fois pour conduite sans permis, conduite dangereuse et conduite sous l’emprise de stupéfiants. Une peine de quatre mois de prison avec sursis est déjà suspendue au-dessus de sa tête, avant même ce soir d’octobre 2021 quand, après avoir fumé un joint, il part rejoindre des amis au volant de sa BMW verte et croise un contrôle de gendarmerie.

« Quatre mois contre une vie »

« Je n’ai pas voulu m’arrêter, je serais allé en prison, mais j’ai jamais voulu mettre le gendarme en danger, j’ai voulu l’éviter« , explique-t-il devant la présidente, en précisant qu’il a voulu contourner l’agent par la gauche en pensant que ce dernier, debout sur la route pour lui sommer de s’arrêter, avançait vers la droite.

« C’est invraisemblable qu’il ait voulu l’éviter en le contournant à contre-sens de circulation« , relève l’avocate des parties civiles, pointant que le jeune homme a fait un choix : « Quatre mois de prison contre une vie. » « Mais il est impossible de savoir si ça a été volontaire ou pas, c’est un drame qu’il n’a pas vu venir« , raisonne l’avocat de la défense.

« Même s’il n’a pas voulu le percuter, ça ne le rend pas moins condamnable« , avance de son côté l’avocat général, qui met en avant « un détachement et une forme d’arrogance » chez le jeune conducteur, avant de requérir la peine maximale pour ces violences sur agent dépositaire de l’autorité publique avec délit de fuite, soit 15 ans de réclusion.

Un gendarme « détruit »

Au premier rang, dans son fauteuil roulant, Mickaël, le gendarme, écoute les débats tête baissée. « Les conséquences sont terribles, c’est un cataclysme, un tsunami« , confie-t-il, racontant la douleur présente au quotidien, l’impossibilité d’envisager son futur. Il doit faire une croix sur ce qu’il était : un grand sportif, passionné de randonnée, qui venait de gravir le Kilimandjaro et s’était pacsé avec sa compagne à la veille du drame.

Ce procès ne l’aidera pas à se reconstruire : « Pour moi, ça ne changera rien. Il prend 15 ans, j’ai pris perpétuité, je suis détruit, anéanti par ce drame« , raconte l’homme qui a tenu à se présenter en tenue de gendarme devant la cour. Il espère simplement que son histoire servira d’exemple pour sensibiliser sur la gravité des refus d’obtempérer. « Je ne sais pas si c’est la solution, mais il faut que la peur change de camp, il faut restaurer un peu cette peur du gendarme« , défend-il.

Ses collègues gendarmes venus pour le soutenir rappellent la banalité de ces refus d’obtempérer : cet été, deux gendarmes ont été blessés dans la région, l’un au Teich en juillet, l’autre au péage de Sames dans le Pays Basque à la fin du mois d’août.

Source : www.francebleu.fr