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Les conseils de la gendarmerie contre les vols sur les exploitations agricoles

 MIS EN LIGNE LE 29/01/2021 À 19:00 

MAXIME MASCOLI COLIGNY , VAL-DES-MARAIS (MARNE) LOIS ET RÈGLEMENTS EXPLOITATIONS AGRICOLES VOL GENDARMERIE

La gendarmerie a organisé une rencontre avec des agriculteurs à Coligny, près d’Epernay, pour leur prodiguer des conseils de bon sens afin de mieux protéger leurs exploitations contre les vols. Une mise au point nécessaire tant ce fléau les touche presque tous.

Les gendarmes proposent aussi de se rendre directement sur l’exploitation pour vérifier les faiblesses de sécurité. Ils sont formés spécifiquement.
Les gendarmes proposent aussi de se rendre directement sur l’exploitation pour vérifier les faiblesses de sécurité. Ils sont formés spécifiquement.

C’est ce qui s’appelle tomber à pic. Le matin même, mercredi, où la gendarmerie de la Marne conviait une douzaine d’agriculteurs de Coligny et alentours à une rencontre pour parler sécurité, une effraction a été constatée dans un silo de la commune. Le butin était minime : quelques talkies-walkies et un peu de matériel. Mais les voleurs n’ont pas hésité à découper le grillage et forcer la porte, pourtant sous alarme, pour commettre leur forfait. Le vol (de matériel, de carburant, de champagne) est aujourd’hui très répandu dans les exploitations agricoles. D’où cette rencontre « Gend’Agri » pour rappeler quelques conseils de bon sens. Une initiative bienvenue. Voici les principaux enseignements dont beaucoup peuvent s’appliquer aussi aux particuliers.

1. Se faire alerter par SMS

La preuve que le chemin est encore long dès la première question du commandant d’escadron Laurent Quersin : « Qui ici est inscrit aux sms d’alerte ? » Silence dans la salle. Le commandant s’étrangle. « Ah oui, quand même. » Ce système né en 2014, gratuit et piloté par la Chambre d’agriculture, permet d’envoyer un sms à tous les inscrits en cas de personnes suspectes ou de vols. Il suffit tout simplement de s’inscrire en ligne ou bien de se rendre dans une gendarmerie.

2. Ne pas laisser grand ouvert

Des tracteurs laissés au beau milieu des champs toute une nuit, des hangars sans porte, c’est encore commun à la campagne. «  Il faut faire des fossés, planter des haies épineuses, conseille la major Maryline Hubert, référente sûreté du département, et faire en sorte qu’il n’y ait qu’une entrée sur le terrain. » Le mieux étant encore de tout clôturer, mais c’est coûteux. « Dans la moitié des cas, le vol a eu lieu dans un endroit non sécurisé. »

3. De la lumière

Un système simple et peu cher : installer des projecteurs qui détectent les mouvements. « Si les voisins voient de la lumière, ils vont se poser des questions », souligne la major. Et c’est d’autant plus efficace dans des exploitations isolées.

4. Installer des caméras

Si elles n’empêchent pas le vol, elles peuvent permettre de retrouver les malfaiteurs. À condition de respecter la loi. Ainsi cet agriculteur qui découvre lors de la réunion que sa caméra est hors la loi car elle filme en dehors de sa propriété. « La preuve vidéo pourrait être rejetée au tribunal. » Les pièges photographiques pour gibiers peuvent aussi servir.

5. Ne pas jouer aux justiciers

On se souvient qu’en novembre 2019, des viticulteurs de Vert-Toulon, excédés, avaient monté une milice pour faire des rondes la nuit. Une situation qui donne des sueurs froides aux gendarmes. « En cas de vol, il faut faire le 17, soutient la major Hubert. Même si c’est pour signaler des personnes suspectes. Mais ne faites pas la police vous-même, sinon la victime peut se retrouver auteur d’un délit » [comme ce fut le cas le 31 janvier 2020 à Ambrières où un agriculteur a tiré sur un voleur de carburant, NDLR]. Avec ces conseils, les gendarmes espèrent réduire la délinquance. L’effet semble immédiat. « J’y pensais depuis longtemps, mais je pense que je vais creuser un fossé », conclut un agriculteur avant de partir.

Source : abonne.lunion.fr