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Le - Affaire Estelle Mouzin. L’enquête des gendarmes recentrée sur la piste du tueur en série Michel Fourniret

Affaire Estelle Mouzin. L’enquête des gendarmes recentrée sur la piste du tueur en série Michel Fourniret

Estelle Mouzin a disparu depuis 16 ans. Estelle Mouzin au moment de sa disparition en 2003, et telle qu’elle aurait pu être en 2012. | POLICE / AFP
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Ouest-France Publié le 09/10/2019 à 17h55

La nouvelle juge d’instruction en charge de l’affaire Estelle Mouzin a demandé aux gendarmes de se concentrer exclusivement sur l’hypothèse Michel Fourniret, le tueur des Ardennes, estimant que la piste du tueur en série n’avait pas été suffisamment explorée.

« La piste la plus sérieuse va être enfin investiguée […] C’est une très bonne nouvelle. » La joie de Me Didier Seban, l’avocat des parents d’Estelle Mouzin, joint par FranceInfo, est palpable. Comme une forme de libération. Et il y a de quoi. Cela faisait des années que les parents de la petite Estelle Mouzin, disparue il y a 16 ans, bataillaient pour que la piste du tueur en série Fourniret soit davantage creusée.

« Nous regrettons que la police judiciaire de Versailles ait écarté l’hypothèse Fourniret à 99 % » confiait l’avocat à Ouest-France il y a un an. Le mal est désormais réparé avec le concours de la nouvelle juge d’instruction en charge de l’affaire Estelle Mouzin. « La juge d’instruction connaît parfaitement Michel Fourniret », a expliqué l’autre avocate du père d’Estelle, Maître Corinne Hermann.

« Que la famille ait la vérité »

Et pour cause, comme le rapporte RTL, la magistrate dirige d’autres enquêtes qui concernent Michel Fourniret. Une proximité qui lui a permis de développer une intuition : le cas Fourniret n’a pas été suffisamment creusé dans l’affaire Mouzin.

Alors pour ne plus passer à côté d’un quelconque fait ou indice, elle a décidé de changer d’enquêteurs. « Les gendarmes vont venir renforcer les policiers pour mener l’enquête. Ils ont pour mission de se concentrer exclusivement sur l’hypothèse Fourniret et de tout revoir avec un œil neuf », explique RTL. Et Corinne Hermann d’ajouter : « Avec deux services différents, on a peut-être beaucoup plus de chances d’aboutir sur ce dossier enfin, et que la famille ait la vérité. »

En juillet 2019 déjà, la Cour de cassation avait accepté de dépayser l’enquête de Meaux à Paris, avec la nomination d’une nouvelle juge d’instruction. Objectif : avoir un regard frais et neuf sur l’épineuse affaire Estelle Mouzin et ses possibles liens avec Michel Fourniret.

Fourniret évoqué dès le début

Car depuis 2003, l’ombre du tueur des Ardennes n’a de cesse de planer sur l’affaire Estelle Mouzin. Déjà au moment de la disparition de la fillette, alors âgée de 9 ans, le nom de Michel Fourniret est évoqué. Fourniret est soupçonné d’avoir kidnappé de nombreux enfants, Estelle pourrait très bien être l’un d’eux.

Mais, au fil des années, aucun élément concluant ne permet de rattacher le tueur des Ardennes au sort de la fillette. L’homme nie en bloc le rapt d’Estelle Mouzin, parvient même à dégoter un alibi et des expertises de milliers de poils et cheveux prélevés dans sa voiture ne permettent pas de retrouver de traces ADN de la jeune fille… En clair, les policiers font chou blanc et délaissent quelque peu le cas Fourniret dans cette affaire.

En 2015, coup de théâtre, la femme de Fourniret, Monique Olivier, révèle qu’elle a fourni un alibi à son mari dans l’affaire Estelle Mouzin. L’enquête semble redécoller mais finalement retombe rapidement comme un soufflé en 2018 à la suite « d’aveux en creux » fourni par Fourniret lui-même et une fouille au domicile de son ex-femme qui ne donne rien.

Monique Olivier sera de nouveau entendue cette année dans le cadre de l’affaire Estelle Mouzin après avoir confié, à la magistrate, « avoir des choses à révéler ». La date de l’audition reste pour le moment inconnue.

Source : www.ouest-france.fr

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