Que faire en cas d’usurpation de votre numéro de téléphone ou « spoofing » ?
18 000 cas d’usurpation de numéro de téléphone ont été signalés à l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) en 2025. En janvier 2026, c’est une brigade de gendarmerie de la Sarthe qui annonce en être victime. Qu’on vous appelle avec un numéro usurpé ou qu’on utilise le vôtre pour arnaquer d’autres victimes : Le Maine Libre vous explique comment réagir.
Mathilde Obert
Publié le 29/01/2026 à 18h07
Banques, institutions, particuliers… Le « spoofing », ou usurpation du numéro de téléphone, peut toucher tout le monde. Récemment, c’est même une brigade de gendarmerie de la Sarthe qui en a été victime. Concrètement, il s’agit d’une technique par laquelle des fraudeurs usurpent votre numéro de téléphone pour appeler d’autres victimes. Derrière, ils peuvent avoir différents objectifs : escroquerie, collecte de données…
Dans le cas de la gendarmerie par exemple, les fraudeurs, avec le numéro d’une brigade, font croire aux victimes qu’une plainte a été déposée contre elles, avant de leur demander des informations bancaires.
Comment savoir si votre numéro a été usurpé ?
Si des personnes vous appellent depuis des numéros que vous ne connaissez pas, en vous disant que vous avez essayé de les joindre, alors que ce n’est pas le cas, il y a des chances que votre numéro ait été usurpé. Des messages d’avertissement de votre opérateur peuvent aussi vous signaler une activité suspecte avec votre numéro. Ou un signalement par plusieurs personnes de tentatives de démarchage ou d’escroquerie par le biais d’appels provenant de votre numéro de téléphone
, ajoute le site gouvernemental service-public.
Que faire si mon numéro a été usurpé ?
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) conseille de signaler le spoofing à votre opérateur téléphonique et de déposer une plainte à la gendarmerie ou police. Vous pouvez aussi alerter l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) via la plateforme dédiée, à ce lien. Cela ne veut pas dire que l’Arcep va régler votre problème, mais cela lui permet d’identifier l’ampleur du phénomène et de pouvoir ainsi mettre en place des mesures globales de régulation. En 2025, 18 000 signalements ont été enregistrés.
L’usurpation de numéro est un désagrément souvent éphémère et n’implique pas que vous vous soyez fait dérober vos données personnelles. L’usurpateur a utilisé votre numéro, souvent de manière aléatoire, et en utilisera rapidement un autre
, relativise l’Arcep. Ainsi, payer pour changer de carte SIM est totalement inefficace
et changer de numéro souvent inutile, sauf si les désordres persistent durablement ».
Que faire pour éviter de me faire arnaquer ?
Les techniques des fraudeurs sont de plus en plus élaborées. Certains se font passer pour l’Arcep elle-même et «contactent des consommateurs pour les informer que leur identité aurait été usurpée, puis elles font croire à un transfert de l’appel, se faisant passer pour la police dans un second temps afin de recueillir des informations personnelles
, écrivait l’autorité en juillet 2025.
Que ce soit l’Arcep, votre banque, la gendarmerie ou toute autre personne : ne transmettez pas de données personnelles et encore moins bancaires. N’informez pas non plus vos interlocuteurs de votre absence à votre domicile. En cas de doute, raccrochez pour contacter vous-même les autorités de police ou de gendarmerie pour vous assurer de l’identité de votre interlocuteur », conseille l’Arcep.
Si vous en avez la possibilité, vous pouvez même vous déplacer directement auprès de votre banque/gendarmerie ou autre institution concernée pour lui demander si c’est bien elle qui vous a contacté.
Ce n’est pas la panacée, mais l’application Orange téléphone (qui ne nécessite pas d’être client de l’opérateur) permet aussi d’identifier certains appels indésirables, au moment où le numéro s’affiche à l’écran.
Comment font les fraudeurs ?
L’arnaqueur utilise un logiciel spécialisé afin de masquer son numéro de téléphone et d’en afficher un autre (commençant généralement par 06 ou 07) lors d’appels
, détaille le site gouvernemental service-public.
En fait, selon l’Arcep, cette possibilité de changer le numéro affiché est historique : Les entreprises possèdent un ensemble de numéros qu’elles assignent individuellement à leurs employés. Elles ont ainsi besoin de flexibilité pour adapter le numéro d’appelant qui est présenté pour les appels émis par leur installation téléphonique. […] C’est cette liberté de paramétrage dans les systèmes de téléphonie qui est désormais détournée pour usurper des numéros, notamment lors d’appels de démarchage frauduleux qui utilisent des numéros choisis au hasard pour ne pas être identifiables.
Quelles règles sont mises en place ?
Constatant que le principe de confiance était devenu insuffisant
, l’Arcep a proposé de nouvelles règles. La loi « Naegelen », adoptée en 2020, demande aux opérateurs d’utiliser un dispositif d’authentification des numéros de téléphone.
L’obligation d’authentification des numéros n’empêche pas à elle seule d’usurper un numéro. Un opérateur peut encore, volontairement ou involontairement, laisser ses clients afficher le numéro de leur choix. En revanche, en cas de signalement, il devrait être possible d’identifier l’opérateur en question, celui qui a apposé sa signature pour passer l’appel.
L’Arcep ayant remarqué que de nombreux appels frauduleux sont émis depuis l’étranger, depuis le 1er janvier 2026, les opérateurs français de téléphonie doivent automatiquement afficher « numéro masqué » pour les appels émis depuis l’étranger avec un numéro mobile français n’ayant pas pu être authentifié.
Source : www.ouest-france.fr