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Le - Réveillon: l’Alsace met les bouchées doubles pour contrôler les pétards

Réveillon: l’Alsace met les bouchées doubles pour contrôler les pétardsun-tas-af-petards-rouges

Avec la saisie de près de deux tonnes de pétards et fusées et une réglementation draconienne, les autorités en Alsace ont fait de gros efforts cette année pour éviter que la traditionnelle débauche de feux d’artifice du réveillon ne vire au drame, comme l’an dernier où deux personnes avaient trouvé la mort.

Conformément à une tradition germanique, les Alsaciens ont l’habitude de fêter la Nouvelle année dans un vacarme pyrotechnique: pendant une bonne partie de la nuit, pétards et feux d’artifice fusent de toutes parts, dans les rues, les jardins, voire sur les balcons. Et chaque année, les services d’urgences doivent prendre en charge de graves blessures, notamment aux mains et aux yeux. Deux hommes d’une vingtaine d’années avaient succombé l’an dernier à des blessures au visage.

Citant le cas des «gros pétards» à Strasbourg et Mulhouse, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a rappelé mardi que ces villes alsaciennes faisaient partie des territoires qui «font comme tous les ans l’objet d’une surveillance particulière».

Face au danger, policiers et gendarmes y ont multiplié les contrôles cette année. Depuis quelques jours ils ont saisi près de deux tonnes de pétards et autres explosifs, dont plus de la moitié dans la seule journée de mardi. Ces saisies ont eu lieu soit chez des vendeurs à la sauvette, soit auprès de particuliers qui étaient allés se fournir en Allemagne voisine (où les règles sont beaucoup moins strictes), soit encore chez des commerçants qui ne respectaient pas la réglementation, a expliqué à l’AFP un responsable de la gendarmerie.

Car cette année, sur décision des deux préfets alsaciens, la réglementation est particulièrement stricte: seuls les plus petits pétards (de catégorie K1) sont désormais autorisés, et uniquement pour les plus de 12 ans. Les plus puissants, «Tigre», «Bison» et autres mortiers, cauchemars des services d’urgence, nécessitent des autorisations.

«On va encore en baver»

En outre, les particuliers n’ont pas le droit de s’approvisionner en Allemagne. Formellement, l’usage des pétards est même interdit «à moins de 50 mètres des immeubles d’habitation», ce qui revient à une interdiction de facto en ville… bien difficile à faire appliquer. Cette mesure doit cependant donner un outil juridique aux forces de l’ordre pour appréhender les individus dont le comportement serait jugé particulièrement dangereux.

La communication en direction du jeune public a été particulièrement musclée, avec notamment des séances d’information organisées dans tous les collèges du Bas-Rhin, depuis le début du mois d’octobre et jusqu’aux vacances de Noël. Objectif: toucher les 12.000 élèves de 4e du département.

Dans les deux services d’urgence «SOS Main» de l’agglomération strasbourgeoise, le personnel soignant se préparait mardi, une nouvelle fois, à une nuit difficile. «On sait qu’on va encore en baver», soupire le Dr Philippe Liverneaux, chirurgien. Pour la Saint-Sylvestre, l’équipe de «SOS Mains» qu’il dirige, à Illkirch dans la banlieue de Strasbourg, a doublé ses effectifs.

«On ne guérit pas d’une main déchirée par un explosif», met en garde de son côté Patrick Laemmel, cadre infirmier dans un autre service spécialisé à Strasbourg. Pendant la nuit du réveillon, «à minuit et quart, notre salle d’attente évoque un état de guerre, avec des mains déchiquettées», a-t-il dit à France Bleu Alsace.

A Thannenkirch, petit village du centre de l’Alsace endeuillé l’an dernier par un accident mortel, le maire, Hubert Bihl, a fait distribuer dans toutes les boîtes à lettres un tract où l’on pouvait lire: «l’équipe municipale vous demande de dire non à ces manifestations meurtrières».

Mais l’édile a reconnu ne pas croire «qu’un arrêté du maire puisse faire en sorte qu’on ne +pète+ plus de pétards, il faut que ça reste une réaction spontanée des habitants», a-t-il dit dans un entretien à France 3 Alsace.

Les fabricants de pétards, ulcérés par le manque à gagner découlant de la réglementation locale, ont saisi la justice administrative pour dénoncer une «entrave à la liberté du commerce».

«Ils sont dans leur rôle. Mais personnellement, je trouve que contester ainsi une réglementation visant à protéger la vie des gens, ce n’est pas très moral», a commenté le préfet Stéphane Bouillon à propos de cette procédure, toujours en cours.

SourceLibération www.liberation.fr

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