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Le - Racisme au sein de la Garde républicaine 

Racisme au sein de la Garde républicaine : « Il a tenté de dénoncer et n’a pas du tout été entendu », déplore l’avocat du gendarme

Un gendarme de la Garde républicaine dénonce six années de racisme et affirme avoir récemment reçu une lettre anonyme à caractère raciste dans la boîte aux lettres de son logement de fonction.

Article rédigé par franceinfo – Marion Aquilina

Publié le 06/04/2026 13:34

Un membre de la Garde républicaine à l'Elysée, à Paris le 4 septembre 2025. (LUDOVIC MARIN / AFP)
Un membre de la Garde républicaine à l’Elysée, à Paris le 4 septembre 2025. (LUDOVIC MARIN / AFP)

La prestigieuse Garde républicaine est visée par des soupçons de racisme. Une affaire révélée par l’AFP et Mediapart : un militaire de 29 ans a porté plainte l’hiver dernier, notamment pour harcèlement moral et diffamation non publique. Une enquête est en cours. L’homme, franco-algérien, dénonce six années de racisme au sein de la gendarmerie.

Engagé depuis dix ans, dont six au sein de cette branche de la Gendarmerie nationale, il affirme avoir été confronté à des faits répétés de harcèlement raciste. Selon son avocat, Me Seydi Ba, ces agissements étaient quasi quotidiens. « On lui fait des remarques sur le fait qu’il n’a pas intérêt à tomber de fatigue pendant le ramadan, sur sa barbe qui pousse un peu trop, et il a toujours subi, fait le dos rond. Jusqu’à cet événement assez tragique », relate l’avocat.

Lettre raciste anonyme

Le 16 décembre, le militaire reçoit un courrier anonyme dans sa boîte aux lettres, sur lequel est inscrit : « Ici on est en France, on s’habille comme tel, sale bougnoule. » Il avait été aperçu en tenue traditionnelle algérienne lors d’un mariage, en dehors du service. La caserne n’étant pas ouverte aux civils, l’auteur serait, a priori, un collègue.

La gendarmerie confirme qu’une enquête est en cours et assure que les signalements sont immédiatement traités. « Mon client n’a pourtant pas été soutenu », insiste son avocat. C’est quand même quelqu’un qui a tenté de dénoncer ce racisme et qui n’a pas du tout été entendu. »

« C’est d’autant plus paradoxal qu’on reproche assez souvent aux jeunes issus de l’immigration de ne pas vouloir s’intégrer, là c’est quelqu’un qui est allé au plus haut de l’intégration jusqu’à rejoindre la Garde républicaine. Même là, il n’a pas été protégé du racisme, il y a été très exposé. »Seydi Ba, avocat

à franceinfo

Contactée, la gendarmerie assure qu’elle lutte en interne contre les discriminations et qu’elle développe une culture de la diversité et de l’inclusion.

Source : www.franceinfo.fr