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Le - Cela se passe chez nos voisins belges……..

1293311501La Ligue des droits de l’homme belge lance le site internet de l’Observatoire des violences policières

« À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences policières », la Ligue des droits de l’homme belge lance le «site internet de l’Observatoire des violences policières», vendredi 15 mars 2013. «Depuis plusieurs années la LDH recueille un nombre toujours croissant de plaintes ayant trait à des violences policières subies par toutes les catégories de personnes sur le territoire belge», indique-t-elle dans un dossier de presse mercredi 13 mars 2013. «Devant le grand nombre de classements ‘sans suite’ ou encore de retournements de la situation par les forces de l’ordre, la majorité s’abstient de toute plainte», constate la ligue. «Afin de mesurer l’ampleur du phénomène, le site ObsPol se propose d’établir un relevé, au moins partiel, de la situation du terrain», ajoute-t-elle.

Ce site sera «un espace d’information et de rencontre au service des victimes et du public» et un «instrument de contrôle citoyen sur les abus de la police». Il permettra d’apporter une «contribution au débat démocratique» afin de «faire évoluer les politiques publiques». L’objectif «n’est pas de favoriser la défense des unes par rapport aux autres. Bien au contraire, l’objectif est de rétablir un certain équilibre», précise la Ligue des droits de l’homme belge, dans un communiqué. Il crée notamment «un espace où les victimes peuvent partager leur récit». Le but est ainsi de «faire le lien entre les victimes de violences policières illégitimes et les intervenants susceptibles de les aider» et d’établir «des rapports statistiques et qualitatifs sur le sujet», précise la LDH.

«DÉSÉQUILIBRE MANIFESTE»

«La fonction de police, garante de la protection de la sécurité du public, est nécessaire. C’est un métier difficile, parfois dangereux. Mais la difficulté et les risques de cette fonction ne peuvent justifier une violence illégitime qui se traduit sous forme de mots déplacés, de coups, de blessures, de traitements inhumains et dégradants, voire de mort. De tels faits, même s’ils proviennent d’un infime minorité de policiers, doivent être connus, dénoncés, poursuivis et effectivement sanctionnés», écrit la LDH. Elle constate d’une part l’existence de «violences contre les policiers qui font l’objet d’un arsenal juridique spécifique (aggravation des peines pour les infractions commises contre des forces de l’ordre), d’une attention politique considérable […] et d’une répression judiciaire sévère».

Elle pointe d’autre part « des violences policières qui ne font pas l’objet d’un arsenal juridique spécifique (pas de facteur d’aggravation pour les policiers illégitimement violents), d’aucune attention politique […] et une quasi-impunité judiciaire. Cela alors que les policiers sont des professionnels, spécialement formés pour gérer des situations de violence et même autorisés à utiliser la violence de manière proportionnée, dans le cadre légal ». La ligue souligne donc un « déséquilibre manifeste entre ces deux formes de violence ».

L’objectif n’est pas de «jeter l’opprobre sur l’ensemble des services de police, puisque la majorité des policiers effectuent correctement leur travail, mais bien de faire en sorte que ceux-ci prennent conscience du fait que, avec ce pouvoir exorbitant du monopole de la violence légale, vient également la responsabilité de s’en servir avec mesure et dans une stricte légalité». La LDH précise que «la police, au même titre que les citoyens, a tout intérêt à lutter activement contre les comportements abusifs de certains policiers qui ternissent son image et entament l’indispensable confiance de la population vis-à-vis des représentants des forces de l’ordre».

«UN POINT DE VUE ERRONÉ», SELON LE PRINCIPAL SYNDICAT DE POLICE

«Le principal syndicat policier [le SLFP-police] dénonce cette initiative», indique la télévision belge RTL. Pour Vincent Gilles, président de ce syndicat, «ce genre d’action entretient un climat de méfiance envers la police : ‘La profession de policier est un service réel à la population. Il y a 40 000 policiers qui donnent de leur temps. Et bien nous devons constater que nous sommes décriés et, quelque part, traînés dans la boue’». Il dénonce le «point de vue erroné, non-fondé et injurieux de la Ligue des droits de l’homme», rapporte sur son site internet « Sud Info »

Selon Vincent Gilles, le nombre de plaintes pour violences policières est «resté stationnaire au cours des dernières années», indique la « RTBF ». Citant le dernier rapport du conseil de discipline datant de 2011, le syndicat affirme que «107 faits de violence excessive ont été relevés cette année-là, parmi lesquels quatre étaient des faits de violence volontaire (pour lesquels les agents ont été révoqués) et 103 des faits d’usage inadéquat de la force. Pour ces derniers, les agents ont été sanctionnés en fonction du contexte». Le SLPF indique par ailleurs que «la même année, 1 600 faits de violence ont été répertoriés contre les policiers».

Source : CaptureAEF Sécurité Globale – Dépêche n° 8620 – Paris, vendredi 15 mars 2013.

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