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Le - Un auteur de violences conjugales est condamné à sept ans de prison

Un auteur de violences conjugales est condamné à sept ans de prison

L’interpellation d’un homme âgé de 33 ans, ce dimanche 3 mai à Commercy, met fin au calvaire vécu par sa compagne depuis plusieurs années. Ce jour-là, elle a reçu plusieurs gifles pour s’être absentée du domicile. Un témoin a enfin donné l’alerte. Le prévenu s’est enfermé dans un déni total. Par N.G. – 20:00|mis à jour à 20:23

L’examen médico-légal de la victime a révélé d’innombrables hématomes et blessures sur une grande partie du corps. Photo ER /L.V.

Prostrée sur une chaise dans le jardin avec des marques sur le visage. Une voisine est restée pour la protéger. Il est un peu plus de 18 h, ce dimanche 3 mai, lorsque les gendarmes investissent une habitation de Commercy, chemin de Malaumont.

Un témoin a signalé une scène de violences entre un homme de 33 ans, sorti de détention le 27 mars dernier, et sa compagne. Le couple, qui a connu des séparations, est formé depuis quatorze ans. Il a quatre enfants, dont trois placés.

Cet après-midi-là, l’homme est alcoolisé. Il ne supporte pas que sa moitié se soit absentée de la maison. Il l’entreprend à son retour, l’insulte, lui colle des gifles. Il s’empare d’une barre de fer, dans le jardin, lancée vers la voisine qui accompagne la femme. Elle la reçoit sur l’avant-bras gauche, mais elle reste sur place.

Six à sept ans de violences

Quatre gendarmes sont nécessaires pour interpeller l’agresseur, placé en garde à vue. La victime est prise en charge par un médecin qui procède à un examen médico-légal. Les constatations sont effrayantes : en état de choc, elle présente des hématomes et des blessures sur une grande partie du corps.

Un « inventaire à la Prévert », dira la présidente du tribunal, Émilie Bandel,à l’heure de juger le prévenu, ce jeudi en comparution immédiate : coup à l’œil, trace sur le front, dos noirci, brûlure sur la cuisse. Les violences ne sont pas isolées, elles remonteraient à six ou sept ans en arrière.

Une enquête de voisinage le confirme, dépeint « une martyre », mais personne, jusqu’alors, ne lui avait porté secours, par peur de représailles.

Menaces à l’audience

S’il reconnaît être « un gueulard » et « s’emporter vite », le prévenu rejette toute forme de violences. Les gifles n’ont jamais existé. Les marques sur sa compagne ? « Elle est très maladroite, elle laisse les portes et les placards ouverts et elle se cogne dedans… C’est une sacrée comédienne ! », lâche-t-il.

Il lui reproche de l’avoir trompé durant son incarcération, l’alcool, les médicaments, les mauvaises fréquentations. « Pourquoi ne pas l’avoir quittée si vous viviez un enfer ? », tonne la substitut du procureur. « Je pensais que ça s’arrangerait… »

« En danger de mort »

Dans ses réquisitions, Madeleine Lacoin ne voit que la prison pour le prévenu, déjà condamné à onze reprises. « C’est une question de sécurité pour sa compagne en danger de mort, les témoins, le voisinage. Il est incapable de penser à autre chose qu’à lui-même, son orgueil, son amour-propre. Il est enfermé dans ses démons, son alcoolisme, ses violences. Il est dans un déni total », décrit-elle avec force.

Je ne sais pas trop quoi vous dire aujourd’hui.

L’avocat du prévenu

Elle requiert à son encontre six ans de prison dont dix-huit mois de sursis probatoire pendant trois ans, avec maintien en détention.

« Mon client perd tout. Il lui faut une assistance, une peine pour qu’il puisse travailler sur son tempérament », plaide Me Soriano, un peu désarçonnée en défense. « Je ne sais pas trop quoi vous dire aujourd’hui, je vois aussi le côté de la victime et des enfants… »

Le tribunal ira au-delà des réquisitions du parquet en condamnant le prévenu à sept ans de prison dont dix-huit mois de sursis probatoire renforcé pendant trois ans, avec maintien en détention, obligation de soins et retrait total de l’autorité parentale.

Source : www.estrepublicain.fr

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