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Le - Police et gendarmerie du Vaucluse dans une cellule de renseignement anti-drogue

« On ne gagnera pas si on est pas unis » : police et gendarmerie du Vaucluse dans une cellule de renseignement anti-drogue

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Signature officielle de la CROSS 84 entre les services de l’OFAST Marseille, des douanes, la police et la gendarmerie du Vaucluse © Radio France – Marion Bernard

Marion Bernard

Publié le jeudi 26 février 2026 à 18:51

Les douanes, la police et la gendarmerie du Vaucluse ont décidé d’unir leurs forces avec l’officialisation d’une CROSS (cellule du renseignement opérationnel sur les stupéfiants). Cette unité, sous la coupe de l’OFAST Marseille, permet aux enquêteurs de muscler leur lutte contre le narcotrafic.

Dans la lutte contre le narcotrafic, les autorités du Vaucluse ont décidé de mutualiser leurs forces : une cellule dédiée au renseignement, une CROSS (cellule du renseignement opérationnel sur les stupéfiants) a été présentée officiellement au commissariat d’Avignon, composée d’un gendarme et de deux policiers. Son but : collecter et analyser toutes les infos qui remontent du département et les transmettre, sous la coupe de l’OFAST Marseille aux enquêteurs spécialisés dans les dossiers liés à la drogue.
Le CROSS permet ensuite de partager l’info entre l’OFAST (Office antistupéfiant) Marseille, les gendarmes, la police mais aussi les douanes.

« On y arrivera pas si on n’est pas unis »

Ce partage des données, tout comme le travail main dans la main entre gendarmes et policiers, ou entre départements voisins figurent de grands moyens inédits pour enrayer un fléau qui s’installe au quotidien dans la vie des vauclusiens : le narcotrafic en Vaucluse en 2025 a provoqué une trentaine de fusillades, et la mort de huit membres locaux des forces de l’ordre : quatre policiers et  quatre gendarmes. Mais depuis un an, ce sont aussi près de 300 renseignements collectés par cette toute nouvelle cellule qui mélange les deux familles et qui a permis de mieux faire circuler, dans la région et tout le territoire, les infos nécessaires aux enquêtes sur le narcotrafic.
Pour le commissaire Emmanuel Desjars, directeur départemental des services de police : « Même entre services de police, parfois c’était compliqué. Quand on ne se connaît pas, on a toujours peur que l’autre exploite des renseignements qu’on aurait pu avoir et on se garde bien de lui donner. Là, on se connaît, on partage le renseignement entre deux policiers, un gendarme et les redistribuer après à ceux qui peuvent être intéressés : la confiance s’appelle la confiance« .

La moitié des renseignements issus de signalement de la plateforme numérique

Dans ces infos qui remontent du terrain – ou de la plateforme numérique masecurité.fr – qui relaie les signalements anonymes, la Cross 84 est alors chargé du premier écrémage, puis de la vérification des faits. Les renseignements de la plateforme numérique, notamment, sont de plus en plus nombreux : ils ont représenté près de la moitié des dossiers traités par la cross du Vaucluse depuis sa création. Un outil jugé indispensable par Jean Baptiste Corti, en charge de l’OFAST Marseille, et des CROSS zone Sud Est : « Aujourd’hui, lorsque vous habitez dans une zone où il y a un point de deal, vous êtes sous pression parce qu’il y a une mainmise du territoire par les narcotrafiquants qui verrouillent, qui menacent de représailles, et les gens refusent de s’exprimer. La plateforme numérique permet aux gens de rentrer en contact n’importe quand avec un membre des forces de sécurité intérieure, et l’anonymat est garanti. Il y a aussi du renseignement qui ne vient pas de ces plateformes, qui vient du travail de terrain, des identités, des lieux, des modes opératoires, et tout ça, ça nous aide à progresser dans nos investigations« .

Source : www.francebleu.fr