Nouvelle-Calédonie : Six anciens gendarmes pris en otages à Ouvéa en 1986 gagnent leur procès contre l’Etat
Reconnaissance • En 1988, des gendarmes ont été pris en otage par des indépendantistes kanaks en Nouvelle-Calédonie lors de l’assaut de la gendarmerie de Fayaoué. Certains étant retenus dans des grottes, à Ouvéa notamment, avant d’être libérés
Jérôme Diesnis
Publié le 04/07/2025 à 15h59 • Mis à jour le 04/07/2025 à 15h59
L’essentiel
- En 1988, des gendarmes ont été pris en otage par des indépendantistes kanaks en Nouvelle-Calédonie lors de « l’assaut de la gendarmerie de Fayaoué », certains étant retenus dans des grottes avant d’être libérés.
- Six militaires impliqués dans cet événement ont obtenu gain de cause devant la cour d’appel administrative de Toulouse pour l’obtention de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme, qui leur avait été précédemment refusée.
- La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme, créée en 2016, est « destinée à manifester l’hommage de la Nation aux victimes d’actes terroristes commis sur le territoire national ou à l’étranger » et est « attribuée par décret du Président de la République ».
Le 22 avril 1988, ils figuraient parmi les 26 gendarmes pris en otage par des indépendantistes kanaks lors de l’assaut de la gendarmerie de Fayaoué, en Nouvelle-Calédonie. Une partie d’entre eux avait ensuite été prise en otage dans la grotte de Mouli avant d’être libérée trois jours plus tard. Une autre dans celle d’Ouvéa, jusqu’à leur libération après un assaut mené par le GIGN et les parachutistes du 11e Choc, notamment.
Six militaires qui poursuivaient l’Etat pour son refus de leur attribuer la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme, viennent d’obtenir gain de cause devant la cour d’appel administrative de Toulouse. Cette médaille, créée par décret le 12 juillet 2016, leur avait été refusée une première fois le 28 septembre 2020. Les militaires avaient alors porté l’affaire devant le tribunal administratif de Montpellier qui les avait de nouveau déboutés le 13 juillet. Mais cette fois, la cour d’appel administrative a donc été dans leur sens.
L’hommage de la Nation
Dans leur arrêt, les juges administratifs estiment que l’absence de qualification juridique en actes de terrorisme ne justifie pas pour autant cette décision. Pas davantage que les lois d’amnistie de 1988 et 1990 qui ont mis un terme aux procédures pénales engagées contre les preneurs d’otage.
La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme est destinée à manifester l’hommage de la Nation aux victimes d’actes terroristes commis sur le territoire national ou à l’étranger. Elle est attribuée par décret du Président de la République.Notre dossier sur la Nouvelle-Calédonie
Cette médaille est ornée d’une fleur à cinq pétales marqués de raies blanches, intercalée de feuilles d’olivier, suspendue à un ruban blanc. Elle porte à l’avers la statue de la République érigée sur la place homonyme, à Paris, avec l’exergue « République française », et, au revers, deux drapeaux français croisés avec la devise « Liberté, Egalité, Fraternité ».
Source : www.20minutes.fr