« Là, la baignade n’est pas conforme » : les gendarmes multiplient les contrôles pour lutter contre la hausse des noyades

Écrit par Guillaume Poisson
Publié le08/08/2025 à 11h31
Le soleil est de retour et vous aurez peut-être envie d’aller sauter dans l’eau mais prudence. C’est le message de la gendarmerie, avec la hausse des noyades depuis le début de l’été. La brigade de gendarmerie fluviale et l’Agence régionale de santé organisent des opérations de contrôle.
« Monsieur ? Là on ne sait pas où s’arrête la partie avec une profondeur d’1m80 (…) Et là la baignade est ouverte. Si j’ai des enfants je ne sais pas jusqu’où ils peuvent aller. » Contrôle inopiné à la gravière d’Erstein. Mickaël Metzger, de la brigade fluviale de gendarmerie, n’y va pas par quatre chemins. « Là le souci, c’est qu’il manque une ligne. Pour moi à cet endroit-là la baignade n’est pas conforme. » Il fera ensuite un rapport à la direction départementale de la jeunesse et des sports du Haut-Rhin, qui décidera des suites à donner au signalement.
Entre le 1er juin et le 23 juillet, 702 noyades ont eu lieu en France dont 193 suivies de décès, a annoncé Santé Publique France dans son bulletin du 1er août. Cela représente une hausse de 45% pour les décès par rapport à la même période l’an dernier.
Résultat, les autorités multiplient les contrôles, comme ce jeudi 7 août à Erstein. Même les plans d’eau aménagés peuvent présenter des risques et il y a des règles à respecter, comme délimiter clairement les zones de baignade et les niveaux de profondeur.
Un peu plus loin, l’équipe de Mickael Metzger va vérifier l’affichage…qui n’est pas non plus aux normes. « Le contrôle sanitaire n’est plus à jour, là on n’a pas les bonnes dates de baignade surveillée, ici on a un arrêté qui date de 2017, ce n’est plus à jour… » À chaque fois, l’infraction est prise en photo et rajoutée au dossier. « Les bulletins d’analyse doivent être affichés de manière visible, à proximité de la zone de baignade, et sur ce site-là l’affichage n’est pas fait de manière satisfaisante« , confirme Valérie Huber, technicienne sanitaire de l’Agence régionale de santé du Grand Est, présente aux côtés de la gendarmerie ce matin.
Attention aux baignades sauvages
Dans le Grand Est, depuis le 1er juin, 28 noyades ont eu lieu dont 12 suivies de décès, contre 21 noyades et 4 décès en 2024. Des chiffres conformes à la dynamique nationale. Les gendarmes recommandent donc la plus grande vigilance, encore plus en cas de baignades sauvages. Une équipe du Bas-Rhin s’est d’ailleurs rendue aux abords du Rhin pour faire de la prévention ce jeudi. « Vous projetez de vous baigner ici madame ? Parce qu’il faut savoir qu’il n’y a pas de contrôles, vous devez faire très attention !« , lance Stéphane Grunblatt, de la brigade fluviale de Kehl, à une dame assise sur les galets, en face du fleuve.
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Selon les gendarmes, il s’agit d’une zone assez fréquentée l’été par les baigneurs malgré le fait qu’il n’y a pas de surveillance. La proximité du parc des deux rives et la présence d’une petite plage incitent les plus courageux à faire trempette. « En surface on a l’impression qu’il n’y a pas de courant, mais le courant existe dans le fond quand même, explique Stéphane Grunblatt. Le fait de nager dans le Rhin est autorisé mais on fait quand même de la sensibilisation.«
En plus du courant, il y a un passage important de navires de plaisance ou de commerce à quelques mètres de la rive. « On leur dit d’éviter d’aller vers le chenal, où il y a du passage, et de nager plutôt sur le bord. » Mieux vaut donc ne pas se jeter à l’eau, mais privilégier l’un des vingt sites de baignade naturelle surveillée en Alsace.
Source : france3-regions.franceinfo.fr