« D’après les médecins, je ne devrais pas courir » : il affronte le semi-marathon du Mont Ventoux avec deux balles dans le corps

Publié le05/07/2026 à 06h05
En 2023, l’ancien gendarme Julien Nguyen a reçu deux balles, dont une dans la tête, alors qu’il menait une perquisition. Il participe à la course d’endurance ce dimanche sur le Mont Ventoux pour prouver sa résilience.
C’est une nouvelle épreuve. Ce dimanche 5 juillet, Julien Nguyen participe au semi-marathon du Mont Ventoux, dans le Vaucluse. Une épreuve physique particulièrement difficile, sous la chaleur, pour cet ancien gendarme, qui est passé, trois ans plus tôt, à quelques centimètres de la mort.
Une balle à quelques centimètres de sa moelle épinière
« J’ai hâte d’y être, de me confronter à tout ça. Il y a aussi un peu de peur de ne pas réussir, ça va être difficile. Mais c’est un challenge. Je suis là pour le relever, en hommage aux deux motards de la gendarmerie, blessés à Forcalquier le 24 avril dernier« , explique l’ancien gendarme, qui court avec les Phénix de la gendarmerie, l’association des militaires blessés en service.
S’il affirme ne pas avoir eu de préparation spécifique, l’ancien gendarme parcourt chaque semaine de nombreux kilomètres, à pied ou à vélo. Il a déjà participé à un semi-marathon et connaît le Mont-Ventoux depuis son enfance. Le jour de la course, il a déjà prévu d’enfiler ses écouteurs pour s’isoler du monde avec des musiques pop et du rock, comme à chaque fois qu’il fait du sport. « J’ai besoin d’avoir une bulle de sécurité« , reconnaît-il.
Car l’effort lui permet de mettre de côté le stress post-traumatique qui le hante depuis juin 2023. Lors d’une perquisition qu’il mène avec un de ses collègues gendarme, dans une affaire de pédopornographie, un homme lui tire dessus à deux reprises. Les projectiles se logent dans sa mâchoire, à quelques centimètres de sa moelle épinière, et dans son ventre. Malgré huit opérations, les balles ne pourront jamais être retirées.
Une compétition internationale en ligne de mire
« D’après les médecins, je ne devrais pas courir. S’ils savaient que je participe à un semi-marathon, ils diraient qu’il me manque un morceau dans le cerveau« , s’amuse Julien Nguyen. « Je suis sûr qu’à la fin des 21 kilomètres, j’aurai des grosses douleurs à la mâchoire, que je ne pourrai plus beaucoup parler la journée suivante et que j’aurai des douleurs au niveau de la cervicale. Mais je me dois de montrer aux autres qu’on peut le faire, que la blessure, c’est juste un passage. »
Après le Mont-Ventoux, l’athlète réfléchit déjà à ses prochains objectifs. S’il n’envisage pas de pouvoir concourir aux Jeux olympiques et paralympiques, il vise les Invictus Games, une compétition internationale rassemblant des militaires blessés au combat. « C’est important pour apprendre de leurs expériences et apporter les miennes. On est une famille et le stress post-traumatique n’a pas de langue ni de frontières. »
Source : france3-regions.franceinfo.fr