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Le - Chez les gendarmes, les Patrouilleurs du Vexin renouent le contact

Chez les gendarmes, les Patrouilleurs du

Vexin renouent le contact

>Île-de-France & Oise>Val-d’Oise|Frédéric Naizot|17 février 2018, 8h33|
Epiais-Rhus, ce jeudi. Habitants, agriculteurs, élus… les gendarmes prennent contact avec la population mais peuvent aussi être appelés en urgence si besoin. LP/Frédéric Naizot 

Quatre militaires sont détachés, quatre jours par semaine, pour aller à la rencontre de la population. Le dispositif, qui en est au stade expérimental, a notamment pour objectif de rassurer.

Arpenter le Vexin et renouer le contact avec ses habitants : c’est la mission des Patrouilleurs du Vexin, une expérimentation mise en œuvre par les gendarmes du Val-d’Oise début décembre, devançant en quelque sorte l’arrivée de la police de sécurité du quotidien (PSQ).

« Quatre gendarmes sont totalement dédiés à cette mission, quatre jours par semaine » précise la commandante Marie-Audrey Leheup, qui dirige la compagnie de gendarmerie de Pontoise. « Ce sont des personnes qui connaissent bien le territoire qui vont à la rencontre des gens sur le terrain. Le contact permet de faire baisser le sentiment d’insécurité, désamorcer les conflits, remonter des informations, prendre en compte des phénomènes d’incivilité… »

Philippe, 21 ans de présence à la brigade de Vigny, gare le Kangoo dans la cour d’une ferme de Boissy-l’Aillerie. Accompagné de Fabrice, dix-sept ans d’ancienneté à Marines, ils rendent visite à Paul Dubray, un agriculteur impliqué dans le milieu syndical et confronté depuis deux mois à la présence de gens du voyage sur ses terres. « Il y a une dizaine de cabanons, ils doivent être autour de 70. C’est récurrent… » confie l’agriculteur, qui échange avec les gendarmes sur la question de la procédure, évoque les rodéos de motocross à travers champs et apprécie de retrouver des têtes connues. « Il y a du changement tout le temps à la gendarmerie et j’ai l’impression de ne connaître personne », souligne-t-il.

« Plus on se connaît, mieux c’est »

Il est 17 heures quand les gendarmes prennent la route d’Epiais-Rhus afin de rencontrer le maire, tout en sachant qu’ils peuvent être envoyés sur une urgence. « Hier, nous avons filé au Bellay-en-Vexin. Une jeune fille venait de mettre en fuite des cambrioleurs… » « On a besoin de sentir épaulé », affirme Jean-Pierre Stalmach, maire d’Epiais-Rhus (600 habitants). Il accueille avec satisfaction les Patrouilleurs du Vexin, qui lui ont été précieux quelques jours plus tôt lorsque deux bus et un camion étaient bloqués par la neige. « Dans nos villages où il n’y a pas grand-chose, la gendarmerie, les pompiers et le Samu sont indispensables à la vie de la commune. Nous vivons parfois des situations délicates. Alors, plus on se connaît, plus on apprend comment chacun travaille, mieux c’est. »

L’échange d’information permet aussi de limiter la rumeur : « On a eu deux cambriolages récemment. Les gens parlent et cela devient presque trente ! Les Patrouilleurs sont un progrès si cela reste une patrouille dédiée. Si cela devient une mission supplémentaire à la brigade classique, cela ne durera pas. Il y aura toujours d’autres priorités. »

Un premier bilan fin mars

Sur Auvers et Méry-sur-Oise, deux communes plus urbaines, les gendarmes ont adopté un système différent, mobilisant un gendarme de chaque brigade, deux ou trois fois par semaine, pour rencontrer les bailleurs sociaux, les gardiens d’immeubles, la population.

Un premier bilan de l’expérience va être établi fin mars. « Les remontées sont très positives, estime la commandante Leheup. Les gens sont ravis. Ils nous disent qu’ils ne connaissaient plus les militaires qui changeaient trop vite. On retrouve les gendarmes d’avant. »

Sourcewww.leparisien.fr

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