« Elle avait froid à un pied », l’inconscience d’une randonneuse qui contacte en urgence les secours de montagne

Écrit par Christophe Neidhardt
Publié le12/11/2025 à 16h30
Dimanche 9 novembre 2025, les gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l’Ariège ont reçu un message d’urgence d’une randonneuse. Présente dans le secteur du refuge du Rulhe, au-dessus d’Aston, elle avait… froid aux pieds. Les secours ont renoncé à intervenir.
Le message d’urgence est tombé à 17 heures 30, dimanche 9 novembre 2025. Une jeune femme d’une vingtaine d’années semble en difficulté alors qu’elle randonne avec deux de ses amis dans le secteur du refuge du Rulhe, au-dessus d’Aston à près de 2.400 mètres d’altitude. Elle serait en état d’hypothermie. Les gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l’Ariège sont mis en alerte et se préparent à intervenir.
Ce message d’urgence a été envoyé par satellite depuis une zone sans réseau, par le smartphone de la randonneuse. Un dispositif, capable de prévenir automatiquement les secours en cas de chute par exemple, mais aussi quand une personne est en détresse. Bien des vies ont été sauvées grâce à ce type de message d’urgence. De plus en plus de montres connectées en sont dotées, mais aussi certains téléphones.
Pas de contact direct avec le requérant
Il indique les coordonnées GPS mais ne permet pas d’être en contact direct avec le requérant. « Le SMS d’alerte tombe sur des plateformes. Ce ne sont jamais les mêmes. Parfois elles sont situées au Canada, parfois aux États-Unis ou en Europe. Les messages nous sont ensuite transmis », explique le lieutenant Jean-Marc Galin, à la tête du PGHM et qui travaillait ce jour-là.
Problème : les secours ne sont pas en mesure de rentrer directement en contact avec les personnes qui les sollicitent. « C’est compliqué. On passe par la plateforme, on pose des questions et cette dernière renvoie des SMS via les satellites », déplore le gendarme.
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Après deux heures d’échanges via cette plateforme, les gendarmes du PGHM d’Ariège décident finalement de ne pas intervenir ce dimanche 9 novembre. Car la jeune fille qui a alerté les secours…a juste froid à un pied. On est bien loin de l’hypothermie.
« Le lendemain, je suis allé patrouiller dans le secteur où étaient les trois jeunes randonneurs et je les ai croisés alors qu’ils redescendaient. Je leur ai expliqué qu’il ne fallait pas déclencher une alerte pour ça, ils ont compris le message », raconte le lieutenant Jean-Marc Galin du PGHM d’Ariège.
Inconscience
« Le problème, c’est qu’on est de plus en plus confrontés à des personnes qui n’ont pas les codes de la montagne. Pour eux, c’est un terrain de sport. Ils n’ont pas l’équipement nécessaire et parfois ne sont pas bien renseignés sur les conditions climatiques. Si on intervient pour ce type d’alerte, on prend le risque de passer à côté d’une véritable urgence », déplore le militaire.
Une forme d’inconscience qui peut coûter cher. Rappelons qu’en France, les secours en montagne sont gratuits, ce qui n’est pas le cas en Suisse par exemple.
Source : france3-regions.franceinfo.fr